Le 1er mai 2026 tombe un vendredi, Noël aussi. Bonne nouvelle pour les ponts, mais la question qui revient chaque année reste la même : suis-je payé pendant un jour férié ? Et si je travaille ce jour-là, combien je gagne en plus ?
La réponse n’est pas la même pour tous les jours fériés. Le 1er mai obéit à des règles à part, les dix autres dépendent de votre convention collective, de votre ancienneté et de votre contrat. Voici le guide complet, avec les montants exacts pour vérifier votre fiche de paie.
Les 11 jours fériés 2026 en France
La liste est fixée par l’article L. 222-1 du Code du travail. En 2026, elle donne ceci :
| Jour férié | Date 2026 | Jour de la semaine |
|---|---|---|
| Jour de l’An | 1er janvier | jeudi |
| Lundi de Pâques | 6 avril | lundi |
| Fête du Travail | 1er mai | vendredi |
| Victoire 1945 | 8 mai | vendredi |
| Ascension | 14 mai | jeudi |
| Lundi de Pentecôte | 25 mai | lundi |
| Fête nationale | 14 juillet | mardi |
| Assomption | 15 août | samedi |
| Toussaint | 1er novembre | dimanche |
| Armistice 1918 | 11 novembre | mercredi |
| Noël | 25 décembre | vendredi |
Deux remarques. D’abord, le 15 août et la Toussaint tombent un samedi et un dimanche en 2026 : si vous ne travaillez pas ces jours-là habituellement, ils ne vous rapportent ni repos supplémentaire ni indemnité, sauf si votre convention prévoit un report. Ensuite, en Alsace-Moselle, deux jours s’ajoutent : le Vendredi saint (3 avril 2026) et la Saint-Étienne (26 décembre 2026).
Le 1er mai : le seul jour férié obligatoirement chômé et payé
C’est le point que presque tout le monde connaît. Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, sans aucune condition d’ancienneté (article L. 222-5 du Code du travail). Que vous soyez en CDI, en CDD, à temps partiel ou arrivé la veille dans l’entreprise, la règle est la même : vous ne travaillez pas, et votre salaire est maintenu intégralement.
La seule exception concerne les établissements dont l’activité ne peut pas s’interrompre : hôpitaux, transports publics, hôtellerie, restauration… Si vous travaillez le 1er mai dans ce cadre, votre salaire est doublé : l’employeur verse, en plus du salaire du travail effectué, une indemnité d’un montant égal.
Exemple chiffré : le 1er mai travaillé avec un salaire de 2 400 € brut
Prenons une salariée à 35 heures, payée 2 400 € brut par mois :
- Taux horaire brut : 2 400 € ÷ 151,67 h = 15,83 €
- Salaire d’une journée de 7 heures : 15,83 € × 7 = 110,78 €
- Indemnité du 1er mai travaillé : 110,78 €
- Total perçu pour cette journée : 110,78 € + 110,78 € = 221,56 €
Sur le mois, elle touchera donc 2 400 € + 110,78 € d’indemnité, soit 2 510,78 € brut. Et cette indemnité ne dépend ni de son ancienneté ni de sa présence la veille ou le lendemain : elle est due dès lors qu’elle a travaillé le 1er mai.
À noter : le 1er mai ne peut pas être récupéré. Votre employeur ne peut pas vous demander de rattraper les heures non travaillées ce jour-là, ni de les déduire de vos congés.
Les 10 autres jours fériés : chômés ou travaillés ?
Pour les dix autres jours fériés, la loi ne tranche pas : ils ne sont ni obligatoirement chômés ni obligatoirement travaillés. C’est l’accord d’entreprise ou l’accord de branche qui fixe la liste des jours fériés chômés. À défaut d’accord, c’est l’employeur qui décide, ou l’usage dans l’entreprise qui s’applique. Dans la pratique, la plupart des entreprises les chômés, mais ce n’est pas un droit automatique.
Deux exceptions importantes :
- Les salariés de moins de 18 ans (et les apprentis mineurs) doivent obligatoirement se reposer les jours fériés, sauf dérogation dans certains secteurs comme la restauration ou l’hôtellerie.
- En Alsace-Moselle, tous les jours fériés sont chômés de droit, Vendredi saint et Saint-Étienne compris.
Si votre employeur vous demande de travailler un jour férié ordinaire, il en a le droit — à condition que ce jour ne soit pas prévu comme chômé par votre convention collective. Vérifiez donc toujours votre convention avant de refuser ou d’accepter.
Jour férié chômé : votre salaire est-il maintenu ?
Oui, dans la plupart des cas — mais avec une condition. Pour les jours fériés autres que le 1er mai, le maintien du salaire est garanti aux salariés qui totalisent au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise (article L. 222-6 du Code du travail) : le chômage du jour férié ne peut entraîner aucune perte de salaire.
Deux précisions qui comptent :
- Aucune condition de présence la veille ou le lendemain du jour férié n’est exigée par la loi. Si votre convention ou votre contrat en impose une, c’est une clause plus favorable — ou plus restrictive — qu’il faut vérifier au cas par cas.
- Moins de 3 mois d’ancienneté ? La loi ne garantit pas le maintien du salaire, mais beaucoup de conventions suppriment cette condition : renseignez-vous.
Exemple chiffré : un jour férié chômé avec un salaire de 2 800 € brut
Un salarié à 35 heures, payé 2 800 € brut par mois, avec plus de 3 mois d’ancienneté, ne travaille pas le 8 mai 2026. Sa journée est maintenue :
- Taux horaire brut : 2 800 € ÷ 151,67 h = 18,46 €
- Valeur de la journée chômée : 18,46 € × 7 h = 129,24 €
- Salaire du mois : 2 800 € brut, sans aucune retenue
Sur la fiche de paie, cette journée apparaît généralement en « absence rémunérée » ou « jour férié chômé », pour un montant de 129,24 € brut. Si votre employeur a déduit cette journée alors que vous avez plus de 3 mois d’ancienneté, c’est une erreur : le montant vous est dû. Pour vérifier le passage du brut au net, utilisez notre guide salaire brut en net 2026.
Jour férié travaillé : quelle majoration ?
C’est là que beaucoup de salariés se trompent : la loi ne prévoit aucune majoration pour un jour férié travaillé, à l’exception du 1er mai. Si vous travaillez le 14 juillet ou le 25 décembre, votre employeur n’est légalement tenu de vous payer que votre salaire normal — sauf si votre convention collective, votre accord d’entreprise ou votre contrat prévoit mieux.
Et dans les faits, beaucoup de conventions prévoient mieux. Quelques exemples courants :
- Hôtels, cafés, restaurants (HCR) : majoration de 100 % du salaire pour les jours fériés travaillés dans de nombreux cas.
- Commerce et grande distribution : majoration souvent de 50 % à 100 % selon l’accord, ou repos compensateur.
- Transport et logistique : majoration ou jour de repos compensateur selon la convention.
Un point souvent oublié : les heures travaillées un jour férié comptent dans le calcul des heures supplémentaires. Si elles vous font dépasser 35 heures dans la semaine, elles sont majorées comme des heures supplémentaires, en plus de l’éventuelle majoration conventionnelle. Pour le calcul, consultez notre guide des heures supplémentaires 2026 et celui du travail le dimanche.
Exemple chiffré : le 25 décembre travaillé au SMIC
Un salarié payé au SMIC 2026 (1 823,03 € brut par mois, soit 12,02 € de l’heure) travaille le jour de Noël, un vendredi :
- Salaire de la journée de 7 heures : 12,02 € × 7 = 84,14 €
- Sans majoration conventionnelle : il touche 84,14 €, comme une journée normale.
- Avec une majoration conventionnelle de 100 % : 84,14 € + 84,14 € = 168,28 € pour la journée.
La différence est énorme : vérifiez votre convention collective avant de signer pour travailler un jour férié. C’est elle qui fait passer la journée de « payée normalement » à « payée double ».
Jour férié et temps partiel : le calcul au prorata
Pour les salariés à temps partiel, la règle est différente : un jour férié chômé n’est payé que s’il tombe un jour habituellement travaillé. Si vous travaillez les lundis, mardis et jeudis, et que le jour férié tombe un mercredi, vous ne touchez rien pour ce jour — il ne faisait pas partie de votre planning.
En revanche, si le jour férié tombe sur l’un de vos jours de travail habituels, le salaire est maintenu au prorata de votre durée de travail, dans les mêmes conditions d’ancienneté (3 mois) que pour un temps plein.
Exemple chiffré : temps partiel à 24 heures par semaine
Une salariée à temps partiel travaille 24 heures par semaine, réparties sur 5 jours (4,8 heures par jour), pour 1 200 € brut par mois. Le 14 juillet 2026 (mardi, jour habituellement travaillé) est chômé dans son entreprise :
- Heures mensuelles : 24 h × 52 semaines ÷ 12 mois = 104 h
- Taux horaire brut : 1 200 € ÷ 104 h = 11,54 €
- Journée habituelle : 4,8 h × 11,54 € = 55,38 €
- Elle touche donc 55,38 € pour ce jour férié chômé, et son salaire du mois reste de 1 200 € brut.
Si elle avait travaillé ce jour-là, elle aurait perçu ces 55,38 € au titre du travail effectué — plus l’éventuelle majoration prévue par sa convention. Pour simuler votre propre situation, notre calculateur temps partiel vous donne votre salaire au prorata en quelques secondes.
Jour férié pendant vos congés payés : il n’est pas décompté
Bonne nouvelle : un jour férié chômé qui tombe pendant vos congés payés n’est pas décompté de vos jours de congés. Vous ne « perdez » pas une journée de vacances parce qu’elle tombe un jour férié.
Exemple concret : vous posez une semaine de congés du lundi 4 au vendredi 8 mai 2026. Le vendredi 8 mai est férié et chômé dans votre entreprise. Vos congés consommés sont donc :
- Lundi 4, mardi 5, mercredi 6, jeudi 7 mai : 4 jours de congés payés
- Vendredi 8 mai : jour férié, 0 jour de congé consommé
Vous avez donc posé 5 jours et n’en avez consommé que 4. Attention : cette règle ne vaut que si le jour férié est chômé dans votre entreprise. Pour le calcul de vos droits, relisez notre guide sur l’indemnité de congés payés.
Le pont : un droit ou un cadeau de l’employeur ?
En 2026, les ponts sont nombreux : le 1er mai et le 8 mai tombent un vendredi, l’Ascension un jeudi, le 14 juillet un mardi, Noël un vendredi. Mais le pont n’est pas un droit légal. Votre employeur n’est pas obligé de vous accorder le jeudi 30 avril ou le lundi 13 juillet.
Dans la pratique, le jour de pont est pris sur vos congés payés ou vos RTT, ou offert par l’employeur. Les ponts possibles en 2026 :
- Vendredi 1er mai : pont le jeudi 30 avril (1 jour posé = 4 jours de week-end)
- Vendredi 8 mai : pont le jeudi 7 mai
- Jeudi 14 mai (Ascension) : pont le vendredi 15 mai
- Mardi 14 juillet : pont le lundi 13 juillet
- Vendredi 25 décembre : pont le jeudi 24 décembre
Le lundi de Pentecôte (25 mai 2026) est aussi la journée de solidarité, travaillée sans rémunération supplémentaire dans la plupart des entreprises. Les détails sont dans notre guide de la journée de solidarité 2026.
Alsace-Moselle : deux jours fériés en plus
Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient d’un droit local spécifique : deux jours fériés supplémentaires, chômés et payés de droit.
- Le Vendredi saint : 3 avril 2026
- La Saint-Étienne (26 décembre) : 26 décembre 2026, un samedi cette année
Dans ces trois départements, tous les jours fériés sont chômés de droit — c’est le seul territoire où la loi impose le chômage des jours fériés au-delà du 1er mai. Si on vous demande de travailler un jour férié, les majorations de votre convention s’appliquent comme ailleurs.
Récapitulatif : combien gagnez-vous selon votre situation ?
| Situation | Ce que vous touchez |
|---|---|
| 1er mai chômé | Salaire maintenu à 100 %, sans condition d’ancienneté |
| 1er mai travaillé | Salaire de la journée × 2 (indemnité égale au salaire) |
| Autre jour férié chômé, 3 mois d’ancienneté ou plus | Salaire maintenu à 100 % |
| Autre jour férié chômé, moins de 3 mois d’ancienneté | Pas de maintien légal (sauf convention plus favorable) |
| Autre jour férié travaillé | Salaire normal, + majoration si la convention le prévoit |
| Temps partiel, jour férié chômé | Maintien au prorata, seulement si c’est un jour habituellement travaillé |
| Jour férié pendant les congés payés | Jour non décompté de vos congés |
Questions fréquentes
Un jour férié qui tombe un dimanche est-il reporté au lundi ?
Non. La loi ne prévoit aucun report : si le jour férié tombe un dimanche ou un jour où vous ne travaillez pas habituellement, l’employeur n’est pas tenu de vous accorder un jour de repos supplémentaire. Certaines conventions prévoient un report ou une indemnité : en 2026, la Toussaint (1er novembre, dimanche) est concernée — vérifiez votre convention.
Mon employeur peut-il m’obliger à travailler un jour férié ?
Oui, sauf le 1er mai et sauf si vous avez moins de 18 ans. Pour les dix autres jours fériés, l’employeur peut décider qu’ils sont travaillés, dans le respect de l’accord d’entreprise ou de branche. Le 1er mai fait exception : il ne peut être imposé que si l’activité ne peut pas s’interrompre, et le salaire est alors doublé.
Je suis en CDD : suis-je payé les jours fériés chômés ?
Oui, dans les mêmes conditions que les salariés en CDI : il faut totaliser 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise pour bénéficier du maintien de salaire les jours fériés chômés (hors 1er mai, payé sans condition). Les CDD successifs dans la même entreprise peuvent se cumuler pour atteindre ces 3 mois.
Le 1er mai travaillé est-il payé double même à temps partiel ?
Oui. L’indemnité du 1er mai est égale au salaire de la journée, quelle que soit votre durée de travail : une salariée à temps partiel qui travaille le 1er mai touche le double de sa journée habituelle.
Que se passe-t-il si je suis en arrêt maladie un jour férié ?
Si le jour férié est chômé dans votre entreprise, votre salaire est maintenu comme pour les autres salariés : l’arrêt maladie ne change rien, vous êtes payé normalement pour ce jour. Si le jour férié est travaillé dans votre entreprise, ce sont les règles habituelles de l’arrêt maladie qui s’appliquent. Dans les deux cas, le jour férié ne prolonge pas votre arrêt.
Nos calculettes utiles
Pour aller plus loin et vérifier vos montants en quelques secondes :
- Calculateur d’heures supplémentaires — majorations 25 % et 50 %, cumul avec les jours fériés travaillés
- Calculateur temps partiel — votre salaire au prorata, jour férié compris
- Convertir des heures en jours — pour passer des heures mensuelles aux journées de travail
