La journée de solidarité 2026 correspond à 7 heures de travail supplémentaires non rémunérées pour un salarié à temps plein. Créée après la canicule de 2003, elle sert à financer l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. En 2026, elle est le plus souvent accomplie le lundi de Pentecôte, soit le 25 mai 2026 — mais votre employeur peut la fixer à une autre date. Votre salaire mensualisé ne baisse pas : vous travaillez simplement 7 heures de plus, non payées. Voici le guide complet : date, calcul des heures, impact en paie, qui est concerné, et exemples chiffrés.
Qu’est-ce que la journée de solidarité ?
Tout a commencé pendant l’été 2003. La canicule a fait près de 15 000 morts en France, dont une majorité de personnes âgées isolées. Le choc est national, et le gouvernement de l’époque décide d’agir : une journée de travail supplémentaire, non rémunérée, pour financer la dépendance.
La loi n° 2004-626 du 30 juin 2004 crée donc la journée de solidarité. Le principe est double :
- Pour vous, salarié : 7 heures de travail supplémentaires par an, non rémunérées (à temps plein).
- Pour votre employeur : une contribution solidarité autonomie (CSA) de 0,30 % des salaires bruts, versée à l’Urssaf puis reversée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
Contrairement à une idée reçue tenace, la journée de solidarité n’a pas disparu. Elle n’est pas facultative, elle n’a pas été « rendue » aux salariés, et elle ne se confond pas avec le lundi de Pentecôte : le lundi de Pentecôte reste un jour férié légal. C’est simplement la date à laquelle la plupart des entreprises choisissent de la faire effectuer.
Aujourd’hui, le dispositif rapporte chaque année environ 3,5 milliards d’euros à la branche autonomie : maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), établissements médico-sociaux, aides à domicile, recherche sur le handicap et le vieillissement.
Quelle est la date de la journée de solidarité en 2026 ?
En 2026, la date la plus fréquente est le lundi 25 mai 2026, jour du lundi de Pentecôte. C’est le cas dans la grande majorité des entreprises françaises : vous travaillez ce jour-là au lieu de le chômer.
Mais attention : la loi n’impose pas le lundi de Pentecôte. Depuis la loi du 16 avril 2008, le cadre est souple. La date est fixée :
- soit par accord collectif (d’entreprise, d’établissement ou de branche) ;
- soit, à défaut d’accord, par l’employeur seul, après consultation du comité social et économique (CSE).
Quelques limites légales à connaître :
- La journée de solidarité ne peut pas être fixée le 1er mai, jour férié obligatoirement chômé.
- Elle ne peut pas être fixée un dimanche, sauf si l’entreprise bénéficie d’une dérogation au repos dominical (commerces, hôtellerie, etc.).
- En Alsace-Moselle (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin), elle ne peut pas non plus être fixée le Vendredi saint, le 25 ni le 26 décembre.
Concrètement, vérifiez votre convention collective ou la note de service interne : c’est là que figure la date retenue par votre employeur.
Les 5 façons d’accomplir la journée de solidarité
L’employeur dispose d’une vraie liberté d’organisation. Voici les modalités possibles, de la plus fréquente à la plus rare :
1. Travailler un jour férié chômé (le cas classique)
C’est la formule la plus répandue : vous travaillez le lundi de Pentecôte (25 mai 2026), jour habituellement non travaillé. Ce jour-là, vous effectuez vos 7 heures sans rémunération supplémentaire.
2. Supprimer un jour de RTT
Votre compteur de RTT est amputé d’un jour, posé sur un jour précédemment chômé. Si vous êtes en forfait jours, la journée de solidarité est déjà intégrée dans le forfait de 218 jours (217 + 1) : vérifiez qu’elle n’est pas décomptée deux fois.
3. Fractionner les 7 heures
Oui, c’est possible : par exemple deux fois 3 h 30, réparties sur deux journées différentes. Mais attention, le fractionnement doit être prévu par l’accord collectif ou la décision unilatérale de l’employeur — il ne s’improvise pas.
4. Utiliser un jour d’ancienneté ou un jour conventionnel
Certaines conventions collectives prévoient des jours supplémentaires (ancienneté, habillage, repos conventionnels). L’employeur peut en décompter un au titre de la journée de solidarité.
5. Toute autre modalité permettant 7 heures de travail supplémentaires
Par exemple 7 heures ajoutées en fin de journée, étalées sur une semaine. La seule contrainte : il doit s’agir d’un travail supplémentaire, en plus de votre horaire habituel.
Une limite stricte : l’employeur ne peut pas vous imposer de poser un jour de congé payé légal pour accomplir la journée de solidarité. En revanche, vous pouvez, vous, demander à poser un congé payé ou un RTT ce jour-là — libre à lui d’accepter ou de refuser.
Qui est concerné par la journée de solidarité ?
Réponse courte : presque tout le monde. Tableau récapitulatif :
| Situation | Concerné ? | Précisions |
|---|---|---|
| CDI | Oui | 7 heures, selon l’organisation retenue |
| CDD | Oui | Même traitement qu’un CDI |
| Apprenti | Oui | Sauf s’il a moins de 18 ans et que la journée est fixée un jour férié |
| Intérimaire | Oui | Mais payé normalement (voir ci-dessous) |
| Temps partiel | Oui | Durée réduite au prorata du contrat |
| Forfait jours | Oui | Vaut une journée de travail (forfait 218 jours) |
| Télétravail | Oui | 7 heures réalisées à distance |
| Période d’essai | Oui | Mêmes règles que les autres salariés |
| Stagiaire | Non | Pas le statut de salarié |
| Travailleur indépendant | Non | Non salarié |
| Jeune de moins de 18 ans | Selon | Interdit de travailler les jours fériés : si la journée est fixée un jour férié, il est exempté |
Et si je change d’employeur en cours d’année ?
Bonne question, fréquente. Si vous avez déjà accompli votre journée de solidarité chez votre ancien employeur, vous n’avez pas à en effectuer une deuxième. Et si votre nouvel employeur vous la demande quand même, sachez que :
- vous pouvez refuser sans que ce soit une faute ni un motif de licenciement ;
- si vous l’effectuez tout de même, les heures doivent vous être payées et s’imputent sur votre contingent annuel d’heures supplémentaires.
Et si j’ai deux employeurs ?
Les 7 heures sont réparties au prorata de votre temps de travail chez chacun. Exemple : vous travaillez 20 h/semaine chez l’employeur A et 15 h/semaine chez l’employeur B. Vous devez :
- chez A : (7 × 20) ÷ 35 = 4 h ;
- chez B : (7 × 15) ÷ 35 = 3 h.
Total : 7 heures, ni plus ni moins.
Combien d’heures dois-je effectuer ? Le calcul
Salarié à temps plein : 7 heures
C’est la référence légale. Ces 7 heures s’ajoutent à votre durée mensuelle habituelle : si vous travaillez normalement de 8 h à 17 h avec 1 h de pause (8 h de travail), le jour de la journée de solidarité vous pourrez par exemple travailler de 9 h à 17 h avec 1 h de pause — l’essentiel est de totaliser 7 heures de travail en plus sur l’année.
Salarié à temps partiel : le prorata
La formule est simple :
Heures à effectuer = (7 × durée hebdomadaire du contrat) ÷ 35
Quelques exemples concrets :
- 30 h/semaine → (7 × 30) ÷ 35 = 6 h ;
- 28 h/semaine (80 %) → (7 × 28) ÷ 35 = 5,6 h, soit 5 h 36 ;
- 24 h/semaine → (7 × 24) ÷ 35 = 4 h 48 ;
- 17,5 h/semaine (mi-temps) → (7 × 17,5) ÷ 35 = 3 h 30.
Si la journée est fixée un jour où vous ne travaillez pas habituellement (par exemple le lundi de Pentecôte alors que vous ne travaillez jamais le lundi), l’employeur peut la fixer à une autre date, en accord avec vous. Et si cette date vous est impossible pour des obligations familiales impérieuses, des études ou une autre activité professionnelle, votre refus n’est ni une faute ni un motif de licenciement.
Pour vérifier vos durées de travail et vos conversions d’heures, notre calculatrice d’heures et notre calculateur de temps partiel peuvent vous aider.
Quel est l’impact sur votre salaire ?
C’est la question que tout le monde se pose. Voici la réponse en détail, selon votre situation.
Salarié mensualisé : pas de baisse de salaire
C’est le point le plus mal compris. Votre salaire ne diminue pas. Les 7 heures travaillées ne sont simplement pas rémunérées en plus : vous travaillez une journée de plus, pour le même salaire mensuel. Votre fiche de paie du mois affiche le même montant brut.
Heures au-delà de 7 heures : elles, elles sont payées
Le plafond de non-rémunération est strictement de 7 heures. Tout ce qui dépasse est rémunéré selon les règles habituelles — et imputé sur le contingent d’heures supplémentaires. Exemple concret, avec un salaire brut mensuel de 2 000 €, travaillant 9 heures le 25 mai 2026 :
- 7 premières heures : non rémunérées (journée de solidarité) ;
- 2 heures suivantes : payées en heures supplémentaires majorées à 25 % : 2 × ((2 000 ÷ 151,67) × 1,25) = 32,97 € ;
- si la convention collective prévoit une majoration pour jour férié travaillé : 2 × (2 000 ÷ 151,67) = 26,37 € supplémentaires.
Notre calculateur d’heures supplémentaires détaille ces majorations de 25 % et 50 % — voir aussi notre guide complet sur le calcul des heures supplémentaires.
Salarié non mensualisé (intérimaire, saisonnier) : les 7 heures sont payées
C’est une particularité souvent ignorée : les salariés qui ne sont pas mensualisés sont bien soumis à la journée de solidarité, mais ils sont rémunérés normalement pour le travail accompli ce jour-là. Exemple : un intérimaire payé 13,50 € de l’heure touche 13,50 × 7 = 94,50 € pour sa journée de solidarité.
Salarié à temps partiel : des heures complémentaires possibles
Pour un temps partiel, toute heure effectuée au-delà de la durée proratisée est une heure complémentaire, rémunérée comme telle. Exemple : à 80 % (28 h/semaine), votre journée de solidarité fait 5 h 36. Si vous travaillez 7 h ce jour-là, les 1 h 24 excédentaires sont des heures complémentaires payées.
Absent le jour de la journée de solidarité : que se passe-t-il ?
Si vous êtes en arrêt maladie ou en congé maternité le jour prévu, la journée ne peut pas être récupérée un autre jour de l’année. On applique le droit commun : déduction de l’absence, versement des indemnités journalières, et c’est tout. Vous n’êtes redevable d’aucune « dette » d’heures.
La contribution patronale : 0,30 % pour la CNSA
Pendant que vous offrez 7 heures de travail, votre employeur verse la contribution solidarité autonomie (CSA) :
- taux : 0,30 % des salaires bruts soumis aux cotisations de Sécurité sociale ;
- versée à l’Urssaf, qui la reverse à la CNSA ;
- déclarée en DSN, elle apparaît sur votre bulletin de paie à la rubrique « autres contributions dues par l’employeur » — mais elle est intégralement à la charge de l’employeur, elle ne réduit pas votre net.
Exemple chiffré : une entreprise avec une masse salariale brute mensuelle de 120 000 € verse chaque mois 120 000 × 0,003 = 360 € de CSA, soit 4 320 € par an. C’est cette contribution, cumulée sur toutes les entreprises de France, qui alimente les quelque 3,5 milliards d’euros annuels de la branche autonomie.
Comment la journée de solidarité apparaît-elle sur le bulletin de paie ?
La mention n’est pas obligatoire sur la fiche de paie. Mais elle est fortement conseillée : c’est la preuve que la journée a bien été accomplie, et elle évite les contestations en cas de contrôle. En pratique, beaucoup d’employeurs ajoutent une ligne « journée de solidarité » à 0 € ou une mention en commentaire.
Pour comprendre toutes les lignes de votre fiche de paie — brut, net social, net imposable — consultez notre guide brut en net 2026.
Nos calculettes utiles
- 🧮 Calculateur d’heures supplémentaires — majorations 25 % / 50 %, exemples chiffrés
- ⏱️ Calculatrice d’heures — additionner et convertir vos durées de travail
- 📊 Calculateur de temps partiel — votre nouveau salaire au prorata
FAQ : les questions les plus fréquentes
La journée de solidarité est-elle obligatoire en 2026 ?
Oui. C’est une obligation légale pour les salariés du secteur privé comme pour les agents de la fonction publique (selon des modalités propres). Un refus injustifié peut entraîner une sanction disciplinaire — sauf pour les salariés à temps partiel dont la date est incompatible avec des obligations familiales, des études ou une autre activité professionnelle.
Combien d’heures dois-je faire si je suis à temps partiel ?
Les 7 heures sont réduites au prorata de votre contrat : (7 × vos heures hebdomadaires) ÷ 35. À 80 % (28 h), vous devez 5 h 36. À mi-temps (17,5 h), 3 h 30.
Puis-je poser un congé payé le jour de la journée de solidarité ?
Oui, vous pouvez le demander — c’est à votre employeur d’accepter ou non. En revanche, il ne peut pas vous imposer de poser un congé payé légal pour « effacer » la journée : ce serait illégal.
Mon salaire va-t-il baisser à cause de la journée de solidarité ?
Non. Si vous êtes mensualisé, votre salaire reste identique : les 7 heures s’ajoutent à votre durée mensuelle habituelle sans rémunération supplémentaire, mais sans aucune retenue non plus. Seules les heures au-delà de 7 heures sont payées (et majorées).
J’ai déjà fait la journée chez mon ancien employeur cette année. Dois-je la refaire ?
Non. Si vous l’avez déjà accomplie, vous pouvez refuser de l’effectuer à nouveau sans faute ni risque de licenciement. Si vous acceptez quand même de la faire, ces heures doivent être payées et comptées dans votre contingent d’heures supplémentaires.
Que se passe-t-il si je suis malade le jour prévu ?
La journée ne peut pas être reportée ni récupérée. L’absence est traitée selon le droit commun (déduction, indemnités journalières), et vous n’avez rien à « rattraper ».
À retenir
La journée de solidarité 2026, c’est 7 heures de travail en plus, non payées — le plus souvent le lundi 25 mai 2026, mais la date dépend de votre employeur. Votre salaire mensualisé ne bouge pas d’un euro. Votre employeur, lui, verse 0,30 % de votre brut à la CNSA. Vérifiez la date retenue dans votre entreprise (accord collectif ou note de service), calculez vos heures au prorata si vous êtes à temps partiel, et gardez un œil sur votre bulletin de paie : la mention de la journée, même facultative, est la meilleure preuve qu’elle a bien été accomplie.
À noter pour 2027 : le lundi de Pentecôte tombera le 17 mai 2027, mais la date de la journée de solidarité 2027 sera fixée par chaque employeur — surveillez les communications internes en début d’année.
