Retraite carrière longue 2026 : conditions, âge et calcul

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman12 min de lecture
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Retraite carrière longue 2026 : départ à 58, 60, 62 ou 63 ans, 5 trimestres de début de carrière, durée cotisée requise, calcul de la pension et exemples.

Vous avez commencé à travailler très jeune, à 16 ou 17 ans, et vous vous demandez si vous pouvez partir à la retraite avant l’âge légal ? C’est exactement ce que permet la retraite anticipée pour carrière longue : sous conditions, un départ dès 58, 60, 62 ou 63 ans, au taux plein, sans décote. Mais attention, le piège classique est de croire que la date de signature du premier contrat suffit. Ce qui compte, ce sont les trimestres validés au début de votre carrière. Voici les règles, les tableaux par génération et des exemples chiffrés pour vérifier votre situation.

Carrière longue : les 4 âges de départ anticipé

Le dispositif repose sur une idée simple : plus vous avez commencé tôt, plus vous pouvez partir tôt, à condition d’avoir ensuite cotisé suffisamment longtemps. L’âge de départ anticipé dépend de l’âge auquel vous avez réellement débuté votre activité :

Vous avez débuté avant… Départ possible dès…
16 ans 58 ans
18 ans 60 ans
20 ans 62 ans
21 ans 63 ans

Concrètement, un salarié né en 1968 qui a commencé à 15 ans peut partir à 58 ans, alors que son âge légal est de 64 ans : six années de gagnées. À l’inverse, un salarié de la même génération qui a débuté à 20 ans et demi ne pourra pas partir à 62 ans, mais éventuellement à 63 ans si les autres conditions sont remplies. Tout se joue donc sur les premiers trimestres de carrière.

La condition de début de carrière : les 5 trimestres qui changent tout

Pour ouvrir droit à un départ anticipé, il faut justifier de 5 trimestres validés avant la fin de l’année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, selon le cas visé. Si vous êtes né entre le 1er octobre et le 31 décembre, 4 trimestres suffisent. Ce point mérite d’être souligné : ce n’est pas la date de votre premier contrat qui fait foi, mais le nombre de trimestres effectivement validés avant cette échéance.

Exemple : un jeune embauché en septembre de l’année de ses 20 ans ne valide que 1 ou 2 trimestres cette année-là. Il rate le départ à 62 ans, même s’il a « commencé avant 21 ans » au sens courant. En revanche, il peut encore viser le départ à 63 ans, qui exige 5 trimestres avant la fin de l’année civile de ses 21 ans — un objectif atteignable l’année suivante s’il travaille sans interruption.

Autre point souvent ignoré : au début de la carrière, tous les types d’activité peuvent être pris en compte, y compris le service national et les périodes de formation professionnelle ou d’apprentissage pour lesquelles l’État a cotisé. C’est donc votre relevé de carrière qui tranche, pas votre souvenir du premier bulletin de paie.

Combien de trimestres cotisés faut-il au total ?

En plus de la condition de début de carrière, il faut totaliser une durée d’assurance cotisée au moins égale à la durée requise pour le taux plein de votre génération. Autrement dit, il ne suffit pas d’avoir commencé tôt : il faut aussi avoir cotisé longtemps, tous régimes confondus.

Année de naissance Âge légal Durée requise pour le taux plein
1961 62 ans 168 trimestres
1962 62 ans et 3 mois 169 trimestres
1963 62 ans et 6 mois 170 trimestres
1964 63 ans 171 trimestres
1965 63 ans et 3 mois 172 trimestres
1966 63 ans et 6 mois 172 trimestres
1967 63 ans et 9 mois 172 trimestres
1968 et après 64 ans 172 trimestres

172 trimestres, c’est 43 années de cotisation. Pour un départ à 58 ans, il faut donc avoir validé en moyenne 4 trimestres par an, quasiment sans interruption, depuis l’adolescence. C’est exigeant, et c’est précisément pour cela que le dispositif ne concerne qu’une minorité de salariés — ceux qui ont vraiment travaillé sans discontinuer depuis leur jeunesse.

Trimestres cotisés et trimestres validés : ne confondez pas les deux

La durée cotisée exigée pour la carrière longue n’est pas la durée totale validée. Certaines périodes sont « réputées cotisées », c’est-à-dire qu’elles comptent comme des trimestres cotisés même si vous n’avez pas travaillé :

  • les périodes d’assurance maternité ;
  • le service national, dans la limite de 4 trimestres ;
  • les périodes de chômage indemnisé, dans la limite de 4 trimestres ;
  • les périodes de maladie et d’accident du travail pour incapacité temporaire, dans la limite de 4 trimestres ;
  • les périodes d’assurance vieillesse des parents au foyer et des aidants, dans la limite de 4 trimestres par catégorie ;
  • les périodes de perception d’une pension d’invalidité, dans la limite de 2 trimestres ;
  • les trimestres attribués au titre du compte professionnel de prévention (C2P).

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, jusqu’à 2 trimestres liés aux enfants (majoration de durée d’assurance et congé parental, notamment) peuvent également être retenus comme trimestres réputés cotisés. Si vous êtes parent et que votre dossier frôle la durée requise, ces 2 trimestres peuvent faire basculer l’éligibilité : vérifiez-les sur votre relevé.

En revanche, le chômage non indemnisé, les périodes d’inactivité sans cotisation et les trimestres validés au-delà des plafonds ci-dessus ne comptent pas dans la durée cotisée. C’est là que beaucoup de dossiers échouent : la durée totale affichée sur le relevé de carrière peut dépasser 172 trimestres alors que la durée cotisée, elle, reste en dessous.

Le calcul de votre pension en carrière longue

Bonne nouvelle : si vous remplissez les conditions de la carrière longue, votre pension de base est calculée au taux plein de 50 %, sans décote, même si vous partez plusieurs années avant l’âge légal. La formule reste la même que pour une retraite classique :

Pension annuelle brute = 50 % × salaire annuel moyen (SAM) × (durée d’assurance validée ÷ durée requise)

Le SAM correspond à la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus (pour les salariés du régime général). Seule la proratisation peut réduire le montant : si votre durée validée est inférieure à la durée requise, la pension est réduite proportionnellement, mais sans décote supplémentaire.

Exemple 1. Née en 1965, SAM de 28 000 €, 172 trimestres validés pour 172 requis : 50 % × 28 000 € × (172 ÷ 172) = 14 000 € par an, soit 1 166,67 € bruts par mois.

Exemple 2. Né en 1966, SAM de 30 000 €, 168 trimestres validés pour 172 requis : 50 % × 30 000 € × (168 ÷ 172) = 14 651,16 € par an, soit 1 220,93 € bruts par mois. La pension est proratisée, mais le taux reste de 50 % : sans le dispositif carrière longue, un départ au même âge subirait en plus une décote. Pour le détail complet de la formule, consultez notre guide sur le calcul de la pension de retraite.

N’oubliez pas la retraite complémentaire Agirc-Arrco, calculée en points et versée en plus de la pension de base : un départ anticipé peut aussi entraîner une minoration temporaire sur la complémentaire, selon votre âge et votre situation. Les règles et les seuils sont détaillés dans notre guide Agirc-Arrco 2026.

4 exemples concrets d’éligibilité

Exemple 1 — Départ à 60 ans. Karim, né en 1966, débute comme apprenti à 17 ans. Il valide largement 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 18 ans et totalise 172 trimestres cotisés à 60 ans, en 2026. Il peut partir à 60 ans au taux plein, au lieu de 63 ans et 6 mois : un gain de 3 ans et 6 mois.

Exemple 2 — Départ à 58 ans. Martine, née en 1968, commence à 15 ans comme apprentie coiffeuse et travaille ensuite sans interruption. À 58 ans, en 2026, elle totalise 172 trimestres cotisés. Elle part à 58 ans au lieu de 64 ans : six années de gagnées, au taux plein.

Exemple 3 — Départ à 62 ans. Sylvie, née en 1964, débute à 19 ans dans la vente. Elle valide 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 20 ans et atteint 171 trimestres cotisés à 62 ans, en 2026. Elle part à 62 ans au lieu de 63 ans : un gain d’un an.

Exemple 4 — Le piège de l’année des 20 ans. Jean, né en 1966, décroche son premier emploi en septembre de l’année de ses 20 ans : seuls 2 trimestres sont validés avant la fin de cette année-là. Le départ à 62 ans lui échappe. En revanche, il valide 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 21 ans et, s’il totalise 172 trimestres cotisés, il peut partir à 63 ans, en 2029, au lieu de 63 ans et 6 mois. Le gain n’est que de 6 mois — d’où l’intérêt de vérifier sa situation dès 55 ans, tant qu’il est encore possible d’ajuster sa fin de carrière.

Les démarches, pas à pas

1. Vérifiez votre relevé de carrière. Connectez-vous à votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr (ou info-retraite.fr) et contrôlez chaque ligne : un stage, un emploi d’été ou une période de chômage oubliée peut valoir plusieurs trimestres. Dès 55 ans, vous pouvez demander la régularisation de votre relevé si vous repérez une erreur ou un oubli.

2. Obtenez votre attestation de départ anticipé. Le service « Obtenir mon âge de départ » de l’Assurance retraite vous délivre une attestation, provisoire puis définitive selon la proximité de votre date de départ. C’est ce document qui confirme officiellement votre éligibilité : ne démissionnez pas et ne fixez pas votre date de départ avant de l’avoir en main.

3. Déposez votre demande de retraite. Comptez environ 5 mois avant la date de départ souhaitée pour envoyer votre demande en ligne. Pensez aussi à votre complémentaire Agirc-Arrco, qui fait l’objet d’une demande distincte.

4. Prévenez votre employeur. Il n’existe pas de préavis légal spécifique pour un départ à la retraite à l’initiative du salarié, mais votre convention collective peut en prévoir un : vérifiez-la avant d’annoncer votre date. Dans tous les cas, informez votre employeur par écrit, le plus tôt possible, pour laisser le temps d’organiser la transmission de votre poste.

5. Vérifiez votre indemnité de départ. Si vous avez au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise, vous avez droit à une indemnité de départ à la retraite, dont le montant progresse avec l’ancienneté. Le barème et les exemples sont détaillés dans notre guide sur l’indemnité de départ à la retraite.

Et pour les fonctionnaires ?

Le principe est le même pour les fonctionnaires : un départ anticipé pour carrière longue est possible sous des conditions équivalentes, mais la demande se fait auprès de votre caisse — le Service des retraites de l’État (SRE) pour les fonctionnaires d’État, la CNRACL pour les territoriaux et hospitaliers. Si vous êtes contractuel de la fonction publique, vous relevez du régime général, dans les mêmes conditions qu’un salarié du privé.

Si vous n’êtes pas éligible à la carrière longue

Un refus n’est pas une impasse. Trois pistes méritent d’être examinées : la retraite progressive, qui permet de travailler à temps partiel tout en percevant une partie de sa pension ; le cumul emploi-retraite, pour reprendre une activité après la liquidation ; et le rachat de trimestres, qui peut combler des années d’études ou des périodes incomplètes — à condition d’en vérifier la rentabilité avant de payer.

Point de vigilance : les débats de l’automne 2026

À l’automne 2026, le Parlement débat d’une possible suspension de la réforme des retraites de 2023, qui pourrait modifier l’âge légal et les durées requises pour les générations concernées. Les paramètres définitifs ne sont pas encore stabilisés au moment où cet article est publié. Concrètement : utilisez les tableaux ci-dessus comme référence, mais vérifiez votre âge de départ exact sur lassuranceretraite.fr ou auprès de votre caisse avant de déposer votre demande, surtout si votre départ est prévu en 2027 ou après.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment partir à 58 ans avec une carrière longue ?

Oui, mais uniquement si vous avez débuté avant 16 ans — c’est-à-dire 5 trimestres validés avant la fin de l’année civile de vos 16 ans (4 si vous êtes né au dernier trimestre) — et si vous totalisez la durée cotisée requise pour votre génération, par exemple 172 trimestres pour les générations 1965 et suivantes.

Que veut dire exactement « avoir débuté avant 16, 18, 20 ou 21 ans » ?

Cela signifie avoir validé 5 trimestres (4 pour les naissances d’octobre à décembre) avant la fin de l’année civile de l’âge en question. La date de signature du premier contrat ne suffit pas : un contrat signé en fin d’année ne valide parfois qu’un seul trimestre.

Combien de trimestres faut-il pour partir à 60 ans ?

Il faut la durée requise pour le taux plein de votre génération : 168 trimestres pour 1961, 169 pour 1962, 170 pour 1963, 171 pour 1964 et 172 à partir de 1965, en plus de la condition de début de carrière avant 18 ans.

Les périodes de chômage comptent-elles pour la carrière longue ?

Seules les périodes de chômage indemnisé comptent, et dans la limite de 4 trimestres. Le chômage non indemnisé ne compte pas dans la durée cotisée, même s’il peut être validé dans la durée totale d’assurance.

Ma pension sera-t-elle réduite si je pars avant l’âge légal ?

Non, pas par une décote : la carrière longue ouvre droit au taux plein de 50 %. En revanche, si votre durée validée est inférieure à la durée requise, la pension est proratisée, comme dans l’exemple à 168 trimestres sur 172 ci-dessus.

Quand faut-il déposer sa demande ?

Vérifiez votre relevé dès 55 ans et demandez votre attestation de départ anticipé avant toute décision. La demande de retraite elle-même se dépose environ 5 mois avant la date de départ souhaitée, auprès de votre caisse et d’Agirc-Arrco.

Nos calculettes utiles

Pour préparer votre dossier, deux outils gratuits peuvent vous aider : notre calculette entre deux dates, pour mesurer précisément la durée de votre carrière entre votre premier emploi et votre départ envisagé, et notre calculateur de salaire, pour estimer votre salaire de référence avant de calculer votre pension.