Indemnité de départ à la retraite 2026 : calcul et montants

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman11 min de lecture
Illustration du guide Indemnité de départ à la retraite 2026 : calcul et montants

Indemnité de départ à la retraite 2026 : barème légal, salaire de référence, exemples chiffrés, préavis, fiscalité. Départ volontaire ou retraite imposée.

Vous préparez votre départ à la retraite en 2026 et vous vous demandez combien votre employeur va vous verser ? La réponse est plutôt bonne : dès lors que vous avez 10 ans d’ancienneté dans votre entreprise, vous avez droit à une indemnité de départ à la retraite — même quand c’est vous qui prenez l’initiative de partir. Son montant suit un barème légal précis : de la moitié d’un mois de salaire à deux mois de salaire, selon votre ancienneté. Et si c’est votre employeur qui vous met à la retraite, le calcul change du tout au tout : l’indemnité ne peut pas être inférieure à celle d’un licenciement.

Dans ce guide, on passe en revue les deux situations, le barème officiel 2026, la méthode pour déterminer votre salaire de référence, cinq exemples chiffrés concrets, le préavis à respecter et la fiscalité de l’indemnité. De quoi arriver à votre entretien de départ en connaissant vos droits au centime près.

Départ volontaire ou mise à la retraite : deux situations, deux calculs

Avant tout calcul, il faut identifier votre situation, car tout en découle : le barème applicable, les conditions d’âge et même la fiscalité.

Le départ volontaire à la retraite, c’est vous qui décidez de quitter l’entreprise pour liquider vos droits à la retraite. Juridiquement, cela s’analyse comme une démission motivée par la retraite — mais avec un avantage que la démission classique n’offre pas : une indemnité de départ dès 10 ans d’ancienneté.

La mise à la retraite, c’est l’inverse : c’est votre employeur qui prend l’initiative de rompre votre contrat parce que vous avez atteint l’âge requis. Elle n’est possible d’office qu’à partir de 67 ans ; entre 65 et 67 ans, votre employeur ne peut vous mettre à la retraite qu’avec votre accord — il doit vous interroger par écrit chaque année. Dans ce cas, votre indemnité ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement, un calcul nettement plus généreux.

Dans les deux cas, commencez par calculer précisément votre ancienneté entre votre date d’embauche et votre date de départ avec notre calculette entre deux dates : c’est elle qui détermine votre tranche du barème.

L’indemnité de départ volontaire : le barème légal 2026

La condition est simple : justifier d’au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise au moment du départ. En dessous de ce seuil, aucune indemnité légale n’est due — votre convention collective peut toutefois prévoir un dispositif plus favorable, on y revient plus bas.

Votre ancienneté dans l’entreprise Indemnité minimale légale
De 10 ans à moins de 15 ans 1/2 mois de salaire
De 15 ans à moins de 20 ans 1 mois de salaire
De 20 ans à moins de 30 ans 1 mois et demi de salaire
30 ans et plus 2 mois de salaire

Ce barème est un plancher : votre convention collective, un accord d’entreprise ou votre contrat de travail peuvent prévoir des montants supérieurs. En cas de différence, c’est toujours le montant le plus favorable au salarié qui s’applique — c’est le principe de faveur, une règle d’or du droit du travail.

Le salaire de référence : retenez la formule la plus avantageuse

Le « mois de salaire » du barème n’est pas simplement votre dernier bulletin de paie. La loi impose de comparer deux formules et de retenir la plus avantageuse pour vous :

  • Formule 1 : 1/12e de votre rémunération brute des 12 derniers mois précédant votre départ ;
  • Formule 2 : 1/3 de votre rémunération brute des 3 derniers mois. Dans ce cas, les primes annuelles ou exceptionnelles versées sur la période sont recalculées au prorata : une prime annuelle de 550 € ne comptera que pour 137,50 € (550 ÷ 12 × 3).

La rémunération prise en compte inclut votre salaire de base, les primes, le 13e mois, les heures supplémentaires : tout ce qui figure en brut sur vos bulletins. Notre guide de lecture de la fiche de paie vous aide à repérer chaque ligne à intégrer dans le calcul.

Cas particulier du temps partiel : si vous avez alterné temps plein et temps partiel dans la même entreprise, l’indemnité est calculée au prorata de chaque période (voir l’exemple 3 ci-dessous). Notre calculateur de temps partiel vous aide à convertir vos périodes et à reconstituer votre base de calcul.

Départ volontaire : 3 exemples chiffrés

Exemple 1 — Karim, 12 ans d’ancienneté. Son salaire brut moyen s’établit à 2 800 € par mois, 13e mois inclus via la formule des 12 mois. Avec 12 ans d’ancienneté, il se situe dans la tranche « 10 à moins de 15 ans » : son indemnité minimale vaut 2 800 ÷ 2 = 1 400 € brut.

Exemple 2 — Sylvie, 23 ans et 6 mois d’ancienneté. Le tiers de ses 3 derniers mois, primes incluses, ressort à 3 500 € — plus avantageux que la moyenne des 12 mois. Tranche « 20 à moins de 30 ans » : 3 500 × 1,5 = 5 250 € brut. Notez que les 6 mois au-delà de 23 ans ne changent rien ici : le barème du départ volontaire fonctionne par tranches, sans prorata des mois supplémentaires.

Exemple 3 — Nadia, 11 ans dont 9 ans à temps plein puis 2 ans à mi-temps. Elle gagne 1 200 € brut à mi-temps, soit 2 400 € en équivalent temps plein. Son salaire de référence se reconstitue au prorata des périodes : (2 400 × 9/11) + (1 200 × 2/11) = 2 181,82 €. Avec 11 ans d’ancienneté, l’indemnité vaut la moitié d’un mois : 2 181,82 ÷ 2 = 1 090,91 € brut.

Mise à la retraite par l’employeur : un calcul plus favorable

Quand c’est votre employeur qui vous met à la retraite, l’indemnité minimale obéit au barème de l’indemnité légale de licenciement :

  • 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années ;
  • 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11e année.

Deux précisions importantes : l’ancienneté se calcule jusqu’à la fin du préavis (même si vous en êtes dispensé), et les années incomplètes sont prises en compte au prorata des mois complets. Le salaire de référence suit la même règle des deux formules que pour le départ volontaire.

Exemple 4 — mise à la retraite après 12 ans et 9 mois, salaire de référence de 2 200 €. Le calcul donne : (2 200 × 1/4 × 10) + (2 200 × 1/3 × 2) + (2 200 × 1/3 × 9/12) = 5 500 + 1 466,67 + 550 = 7 516,67 € brut. Comparez avec le départ volontaire dans la même situation (tranche 10-15 ans : 1 100 €) : la mise à la retraite rapporte ici près de 7 fois plus.

Exemple 5 — mise à la retraite après 25 ans, salaire de référence de 3 000 €. Le calcul donne : (3 000 × 1/4 × 10) + (3 000 × 1/3 × 15) = 7 500 + 15 000 = 22 500 € brut.

Comme pour le départ volontaire, un accord collectif peut prévoir un montant supérieur. Et si vous hésitez entre négocier votre départ et attendre une mise à la retraite, comparez aussi avec le calcul de l’indemnité de rupture conventionnelle : une troisième voie parfois plus intéressante financièrement.

Le préavis de départ à la retraite : quelle durée respecter ?

Dans les deux situations, un préavis doit être respecté :

  • Départ volontaire : un préavis de même durée que celui applicable en cas de licenciement — vérifiez votre convention collective, qui fixe souvent des durées précises selon l’ancienneté et le statut ;
  • Mise à la retraite : le préavis est identique à celui d’un licenciement.

Si votre employeur vous dispense d’effectuer ce préavis, il vous doit une indemnité compensatrice égale aux salaires que vous auriez perçus. Notre guide du préavis de licenciement détaille les durées usuelles et le calcul de cette indemnité.

Impôts et cotisations : combien vous reste-t-il vraiment ?

C’est la question qui fâche, et la réponse dépend de votre situation :

Départ volontaire à la retraite. L’indemnité est imposable à l’impôt sur le revenu et soumise aux cotisations de Sécurité sociale, à la CSG et à la CRDS. Seule exception : si votre départ s’inscrit dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), l’indemnité échappe aux cotisations sociales.

Mise à la retraite par l’employeur. Le régime est plus doux : l’indemnité est partiellement exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, selon des seuils calculés à partir du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En pratique, la part correspondant au minimum légal ou conventionnel est exonérée, et seule la fraction qui dépasse les seuils est taxée. Vérifiez les montants en vigueur l’année de votre départ : le PASS est revalorisé chaque 1er janvier.

Dans tous les cas, l’indemnité figure sur votre dernier bulletin de paie et doit y apparaître distinctement des autres éléments du solde.

Votre convention collective prévoit souvent mieux que la loi

Ne vous arrêtez jamais au barème légal : de nombreuses conventions collectives — métallurgie, Syntec, BTP, banques, chimie — prévoient des indemnités de départ à la retraite nettement supérieures, parfois dès 5 ans d’ancienneté ou avec un calcul au prorata exact des années. Demandez à votre service RH ou à vos représentants du personnel quelle convention s’applique à vous, et comparez les deux montants : c’est le plus élevé qui vous est dû.

Les autres sommes de votre solde de tout compte

L’indemnité de départ n’est qu’un élément de votre solde de tout compte. Selon votre situation, vous pouvez aussi percevoir :

  • l’indemnité compensatrice de congés payés pour les jours non pris ;
  • l’indemnité compensatrice de préavis si vous en êtes dispensé ;
  • la contrepartie financière de votre clause de non-concurrence, si votre contrat en prévoit une ;
  • le prorata de votre 13e mois ou de vos primes annuelles.

Notre guide du solde de tout compte détaille le calcul de chaque élément, étape par étape. Votre employeur doit aussi vous remettre un certificat de travail et une attestation France Travail. Dernier point à connaître : le départ volontaire à la retraite n’ouvre pas droit à l’allocation chômage en principe — contrairement à un licenciement, dont voici le calcul de l’indemnité.

Questions fréquentes

Faut-il vraiment 10 ans d’ancienneté dans la même entreprise ?

Oui, pour l’indemnité légale de départ volontaire : l’ancienneté s’apprécie chez le même employeur. En dessous de 10 ans, la loi ne prévoit rien — mais vérifiez votre convention collective, qui peut abaisser ce seuil ou prévoir un dispositif propre.

Je démissionne pour prendre ma retraite : ai-je droit à l’indemnité ?

Oui. Quand la démission est motivée par le départ à la retraite, elle est traitée comme un départ volontaire à la retraite : l’indemnité est due si vous avez 10 ans d’ancienneté. C’est toute la différence avec une démission classique, qui n’ouvre droit à aucune indemnité de départ.

Mon employeur peut-il me mettre à la retraite à 64 ans ?

Non. La mise à la retraite d’office n’est possible qu’à partir de 67 ans. Entre 65 et 67 ans, elle exige votre accord exprès : votre employeur doit vous interroger par écrit chaque année. Avant 65 ans, la mise à la retraite est tout simplement impossible.

L’indemnité de départ à la retraite est-elle imposable ?

En cas de départ volontaire, oui : elle est intégralement imposable et soumise aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS (sauf départ dans le cadre d’un PSE). En cas de mise à la retraite, elle est partiellement exonérée d’impôt et de cotisations selon des seuils liés au plafond de la Sécurité sociale.

Que se passe-t-il si ma convention collective prévoit plus que la loi ?

C’est le montant conventionnel qui s’applique : en droit du travail, la disposition la plus favorable au salarié l’emporte toujours sur le minimum légal. Comparez systématiquement les deux avant de signer votre solde de tout compte.

Puis-je cumuler l’indemnité avec mes congés payés non pris ?

Oui. L’indemnité compensatrice de congés payés s’ajoute à l’indemnité de départ à la retraite : ce sont deux droits distincts, versés ensemble dans votre solde de tout compte.

Nos calculettes utiles

  • Calculette entre deux dates — déterminez votre ancienneté exacte entre votre date d’embauche et votre date de départ : c’est elle qui fixe votre tranche du barème légal.
  • Calculateur de temps partiel — reconstituez votre salaire de référence au prorata si vous avez alterné temps plein et temps partiel dans la même entreprise.