Retraite progressive 2026 : conditions, calcul et montant

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman11 min de lecture
Illustration du guide Retraite progressive 2026 : conditions, calcul et montant

La retraite progressive permet de travailler à temps partiel tout en touchant une fraction de sa pension dès 60 ans. Conditions, calcul et démarches 2026.

Vous approchez de la retraite mais vous ne voulez pas arrêter de travailler du jour au lendemain ? La retraite progressive offre une transition en douceur : vous réduisez votre temps de travail et vous percevez en parallèle une partie de votre pension. Un dispositif simple sur le papier, mais dont les conditions et le calcul méritent d’être compris avant de se lancer.

Depuis le 1er septembre 2025, le dispositif s’est d’ailleurs élargi : l’âge minimum est passé à 60 ans au lieu de 62 ans auparavant. Ce qui en fait, en 2026, l’une des options de transition vers la retraite les plus accessibles. Voici tout ce qu’il faut savoir : conditions, calcul du montant, droits acquis pendant la période, démarches et différences avec le cumul emploi-retraite.

Qu’est-ce que la retraite progressive ?

La retraite progressive permet à un salarié ou un indépendant proche de l’âge légal de travailler à temps partiel tout en touchant une fraction de sa pension de retraite. Contrairement au cumul emploi-retraite — qui suppose que la retraite a déjà été liquidée en totalité — la retraite progressive est une liquidation partielle et provisoire de vos droits.

Pendant toute la période, vous continuez à cotiser sur votre salaire réduit. Et c’est là le principal atout du dispositif : contrairement à d’autres formes de pré-retraite, votre pension définitive continue d’augmenter pendant que vous êtes en retraite progressive. Au moment du départ complet, elle sera recalculée en intégrant les droits acquis entre-temps.

Les conditions pour en bénéficier en 2026

Quatre conditions doivent être réunies, tous régimes confondus :

1. Avoir au moins 60 ans

Depuis la réforme du 1er septembre 2025, l’âge minimum d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, contre 62 ans précédemment. Notez que l’âge légal de départ à taux plein, lui, reste fixé entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon votre année de naissance : la retraite progressive ne modifie pas cet âge.

2. Justifier de 150 trimestres cotisés

Il faut avoir validé au moins 150 trimestres de cotisations retraite, tous régimes confondus — soit environ 37,5 années d’assurance. Les trimestres pris en compte incluent les périodes travaillées, les trimestres validés au titre du chômage, de la maternité, de la maladie et des périodes militaires, comme pour une demande de retraite classique.

3. Travailler à temps partiel, entre 40 % et 80 %

Dans le secteur privé, votre quotité de travail doit être comprise entre 40 % et 80 % d’un temps plein. Dans la fonction publique, la fourchette est un peu plus souple : entre 50 % et 90 % d’un temps complet.

C’est cette quotité qui détermine directement la fraction de pension versée : la pension est en quelque sorte l’image inversée de votre temps de travail. Nous détaillons le calcul un peu plus bas.

4. Obtenir l’accord de l’employeur

Le passage à temps partiel n’est pas automatique : votre employeur doit donner son accord. S’il refuse, il doit motiver sa décision par des raisons liées à l’organisation de l’entreprise ou à la nature de votre poste. Un refus arbitraire, sans justification sérieuse, peut être contesté.

Concrètement, adressez votre demande par écrit — lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge — en précisant la quotité souhaitée et la date d’effet envisagée. Prévoyez un délai de discussion : négocier en amont plutôt que de déposer une demande unilatérale maximise vos chances d’obtenir un accord rapide.

Comment est calculée la retraite progressive ?

La règle de calcul est simple et unique : la fraction de pension versée correspond au temps que vous ne travaillez plus. Autrement dit :

Fraction de pension = 100 % − quotité de travail

  • Temps partiel à 60 % → pension versée à 40 %
  • Temps partiel à 50 % → pension versée à 50 %
  • Temps partiel à 80 % → pension versée à 20 %
  • Temps partiel à 40 % → pension versée à 60 %

Le point de départ du calcul est votre pension théorique complète, estimée en fonction des droits acquis à la date de la demande. Cette estimation est provisoire : elle sera recalculée lors de la liquidation définitive, en intégrant les droits acquis pendant la période de retraite progressive.

Cette règle s’applique à tous vos régimes de retraite : régime général, retraite complémentaire (Agirc-Arrco), régimes spéciaux ou de la fonction publique. Votre caisse principale communique avec les autres régimes pour que la fraction soit attribuée correctement partout.

Exemple chiffré : passage à 60 % d’un temps plein

Prenons le cas d’un salarié dont la pension théorique complète est estimée à 1 800 € par mois et dont le salaire à temps plein est de 2 800 € brut :

  1. Il réduit son activité à 60 % d’un temps plein.
  2. Son nouveau salaire brut devient : 2 800 € × 60 % = 1 680 €.
  3. La fraction de pension versée est de 100 % − 60 % = 40 %.
  4. Il touche donc en plus : 1 800 € × 40 % = 720 € de pension par mois.

Revenu total de transition : 1 680 € + 720 € = 2 400 € brut par mois, soit seulement 400 € de moins que son ancien salaire à temps plein. À cela s’ajoute l’avantage décisif : il continue de cotiser sur ses 1 680 €, ce qui augmente sa pension définitive au moment du départ complet.

Autre exemple : le cas du mi-temps

Avec un temps partiel à 50 %, le calcul est encore plus simple : vous percevez 50 % de votre salaire à temps plein et 50 % de votre pension théorique. Avec les mêmes chiffres que ci-dessus, cela donne 1 400 € de salaire + 900 € de pension, soit 2 300 € par mois.

Le cas des indépendants et professions libérales

Les artisans, commerçants et professions libérales peuvent également bénéficier de la retraite progressive, avec quelques particularités :

  • Leurs revenus professionnels doivent diminuer de 20 % à 60 % par rapport à la moyenne des cinq années précédant la demande. Si un dirigeant réduit ses revenus de 55 %, la fraction de pension versée sera de 45 %.
  • Pendant les 18 premiers mois, la fraction de pension est versée à titre provisoire, fixée automatiquement à 50 % de la retraite de base, en attendant la vérification des revenus effectifs.
  • À partir du 1er juillet de la deuxième année, puis chaque 1er juillet suivant, la caisse de retraite ajuste le montant : elle compare les revenus réellement perçus l’année précédente à la moyenne des cinq années de référence. En cas d’écart, elle verse un supplément ou déduit le trop-perçu des mensualités suivantes.
  • Le versement ne peut débuter que le 1er janvier de l’année civile suivant le dépôt de la demande.

L’indépendant continue par ailleurs à cotiser sur ses revenus d’activité, ce qui augmente le montant de sa retraite définitive au moment de la liquidation complète.

Retraite progressive dans la fonction publique

Les agents publics ont accès au dispositif depuis la réforme de 2023, avec des règles légèrement différentes :

  • Quotité de travail autorisée : entre 50 % et 90 % d’un temps complet, contre 40–80 % dans le privé.
  • La fraction de pension versée reste le complément à 100 % : 60 % de travail donne 40 % de pension.
  • Les conditions d’âge et de trimestres (60 ans, 150 trimestres) sont identiques.
  • La demande suit la procédure propre à chaque régime (CNRACL pour la territoriale, SRE pour l’État, caisse hospitalière pour le secteur santé).

Vous continuez à cotiser : l’effet sur la retraite définitive

C’est le point qui distingue vraiment la retraite progressive du simple départ anticipé. Pendant la période :

  • Vous validez de nouveaux trimestres, au titre de votre activité à temps partiel. Le seuil minimal de revenus permettant de valider 4 trimestres par an correspond à un SMIC réduit — accessible même à temps partiel modéré.
  • Votre pension définitive augmente : au moment du départ complet, votre caisse recalcule votre retraite en intégrant les droits acquis pendant la retraite progressive (trimestres et points supplémentaires).
  • Le taux de décote éventuel peut lui aussi se réduire si vous gagnez des trimestres manquants.

En clair, la retraite progressive est le seul dispositif de transition qui permet de toucher une partie de sa pension avant l’âge légal tout en continuant à améliorer sa pension future.

Retraite progressive ou cumul emploi-retraite : quelles différences ?

Les deux dispositifs sont souvent confondus. Voici comment les distinguer :

Critère Retraite progressive Cumul emploi-retraite
Âge d’accès Dès 60 ans Après la liquidation complète de la pension (âge légal ou taux plein)
Trimestres requis 150 trimestres minimum Variable, droits déjà liquidés
Temps de travail 40 à 80 % (50 à 90 % dans le public) Libre, sans limite de quotité
Pension versée Fraction de pension (100 % − quotité) Pension à 100 % + salaire complet
Nouveaux droits Oui — la pension définitive est recalculée à la hausse En général non, la pension reste figée
Accord employeur Oui, pour le passage à temps partiel Pas toujours nécessaire

Pour en savoir plus sur le cumul emploi-retraite — notamment les plafonds et les cas où le cumul est intégral ou plafonné — consultez notre guide dédié : Cumul emploi-retraite 2026 : règles, plafonds et calcul.

Démarches : comment demander la retraite progressive ?

  1. Estimez vos droits : connectez-vous à votre compte sur info-retraite.fr ou sur le site de l’Assurance retraite pour obtenir une estimation de votre pension théorique et simuler plusieurs quotités de travail.
  2. Négociez le temps partiel avec votre employeur : demande écrite, quotité souhaitée, date d’effet. L’accord est indispensable dans le privé.
  3. Déposez la demande auprès de votre caisse de retraite (et des autres régimes si vous en relevez plusieurs), en joignant les justificatifs : identité, relevé de carrière, contrat de travail ou avenant à temps partiel, bulletins de salaire.
  4. Vérifiez la date d’effet : pour les salariés, le versement débute généralement le mois suivant la demande ; pour les indépendants, au 1er janvier de l’année suivante.

Préparez votre dossier plusieurs mois à l’avance : les caisses traitent les demandes de retraite avec un délai qui peut atteindre 3 à 4 mois, et toute demande incomplète repousse le point de départ.

Ce que vous devez retenir

La retraite progressive, c’est trois chiffres à mémoriser : 60 ans minimum, 150 trimestres validés, et une quotité de travail entre 40 % et 80 % dans le privé. La fraction de pension versée complète votre salaire réduit selon la règle simple « 100 % moins la quotité » : 60 % de travail, 40 % de pension.

Le grand intérêt du dispositif, c’est qu’il ne fige pas votre avenir : vous continuez à cotiser, vous validez des trimestres, et votre pension définitive sera recalculée à la hausse lors du départ complet. Une transition en douceur qui, bien calibrée, peut coûter beaucoup moins cher que vous ne l’imaginez — l’exemple des 2 400 € mensuels avec un passage à 60 % le montre bien.

Nos calculettes utiles :
Calculatrice de salaire à temps partiel — estimez votre nouveau salaire selon la quotité choisie.
Convertisseur heures en jours — utile pour convertir votre quotité en durée de travail réelle.
Calcul entre deux dates — pour anticiper les délais de votre dossier et la date d’effet.

Questions fréquentes sur la retraite progressive

À quel âge peut-on demander la retraite progressive en 2026 ?

Dès 60 ans, depuis le 1er septembre 2025. Il faut en outre justifier d’au moins 150 trimestres validés tous régimes confondus et exercer une activité à temps partiel entre 40 % et 80 % d’un temps plein dans le privé (50 à 90 % dans la fonction publique).

Comment se calcule le montant de la retraite progressive ?

La fraction de pension versée correspond au pourcentage de temps non travaillé : fraction = 100 % − quotité de travail. Si vous travaillez à 60 %, vous percevez 40 % de votre pension théorique en complément de votre salaire réduit.

L’accord de l’employeur est-il obligatoire ?

Oui. Le passage à temps partiel suppose l’accord de votre employeur. S’il refuse, il doit motiver son refus par des raisons liées à l’organisation de l’entreprise. Un refus sans justification sérieuse peut être contesté.

Continue-t-on à cotiser pendant la retraite progressive ?

Oui, et c’est un avantage majeur du dispositif : vous continuez à cotiser sur votre salaire à temps partiel, ce qui permet de valider de nouveaux trimestres et d’augmenter votre pension définitive, recalculée lors du départ complet.

Quelle est la différence avec le cumul emploi-retraite ?

La retraite progressive est une liquidation partielle et provisoire avant l’âge légal, avec temps partiel obligatoire et acquisition de nouveaux droits. Le cumul emploi-retraite intervient après la liquidation totale de la pension, sans limite de temps de travail, mais sans nouveaux droits en général. Plus de détails dans notre guide sur le cumul emploi-retraite 2026.

Peut-on passer d’une retraite progressive à une retraite définitive quand on veut ?

Oui. Vous pouvez demander la liquidation définitive de vos pensions à tout moment à partir de l’âge légal, en déposant votre demande auprès de vos caisses. La pension sera alors recalculée en intégrant tous les droits acquis pendant la période de retraite progressive.