PSE 2026 : indemnités, procédure et calcul du plan social

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman13 min de lecture
Illustration du guide PSE 2026 : indemnités, procédure et calcul du plan social

PSE 2026 : quand le plan de sauvegarde de l’emploi est obligatoire, comment se calculent les indemnités et l’accompagnement, congé de reclassement et CSP.

Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) vient d’être annoncé dans votre entreprise, et vous vous demandez ce que vous allez réellement toucher et combien de temps va durer la procédure. Réponse courte : le PSE est obligatoire dès qu’une entreprise d’au moins 50 salariés envisage au moins 10 licenciements économiques sur 30 jours, et il vous garantit au minimum l’indemnité légale — un quart de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis un tiers au-delà. Ce guide détaille la procédure, les calculs et les pièges à éviter.

Le PSE, c’est quoi exactement ?

Le plan de sauvegarde de l’emploi, c’est l’ancien « plan social », rebaptisé en 2002. Il ne s’agit pas d’un simple document : c’est un ensemble de mesures que l’employeur doit mettre en place quand il envisage un licenciement économique collectif d’une certaine ampleur. Son objectif, fixé par l’article L1233-61 du Code du travail, est double : éviter ou limiter les licenciements, puis faciliter le reclassement des salariés dont le départ ne peut pas être évité.

Point essentiel : le PSE n’est pas une faveur de l’employeur, c’est une obligation légale contrôlée par l’administration. Sans plan validé ou homologué, aucun licenciement entrant dans son champ ne peut être notifié.

Quand le PSE est-il obligatoire ?

Deux conditions cumulatives déclenchent l’obligation d’élaborer un PSE :

  • l’entreprise emploie au moins 50 salariés ;
  • le projet porte sur au moins 10 licenciements pour motif économique sur une période de 30 jours.

En dessous de ces seuils, l’employeur reste tenu par la procédure de licenciement économique classique — consultation du CSE, recherche de reclassement, critères d’ordre — mais sans PSE. Attention : on compte tous les salariés de l’entreprise, et les licenciements s’apprécient sur 30 jours glissants.

Il ne faut pas confondre le PSE avec la rupture conventionnelle collective, qui repose elle aussi sur un accord majoritaire validé par la DREETS, mais sur des départs volontaires, sans motif économique à justifier.

Ce que le PSE doit contenir

L’article L1233-62 liste les mesures que le plan peut prévoir. Un PSE sérieux comprend :

  • des mesures pour éviter des licenciements : aménagement ou réduction du temps de travail, mutations internes, départs volontaires ;
  • le reclassement interne, dans l’entreprise ou le groupe, sur des postes équivalents ou adaptés ;
  • le reclassement externe : antenne emploi ou cabinet d’outplacement, formations, validation des acquis de l’expérience, aide à la création ou à la reprise d’entreprise ;
  • le dispositif d’accompagnement : congé de reclassement dans les entreprises d’au moins 1 000 salariés, contrat de sécurisation professionnelle en dessous ;
  • les indemnités légales ou conventionnelles, et souvent des indemnités supplémentaires négociées ;
  • les critères d’ordre des licenciements ;
  • des mesures de prévention des risques psychosociaux liés au projet lui-même.

Ce dernier point mérite attention. Depuis trois décisions du Conseil d’État du 21 mars 2023, l’administration ne peut pas valider ou homologuer un PSE sans avoir vérifié que l’employeur a évalué les conséquences de la réorganisation sur la santé des salariés, en a informé le CSE et a arrêté des mesures précises pour les prévenir. Un plan pauvre dans un groupe riche a peu de chances de passer.

La procédure, étape par étape

La procédure se déroule en trois temps. D’abord, l’information et la consultation du CSE. Le CSE rend son avis dans un délai qui dépend du nombre de licenciements : 2 mois en dessous de 100, 3 mois de 100 à 249, 4 mois à partir de 250. Pendant cette consultation, le CSE peut se faire assister d’un expert-comptable rémunéré par l’employeur.

Ensuite, le contenu du PSE est fixé par l’une de deux voies. Soit un accord collectif majoritaire, signé par des organisations ayant recueilli plus de 50 % des suffrages : la DREETS dispose alors de 15 jours pour le valider. Soit, faute d’accord, un document unilatéral rédigé par l’employeur : la DREETS dispose de 21 jours pour l’homologuer, avec un contrôle plus poussé. Le silence de l’administration vaut acceptation.

Enfin, seulement après la validation ou l’homologation, l’employeur peut notifier les licenciements, en respectant l’ordre des licenciements. Chaque salarié reçoit sa lettre de licenciement économique, avec son préavis — un mois si vous avez moins de 2 ans d’ancienneté, deux mois au-delà — et son solde de tout compte.

Les critères d’ordre des licenciements : l’employeur ne choisit pas librement

C’est un droit essentiel et souvent ignoré : l’employeur ne peut pas désigner librement les salariés licenciés. Il applique des critères d’ordre, définis par l’accord collectif ou, à défaut, par la loi (article L1233-5) :

  • les charges de famille, en particulier celles des parents isolés ;
  • l’ancienneté de service dans l’établissement ou l’entreprise ;
  • la situation des salariés qui présentent des caractéristiques sociales rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile, notamment les personnes en situation de handicap et les salariés âgés ;
  • les qualités professionnelles, appréciées par catégorie.

Concrètement, dans une même catégorie professionnelle, un salarié ancien et parent isolé doit être mieux protégé qu’un salarié récent sans charge de famille. Si les critères n’ont pas été appliqués, c’est un motif de contestation, dans un délai de 12 mois à compter de la notification.

Le calcul de l’indemnité de licenciement dans un PSE

Dans un PSE, l’indemnité se calcule en trois étages. Le premier, c’est l’indemnité légale ou conventionnelle : c’est toujours la plus favorable des deux qui s’applique. Le second, c’est l’indemnité supra-légale négociée dans le plan, qui s’ajoute au premier.

La formule légale exige au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue. Ensuite, l’indemnité vaut un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année au-delà. Le salaire de référence, c’est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. Les périodes d’arrêt maladie sont neutralisées.

Exemple 1. Vous avez 15 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 3 000 € brut. Le calcul donne : (1/4 × 3 000 × 10) + (1/3 × 3 000 × 5) = 7 500 + 5 000 = 12 500 €. C’est le minimum absolu, avant toute indemnité supra-légale.

Exemple 2. Vous avez 6 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 2 200 € brut. Le calcul donne : 1/4 × 2 200 × 6 = 3 300 €.

Exemple 3. Vous avez 22 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 4 500 € brut. Le calcul donne : (1/4 × 4 500 × 10) + (1/3 × 4 500 × 12) = 11 250 + 18 000 = 29 250 €.

Le piège fréquent, c’est la convention collective. Certaines branches — métallurgie, chimie, banque — prévoient des indemnités nettement supérieures au minimum légal, parfois doublées pour les licenciements économiques. Dès l’annonce du PSE, récupérez votre convention collective et comparez : si la conventionnelle est plus favorable, c’est elle qui s’applique de plein droit.

L’indemnité supra-légale : là où la négociation se joue

L’indemnité supra-légale, c’est tout ce qui dépasse le minimum obligatoire. Dans un PSE, elle est négociée collectivement — pas individuellement — entre la direction et les organisations syndicales, ou fixée après consultation du CSE, en fonction de la santé financière de l’entreprise et des moyens du groupe.

Exemple 4. Reprenez le salarié de l’exemple 1 : indemnité légale de 12 500 €. Si le PSE prévoit une indemnité globale de 40 000 €, la part supra-légale vaut 27 500 €. Cette part déclenche un différé d’indemnisation chômage : 27 500 / 111,8 ≈ 246 jours, plafonné à 75 jours pour un licenciement économique (contre 150 jours hors motif économique). S’y ajoutent la carence de 7 jours et le différé congés payés : ce salarié touchera une belle indemnité, mais ses allocations chômage démarreront plus tard.

Congé de reclassement ou CSP : le deuxième pilier du PSE

Au-delà de l’argent, le PSE doit vous accompagner vers un nouvel emploi. Deux dispositifs existent :

Congé de reclassement Contrat de sécurisation professionnelle (CSP)
Entreprises concernées 1 000 salariés et plus (ou groupe de même taille) Moins de 1 000 salariés
Durée 4 à 12 mois, fixée par le PSE 12 mois maximum
Rémunération / allocation Au moins 65 % du salaire brut moyen des 12 derniers mois, plancher 85 % du SMIC 75 % du salaire journalier de référence brut
Contenu Formations et accompagnement par un cabinet de reclassement, pendant le préavis puis après Accompagnement renforcé par France Travail, bilan, formations

Exemple 5. Vous gagnez 3 200 € brut par mois en moyenne sur les 12 derniers mois. En congé de reclassement, vous percevez au minimum 65 % × 3 200 = 2 080 € brut par mois. Le plancher vaut 85 % du SMIC mensuel brut 2026 (1 867,02 €), soit 1 586,97 € : il ne s’applique pas ici. En revanche, un salarié au SMIC percevrait 65 % × 1 867,02 = 1 213,56 €, donc c’est le plancher de 1 586,97 € qui s’appliquerait. Pendant le congé, vous restez salarié : votre contrat n’est rompu qu’à la fin, sauf si vous retrouvez un emploi avant.

Exemple 6. En CSP, avec un salaire journalier de référence de 100 € brut, l’allocation vaut 75 % × 100 = 75 € par jour, pendant 12 mois maximum. L’adhésion doit intervenir dans les 21 jours suivant la proposition. Autre avantage : l’allocation démarre dès le lendemain de la fin du contrat, sans délai de carence de 7 jours. Comparez toujours les deux dispositifs avant de choisir : ils ne sont pas cumulables.

Notre guide sur le congé de reclassement détaille les conditions et la rémunération mois par mois.

Fiscalité et cotisations : ce qui reste vraiment dans votre poche

Bonne nouvelle : les indemnités versées dans le cadre d’un PSE bénéficient d’un régime favorable. L’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales. La part supra-légale est exonérée dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 € en 2026 (PASS annuel de 48 060 €). Au-delà, cotisations et impôt s’appliquent sur l’excédent.

Ce que vous touchez au total : le solde de tout compte

L’indemnité n’est qu’une partie de ce que vous recevez. Le solde de tout compte comprend :

  • l’indemnité de licenciement (légale ou conventionnelle + supra-légale) ;
  • l’indemnité compensatrice de préavis, si vous ne l’exécutez pas — un mois de salaire brut si vous avez moins de 2 ans d’ancienneté, deux mois au-delà ;
  • l’indemnité compensatrice de congés payés pour les jours acquis et non pris ;
  • les éventuelles primes au prorata (13e mois, prime d’ancienneté, intéressement) selon vos accords ;
  • le reliquat de congés et les heures supplémentaires ou RTT non pris, selon les cas.

Exemple concret : un salarié avec 15 ans d’ancienneté, un salaire de 3 000 € et une indemnité globale PSE de 40 000 €, qui n’exécute pas son préavis de 2 mois et dispose de 10 jours de congés non pris, touchera environ 40 000 + 6 000 + 1 384 € = 47 384 € brut.

Refuser, contester, être réembauché : vos recours

Vous ne pouvez pas « refuser » un PSE : si votre poste est supprimé et que vous refusez les propositions de reclassement, vous serez licencié avec les indemnités prévues — le refus ne les fait pas perdre, mais vous prive de l’accompagnement. En revanche, vous pouvez contester :

  • la validité du PSE lui-même : absence de plan alors qu’il était obligatoire, plan non validé ou non homologué, volet santé insuffisant — le licenciement peut alors être jugé nul ;
  • votre licenciement : critères d’ordre non respectés, motif économique non établi, reclassement interne non recherché sérieusement — délai de 12 mois à compter de la notification pour saisir le conseil de prud’hommes ;
  • le montant de vos indemnités : erreur de salaire de référence, d’ancienneté ou de convention applicable.

Enfin, vous bénéficiez d’une priorité de réembauche pendant un an à compter de la rupture : si un poste compatible avec votre qualification devient disponible, l’employeur doit vous le proposer avant tout recrutement externe. Pour en bénéficier, faites-en la demande par écrit dans l’année qui suit la rupture.

Checklist du salarié face à un PSE

  • Vérifiez que votre entreprise entre dans le champ du PSE (50 salariés, 10 licenciements sur 30 jours) et que la DREETS a validé ou homologué le plan avant toute notification.
  • Comparez l’indemnité conventionnelle avec la légale : c’est la plus favorable qui s’applique.
  • Refaites vos calculs : salaire de référence, ancienneté, part supra-légale, différé chômage.
  • Comparez congé de reclassement et CSP avant de choisir ; respectez le délai d’adhésion de 21 jours pour le CSP.
  • Demandez la priorité de réembauche par écrit dans l’année qui suit la rupture.
  • Notez le délai de 12 mois pour contester le licenciement, et de 3 ans pour les sommes liées au salaire.

Questions fréquentes sur le PSE

Un PSE est-il obligatoire dans une entreprise de 40 salariés ?

Non. Le PSE n’est obligatoire qu’à partir de 50 salariés, pour au moins 10 licenciements économiques sur 30 jours. En dessous, c’est la procédure de licenciement économique classique qui s’applique, sans plan formalisé ni validation de la DREETS.

Combien de temps dure une procédure de PSE ?

La consultation du CSE dure 2, 3 ou 4 mois selon le nombre de licenciements (moins de 100, de 100 à 249, 250 et plus). La DREETS dispose ensuite de 15 jours pour valider un accord majoritaire ou de 21 jours pour homologuer un document unilatéral. Comptez donc entre 3 et 5 mois entre l’annonce et les premières notifications.

L’indemnité de licenciement dans un PSE est-elle imposable ?

L’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales. La part supra-légale est exonérée dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 € en 2026 pour les cotisations ; au-delà, les cotisations et l’impôt s’appliquent sur l’excédent.

Quelle est la différence entre un PSE et un plan social ?

Aucune sur le fond : « plan social » est l’ancien nom du plan de sauvegarde de l’emploi, remplacé en 2002. Le terme reste employé dans le langage courant, mais le texte de référence parle bien de plan de sauvegarde de l’emploi.

Puis-je négocier individuellement mon indemnité supra-légale ?

Non, dans un PSE l’indemnité supra-légale est négociée collectivement, pas individuellement. C’est la négociation entre la direction et les organisations syndicales — ou la consultation du CSE — qui fixe les montants.

Que se passe-t-il si je refuse les propositions de reclassement du PSE ?

Vous serez licencié avec les indemnités prévues par le plan. Le refus ne les fait pas perdre, mais vous prive de l’accompagnement et peut être retenu contre vous si vous contestez ensuite le motif économique.

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