Vous venez de perdre votre emploi et vous vous demandez combien vous allez toucher au chômage ? La réponse tient en une formule : en 2026, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) correspond au montant le plus élevé entre 40,4 % de votre salaire journalier de référence (SJR) + 13,18 € et 57 % de votre SJR. Avec un plancher de 32,13 € par jour et un versement mensuel calculé sur 30 jours fixes, quel que soit le mois.
Dans ce guide, on déroule le calcul pas à pas — SJR, les deux formules, la durée de vos droits, le différé d’indemnisation et les retenues — avec des exemples chiffrés concrets pour estimer votre indemnisation réelle.
Les conditions pour toucher l’ARE en 2026
Avant le calcul, la base : pour ouvrir des droits au chômage, France Travail (l’ex-Pôle emploi) exige en 2026 :
- Une durée d’affiliation minimale : au moins 6 mois travaillés, soit 130 jours ou 910 heures, au cours des 24 derniers mois (36 derniers mois si vous avez 55 ans ou plus). Les travailleurs saisonniers bénéficient d’un seuil allégé de 5 mois depuis le 1er avril 2025.
- Une perte involontaire d’emploi : fin de CDD, licenciement, rupture conventionnelle… La démission n’ouvre pas de droits, sauf cas de démission légitime (suivi de conjoint, non-paiement des salaires, etc.).
- Une inscription à France Travail dans les 12 mois suivant la fin du contrat — faites-le vite, idéalement dans la semaine, pour ne pas perdre de droits.
- Être en recherche active d’emploi, physiquement apte et résider en France.
Si ces conditions sont remplies, le calcul peut commencer. Il se fait en trois étapes.
Étape 1 : calculer le salaire journalier de référence (SJR)
Le SJR est la pierre angulaire de tout le calcul. France Travail additionne l’ensemble de vos rémunérations brutes perçues pendant la période de référence — les 24 mois précédant la fin de votre contrat (36 mois à partir de 55 ans) — puis divise ce total par le nombre de jours calendaires entre le début de votre premier contrat et la fin du dernier.
Formule du SJR :
SJR = total des salaires bruts de la période de référence ÷ nombre de jours calendaires du 1er jour du 1er contrat au dernier jour du dernier contrat
Quelles sommes entrent dans le calcul ?
- Le salaire fixe mensuel et les salaires variables (commissions, par exemple) ;
- Les heures supplémentaires, dans la limite de 208 heures par mois — au-delà, l’excédent est ignoré. Pour vérifier vos heures, notre calculette d’heures supplémentaires peut vous aider à reconstituer vos bulletins ;
- Les primes et gratifications (13e mois, prime d’ancienneté…), uniquement pour la part portant sur les 12 derniers mois ;
- Les avantages en nature (logement, véhicule).
Ce qui est exclu — l’erreur la plus fréquente
Beaucoup de demandeurs d’emploi pensent que leur prime de précarité de fin de CDD ou leur indemnité de rupture conventionnelle vont gonfler leur allocation. C’est faux. Sont expressément exclus du SJR : les indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle, la prime de précarité, l’indemnité compensatrice de congés payés, l’indemnité de non-concurrence, les primes d’intéressement et de participation, et les notes de frais. En résumé : toute rémunération sans lien direct avec l’exécution du travail ne compte pas.
En revanche, si votre contrat a été suspendu pendant la période de référence (arrêt maladie, congé maternité, accident du travail), France Travail reconstitue votre salaire à un niveau théorique pour ne pas pénaliser votre SJR — c’est automatique dans ces cas-là.
Le cas des contrats enchaînés
Si vous avez alterné contrats courts et périodes sans emploi, les jours « vides » entre deux contrats sont inclus dans le diviseur, mais plafonnés à 70 % du nombre de jours travaillés (règle en vigueur depuis le 1er avril 2025, contre 75 % avant). Cette règle protège le SJR des personnes qui enchaînent les CDD.
Étape 2 : appliquer les deux formules de l’ARE
Une fois le SJR établi, France Travail applique deux formules et retient le montant le plus favorable :
| Formule | Calcul | Profil avantagé |
|---|---|---|
| Formule mixte | 40,4 % du SJR + 13,18 € | Bas salaires (la part fixe de 13,18 € pèse davantage) |
| Formule proportionnelle | 57 % du SJR | Salaires moyens et élevés |
Le résultat est ensuite encadré par deux garde-fous :
- Plancher : 32,13 € par jour (montant en vigueur depuis le 1er juillet 2025). Votre ARE ne peut pas descendre en dessous, sauf en cas d’emploi antérieur à temps partiel, où le plancher est proratisé.
- Plafond : 75 % du SJR. L’allocation ne peut pas dépasser 75 % de votre salaire journalier de référence.
Étape 3 : mensualiser — l’allocation × 30 jours
Depuis le 1er avril 2025, l’ARE est mensualisée sur une base fixe de 30 jours calendaires, quel que soit le mois. Fini les variations entre un mois de 28 jours et un mois de 31 jours : votre montant mensuel est stable. Les jours des mois de 31 jours sont simplement reportés en fin de droits.
Allocation mensuelle brute = allocation journalière × 30.
La durée d’indemnisation : votre « capital de droits »
Le montant n’est qu’une moitié de l’équation. La durée de versement dépend de votre âge et de votre durée d’affiliation : 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé, dans la limite d’un plafond :
| Votre âge | Durée maximale d’indemnisation |
|---|---|
| Moins de 53 ans | 24 mois (730 jours) |
| 53 et 54 ans | 30 mois |
| 55 ans et plus | 36 mois |
Concrètement, si vous avez travaillé 14 mois en continu avant de vous inscrire, vous ouvrez 14 mois de droits (428 jours environ), que vous ayez 30 ou 50 ans. Le plafond ne joue que pour les longues carrières.
Le différé d’indemnisation : quand le versement commence vraiment
Petite subtilité que les simulateurs oublient souvent : l’ARE ne démarre pas le lendemain de votre inscription. Un différé d’indemnisation s’applique, composé de :
- 7 jours calendaires incompressibles ;
- Un différé congés payés, calculé à partir de l’indemnité compensatrice de congés payés de votre solde de tout compte ;
- Un différé supra-légal si vos indemnités de départ dépassent le minimum légal — calculé en divisant le surplus par 90, dans la limite de 150 jours.
C’est là que votre indemnité de rupture conventionnelle ou votre prime de précarité « travaillent » : elles n’augmentent pas votre allocation mensuelle, mais elles peuvent retarder le premier versement. Deux mécanismes bien distincts à ne pas confondre.
Les retenues sur votre allocation
L’ARE brute n’est pas ce qui arrive sur votre compte. Des prélèvements s’appliquent :
- 3 % pour la retraite complémentaire (Agirc-Arrco), dès que votre ARE journalière dépasse 32,13 € — ce prélèvement ne peut pas faire passer votre allocation sous le plancher ;
- CSG et CRDS, uniquement si votre ARE journalière atteint 60 € — en dessous, vous y échappez.
En pratique, un salarié au SMIC ou légèrement au-dessus ne subit que le prélèvement retraite de 3 %, et conserve environ 97 % de son allocation brute.
La dégressivité pour les hauts revenus
Si vous avez moins de 55 ans et que votre allocation journalière dépasse 92,11 € (soit un ancien salaire brut d’environ 4 700 € par mois), votre ARE est réduite à partir du 7e mois d’indemnisation :
- ARE comprise entre 92,11 € et 131,58 € : ramenée à 92,11 €/jour ;
- ARE supérieure à 131,58 € : réduite de 30 %.
Les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus sont totalement exemptés de cette dégressivité depuis le 1er avril 2025.
3 exemples chiffrés concrets
Exemple 1 : Claire, 2 200 € brut par mois, 24 mois continus
Salaire de référence : 2 200 × 24 = 52 800 €. SJR = 52 800 ÷ 730 = 72,33 €.
- Formule mixte : 72,33 × 40,4 % + 13,18 = 42,40 €/jour
- Formule proportionnelle : 72,33 × 57 % = 41,23 €/jour
On retient 42,40 €/jour, bien sous le plafond de 75 % du SJR (54,25 €). Allocation mensuelle brute : 42,40 × 30 = 1 272 €. Après le prélèvement retraite de 3 % : environ 1 234 € net par mois.
Exemple 2 : Karim, temps partiel à 28 h/semaine, SJR de 50 €
Coefficient temps partiel : 28 ÷ 35 = 0,80.
- Formule mixte : 50 × 40,4 % + (13,18 × 0,80) = 20,20 + 10,54 = 30,74 €/jour
- Formule proportionnelle : 50 × 57 % = 28,50 €/jour
On retient 30,74 €/jour (au-dessus du plancher proratisé de 32,13 × 0,80 = 25,70 €). Allocation mensuelle brute : 922,20 €. Pour estimer l’impact d’un temps partiel sur votre rémunération, notre calculateur de temps partiel peut vous aider.
Exemple 3 : Sophie, cadre à 6 000 € brut par mois, 48 ans
Salaire de référence : 6 000 × 24 = 144 000 €. SJR = 144 000 ÷ 730 = 197,26 €.
- Formule proportionnelle : 197,26 × 57 % = 112,44 €/jour
Allocation mensuelle brute : 112,44 × 30 = 3 373,20 € pendant les 6 premiers mois. Ensuite, la dégressivité s’applique (112,44 € étant compris entre 92,11 € et 131,58 €) : l’allocation est ramenée à 92,11 €/jour, soit environ 2 763 €/mois à partir du 7e mois.
Questions fréquentes sur le calcul de l’ARE
Quelle est la formule exacte de l’allocation chômage en 2026 ?
L’ARE journalière = le montant le plus élevé entre (40,4 % du SJR + 13,18 €) et (57 % du SJR), avec un plancher de 32,13 €/jour et un plafond de 75 % du SJR. Le versement mensuel correspond à l’allocation journalière × 30 jours.
Quel est le montant minimum du chômage en 2026 ?
Le plancher est de 32,13 € brut par jour depuis le 1er juillet 2025, soit environ 964 € brut par mois. En cas d’emploi antérieur à temps partiel, ce plancher est réduit au prorata du temps de travail.
Combien de temps peut-on toucher le chômage ?
La durée égale votre durée d’affiliation (1 jour travaillé = 1 jour indemnisé), dans la limite de 24 mois avant 53 ans, 30 mois à 53-54 ans et 36 mois à partir de 55 ans.
La prime de précarité de fin de CDD augmente-t-elle mon allocation ?
Non. La prime de précarité est exclue du calcul du SJR : elle n’augmente pas votre ARE mensuelle. En revanche, elle peut allonger le différé d’indemnisation et donc retarder le premier versement.
Peut-on cumuler allocation chômage et salaire en reprenant une activité ?
Oui, le cumul est possible dans la limite de 60 % du SJR par mois pour le complément versé par France Travail, et les jours non indemnisés pendant le cumul prolongent vos droits. C’est un levier intéressant pour une reprise progressive.
Pourquoi mon premier versement arrive-t-il en retard ?
À cause du différé d’indemnisation : 7 jours incompressibles, plus un différé lié à l’indemnité compensatrice de congés payés, plus un éventuel différé supra-légal si vos indemnités de départ dépassent le minimum légal.
Nos calculettes utiles
- 🧮 Calculateur de temps partiel — estimez votre salaire et votre coefficient à temps partiel
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Estimer son allocation chômage avant même de s’inscrire à France Travail permet d’anticiper son budget et d’éviter les mauvaises surprises — notamment le différé d’indemnisation, que beaucoup découvrent trop tard. Avec le SJR, les deux formules et le plancher de 32,13 € en tête, vous avez désormais toutes les clés pour calculer votre ARE 2026 au plus juste.
