Solde de tout compte : calcul étape par étape (guide 2026)

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman10 min de lecture
Illustration du guide Solde de tout compte : calcul étape par étape (guide 2026)

Calculez votre solde de tout compte étape par étape : salaire au prorata, congés payés, primes, préavis, indemnités. Exemple chiffré complet 2026.

Quand votre contrat de travail se termine, votre employeur vous doit un dernier règlement : le solde de tout compte. Ce n’est pas une somme forfaitaire, mais l’addition de plusieurs lignes calculées séparément — salaire au prorata, congés payés non pris, primes, préavis, indemnités. Voici comment le calculer vous-même, ligne par ligne, avec un exemple chiffré complet.

Le solde de tout compte, c’est quoi exactement ?

Le solde de tout compte regroupe toutes les sommes que l’employeur vous doit à la fin de votre contrat : CDI, CDD, apprentissage, tous les contrats sont concernés. Il est matérialisé par un document, le « reçu pour solde de tout compte », établi par l’employeur (article L1234-20 du Code du travail).

Le jour de votre départ, vous devez en principe recevoir trois documents : le reçu pour solde de tout compte, le certificat de travail et l’attestation France Travail. Les sommes inscrites sur le solde sont immédiatement exigibles : pas de délai de paiement « à la fin du mois suivant ». En cas de rupture conventionnelle, les documents sont remis après l’homologation de la convention par la DREETS.

Les 6 lignes à vérifier sur votre solde

Avant tout calcul, sachez ce que votre solde doit contenir. Passez chaque ligne en revue :

  • Le salaire du dernier mois, calculé au prorata des jours ou heures réellement travaillés ;
  • L’indemnité compensatrice de congés payés, pour les jours acquis mais non pris ;
  • Les primes et éléments variables au prorata : 13e mois, prime d’ancienneté, commissions, bonus, heures supplémentaires non encore payées ;
  • L’indemnité compensatrice de préavis, si le préavis n’a pas été effectué ;
  • L’indemnité de rupture, dont le montant dépend du motif de votre départ ;
  • Les autres droits : RTT non pris, compte épargne-temps, épargne salariale déblocable, remboursements de frais en attente.

Étape 1 : le salaire du dernier mois au prorata

Si vous partez en cours de mois, votre salaire mensuel est réduit au prorata du temps réellement travaillé. Plusieurs méthodes coexistent en paie :

  • La méthode en heures réelles : salaire mensuel ÷ nombre d’heures réelles du mois complet × heures réellement travaillées ;
  • La méthode de l’heure moyenne : salaire mensuel ÷ 151,67 h × heures travaillées (151,67 h étant la durée mensuelle moyenne d’un temps plein) ;
  • La méthode calendaire : salaire mensuel ÷ 30 × jours du mois, souvent utilisée pour les départs en cours de mois.

L’employeur doit en principe conserver la méthode qu’il utilise habituellement dans sa paie. En pratique, il est prudent de comparer : certains employeurs retiennent la méthode la plus favorable au salarié.

Exemple : vous gagnez 2 400 € brut par mois et quittez l’entreprise le 18, dans un mois de 30 jours. Avec la méthode calendaire : 2 400 ÷ 30 × 18 = 1 440 € brut.

Étape 2 : l’indemnité compensatrice de congés payés

Les congés payés acquis mais non pris au moment du départ sont convertis en argent : c’est l’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP). Deux méthodes de calcul existent, et l’employeur doit obligatoirement retenir celle qui vous est la plus favorable.

La méthode du dixième

On applique 10 % à l’ensemble des rémunérations brutes perçues pendant la période de référence. Pour obtenir le montant par jour restant : (rémunération brute annuelle × 10 % ÷ 25) × nombre de jours de congés restants.

La méthode du maintien de salaire

On calcule ce que vous auriez perçu si vous aviez travaillé pendant vos congés : salaire journalier moyen × nombre de jours restants.

Exemple chiffré : rémunération brute annuelle de 28 800 €, 12 jours de congés restants.

  • Méthode du dixième : 28 800 × 10 % = 2 880 € ÷ 25 × 12 = 1 382,40 € ;
  • Maintien de salaire : 2 400 ÷ 21,67 ≈ 110,76 € × 12 ≈ 1 329,12 €.

La méthode du dixième l’emporte ici : l’indemnité retenue est de 1 382,40 €. Pour le détail complet des deux méthodes, consultez notre guide de l’indemnité de congés payés (maintien vs dixième).

Étape 3 : les primes et éléments variables au prorata

Tout ce qui vous était dû et n’a pas encore été versé entre dans le solde :

  • Le 13e mois, généralement au prorata du temps de présence sur l’année. Exemple : départ le 31 octobre, 13e mois de 2 400 € → 2 400 × 10/12 = 2 000 €. Attention toutefois : relisez votre contrat, car certaines primes doivent être versées en totalité et ne peuvent pas être proratées. La proratisation abusive est une erreur classique (voir notre guide du 13e mois) ;
  • La prime d’ancienneté : si elle est versée chaque mois, elle est déjà incluse dans le salaire proratisé ; si elle est annuelle, elle se prorate (calcul de la prime d’ancienneté) ;
  • Les heures supplémentaires non payées, avec les majorations légales de 25 % pour les huit premières heures hebdomadaires puis 50 % au-delà ;
  • Les RTT non pris, valorisés sur la base de votre salaire mensuel, et les jours épargnés sur un compte épargne-temps.

Étape 4 : l’indemnité compensatrice de préavis

Si votre préavis n’a pas été effectué — parce que l’employeur vous en a dispensé, par exemple —, une indemnité compensatrice de préavis s’ajoute au solde. Elle correspond au salaire que vous auriez perçu pendant cette période.

Exemple : préavis conventionnel de 2 mois non effectué, salaire de 2 400 € brut → 2 × 2 400 = 4 800 € brut.

Étape 5 : l’indemnité de rupture, selon votre motif de départ

C’est la ligne qui varie le plus. Retenez ce tableau :

Motif de rupture Indemnité à intégrer
Démission Aucune indemnité de rupture (sauf dispositions de votre convention collective)
Licenciement (hors faute grave ou lourde) Indemnité légale minimum : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà
Rupture conventionnelle Au moins le minimum légal de licenciement, négociable à la hausse
Fin de CDD Prime de précarité : 10 % de la rémunération brute totale, assiette incluant l’indemnité de congés payés
Départ ou mise à la retraite Indemnité de départ à la retraite selon le barème légal

Exemple : 5 ans d’ancienneté, salaire brut de 2 400 €, rupture conventionnelle → 2 400 × 1/4 × 5 = 3 000 € brut minimum. Pour le calcul détaillé, voir nos guides de l’indemnité de licenciement et de la rupture conventionnelle.

Étape 6 : additionnez, puis convertissez en net — exemple complet

Prenons un cas concret : vous gagnez 2 400 € brut par mois, vous avez 5 ans d’ancienneté, vous partez en rupture conventionnelle le 18 d’un mois de 30 jours, avec 12 jours de congés payés non pris, un 13e mois de 2 400 € et un préavis de 2 mois non effectué.

Élément Calcul Montant brut
Salaire du dernier mois au prorata 2 400 ÷ 30 × 18 1 440,00 €
Indemnité compensatrice de congés payés (dixième) 28 800 × 10 % ÷ 25 × 12 1 382,40 €
13e mois au prorata (départ le 31/10) 2 400 × 10/12 2 000,00 €
Indemnité compensatrice de préavis 2 × 2 400 4 800,00 €
Indemnité de rupture conventionnelle 2 400 × 1/4 × 5 3 000,00 €
Total brut 12 622,40 €

Le total se calcule toujours en brut. Les cotisations salariales (environ 22 %) et le prélèvement à la source sont ensuite déduits :

  • Cotisations salariales estimées : −2 776,93 € ;
  • Net social : 9 845,47 € ;
  • Prélèvement à la source (taux personnalisé, par exemple 7,5 %) : −946,68 € ;
  • Net versé : environ 8 898,79 €.

Pour convertir vous-même un montant brut en net, utilisez notre guide du calcul brut en net 2026.

Impôts et cotisations : que reste-t-il vraiment ?

La plupart des éléments du solde sont traités comme du salaire : soumis aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. C’est le cas du salaire proratisé, de l’indemnité de congés payés, de l’indemnité de préavis, des primes et de la prime de précarité.

L’indemnité de licenciement (ou l’indemnité de rupture conventionnelle, dans la limite du minimum légal) bénéficie en revanche d’exonérations partielles : elle est exonérée d’impôt sur le revenu dans certaines limites, et une fraction peut être exonérée de cotisations sociales et de CSG/CRDS. Au-delà des seuils, elle redevient imposable. Si votre indemnité est élevée, vérifiez la part exonérée avec un conseiller.

Faut-il signer le reçu pour solde de tout compte ?

La signature n’est pas obligatoire. Mais elle a des conséquences juridiques, dans un sens comme dans l’autre :

  • Si vous signez, le reçu a un effet libératoire pour l’employeur : il atteste que les sommes mentionnées vous ont été versées. Vous disposez toutefois de 6 mois pour le dénoncer par lettre recommandée avec accusé de réception. Passé ce délai sans dénonciation, le reçu devient incontestable pour les sommes qui y figurent ;
  • Si vous ne signez pas, il n’y a pas d’effet libératoire : vous pouvez réclamer les sommes manquantes pendant 3 ans (délai de prescription des créances salariales).

Dans les deux cas, la règle d’or reste la même : ne signez qu’après avoir vérifié chaque ligne avec la méthode de cet article.

Les erreurs à traquer avant de signer

  • Confondre brut et net : le solde se calcule en brut, le net vient après déduction des charges ;
  • Une seule méthode pour les congés payés : l’employeur doit comparer le dixième et le maintien de salaire et retenir le plus favorable ;
  • Des primes proratées à tort : certaines doivent être versées en totalité selon votre contrat ;
  • Des heures supplémentaires oubliées : celles déjà effectuées mais non payées doivent figurer sur le solde ;
  • La prime de précarité oubliée en fin de CDD : 10 % de la rémunération brute totale, congés payés inclus dans l’assiette ;
  • Des retenues injustifiées : seules les avances, acomptes ou trop-perçus avérés peuvent être déduits ;
  • Une indemnité de rupture sous le minimum légal : vérifiez le barème selon votre ancienneté.

Questions fréquentes

Le solde de tout compte est-il versé le jour du départ ?

Oui. Il doit être remis et payé à la fin du contrat — dernier jour travaillé ou fin du préavis — et les sommes sont immédiatement exigibles. En rupture conventionnelle, la remise intervient après l’homologation de la convention.

L’employeur peut-il déduire des sommes du solde de tout compte ?

Uniquement les retenues justifiées : avances sur salaire, acomptes, trop-perçus avérés. Il ne peut pas compenser avec une créance contestée ou un préjudice allégué sans votre accord.

Que faire si mon solde de tout compte est faux ou incomplet ?

Contestez par écrit, en lettre recommandée, en détaillant les lignes erronées et en demandant la correction et le paiement des sommes manquantes. Conservez tous vos justificatifs : contrat de travail, bulletins de paie, relevés d’heures, échanges sur les primes. Si le reçu a été signé, dénoncez-le dans les 6 mois ; sinon, vous disposez de 3 ans pour agir, le conseil de prud’hommes restant le dernier recours.

Le solde de tout compte est-il imposable ?

Oui, pour l’essentiel : salaire proratisé, congés payés, préavis, primes et prime de précarité sont imposables comme du salaire. Seule l’indemnité légale de licenciement (ou le minimum légal en rupture conventionnelle) bénéficie d’exonérations partielles, dans certaines limites.

En démission, ai-je quand même droit à un solde de tout compte ?

Oui. Tout contrat qui se termine donne lieu à un solde : salaire au prorata, indemnité de congés payés, primes dues. Seule l’indemnité de rupture n’existe pas en démission — sauf si votre convention collective prévoit le contraire.

La prime de précarité entre-t-elle dans le solde de tout compte ?

Oui. En fin de CDD, elle vaut 10 % de votre rémunération brute totale perçue pendant le contrat, et l’indemnité compensatrice de congés payés est incluse dans son assiette de calcul.

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