Votre pension de base calculée sur vos salaires arrive à 690 € par mois, alors que vous avez travaillé toute votre vie ? C’est exactement le cas de figure prévu par le minimum contributif (MICO) : un plancher qui relève automatiquement votre retraite de base quand le calcul classique donne un montant trop faible. En 2026, ce plancher vaut 756,29 € bruts par mois — et jusqu’à 903,93 € si vous totalisez au moins 120 trimestres cotisés. Montants officiels, conditions, calcul au prorata, trimestres cotisés et 7 exemples chiffrés : voici le mode d’emploi complet.
Minimum contributif 2026 : les montants en un coup d’œil
| Niveau | Brut mensuel | Brut annuel | Condition |
|---|---|---|---|
| MICO de base | 756,29 € | 9 075,50 € | Retraite à taux plein |
| MICO majoré | 903,93 € | 10 847,22 € | Taux plein + 120 trimestres cotisés |
| Plafond de pensions | 1 410,89 € | 16 930,68 € | Total base + complémentaires |
Au 1er janvier 2026, ces montants ont été revalorisés de +1,18 %, suivant l’inflation. L’écart entre le MICO de base et le MICO majoré atteint 147,64 € par mois, soit 1 771,68 € sur l’année : la différence entre 112 et 120 trimestres cotisés se paie comptant, à vie. Environ un retraité du régime général sur trois est concerné par ce dispositif.
Les 4 conditions pour toucher le minimum contributif
L’attribution du MICO repose sur quatre conditions cumulatives. Si l’une manque, pas de plancher.
1. Partir à taux plein
Le taux plein (50 % au régime général) s’obtient en réunissant la durée d’assurance requise pour votre génération (166 à 172 trimestres), ou automatiquement à 67 ans quel que soit le nombre de trimestres. Il est aussi accordé en cas d’inaptitude au travail, d’invalidité ou de handicap. Pour situer votre cas, consultez notre guide sur l’âge de départ à la retraite en 2026.
2. Avoir liquidé toutes ses retraites de base
Vous devez avoir demandé la liquidation de l’ensemble de vos pensions de retraite de base, dans chaque régime où vous avez cotisé. Un poly-pensionné (régime général + MSA par exemple) doit avoir liquidé ses droits dans les deux régimes.
3. Ne pas dépasser le plafond de pensions
Le total de vos pensions personnelles — base portée au MICO, complémentaires Agirc-Arrco et pension de réversion — ne doit pas dépasser 1 410,89 € bruts par mois en 2026. Au-delà, le complément est réduit du montant du dépassement (c’est l’écrêtement, voir l’exemple n° 5).
4. Pour le MICO majoré : 120 trimestres cotisés
Le niveau à 903,93 € exige au moins 120 trimestres cotisés, soit 30 ans de travail effectif ayant donné lieu à cotisations. Et c’est là que la plupart des assurés se trompent : tous les trimestres de votre relevé ne sont pas « cotisés ».
Trimestres cotisés ou validés : la distinction qui change tout
Votre relevé de carrière affiche des trimestres validés : toutes les périodes retenues pour la durée d’assurance. Mais pour le MICO majoré, seuls comptent les trimestres cotisés, c’est-à-dire ceux qui correspondent à une activité ayant donné lieu à des cotisations sur un salaire.
| Période | Compte comme cotisée ? |
|---|---|
| Emploi salarié avec cotisations | Oui |
| MSA, SSI, régimes étrangers (UE, conventions bilatérales) | Oui |
| Assurance volontaire | Oui |
| Rachat de trimestres (taux + durée) | Oui |
| Chômage, maladie (périodes assimilées) | Non |
| Maternité, éducation des enfants (MDA) | Non |
| Congé parental (MDA) | Non |
| AVPF (cotisations versées par la CAF) | Non |
| Service civique | Non |
| Rachat de trimestres (taux seul) | Non |
Le piège classique. Une mère de deux enfants ayant travaillé 28 ans affiche 112 trimestres cotisés + 16 trimestres MDA, soit 128 trimestres validés sur son relevé. Mais pour le seuil du MICO majoré, son compteur reste à 112 — sous la barre des 120. Elle percevra le MICO de base (756,29 €), pas le majoré (903,93 €) : 147,64 € par mois d’écart, à vie. Vérifiez toujours la colonne « cotisés » de votre relevé, pas seulement le total.
Comment le MICO est calculé, pas à pas
La caisse applique la méthode suivante, automatiquement à la liquidation :
Étape 1 — la pension calculée. Votre pension de base est d’abord calculée normalement : salaire annuel moyen × 50 % × (durée validée ÷ durée de référence), divisé par 12. Le détail de cette formule est expliqué dans notre guide du calcul de la pension de retraite.
Étape 2 — le choix du plancher. Moins de 120 trimestres cotisés : plancher de 756,29 €. Au moins 120 trimestres cotisés : plancher de 903,93 €.
Étape 3 — la proratisation. Si votre durée d’assurance au régime général est inférieure à la durée de référence de votre génération, le MICO est proratisé : MICO versé = MICO plein × (trimestres validés au régime général ÷ durée de référence). Pour le majoré au prorata, le calcul distingue les deux composantes : 756,29 € × (trimestres validés ÷ durée de référence) + 147,64 € × (trimestres cotisés ÷ durée de référence).
Étape 4 — l’écrêtement. Si base portée au MICO + complémentaires + réversion dépassent 1 410,89 €, le MICO est réduit du montant du dépassement.
Exemple 1 — Martine, carrière complète au SMIC
Née en 1962, 168 trimestres cotisés, salaire annuel moyen de 16 500 €. Pension calculée : 16 500 × 50 % ÷ 12 = 687,50 €/mois. C’est moins que 903,93 € : sa pension est portée au MICO majoré de 903,93 €. Gain : +216,43 €/mois, soit +2 597 € par an.
Exemple 2 — Karim, temps partiel toute la carrière
150 trimestres validés dont 150 cotisés, durée de référence 172 trimestres, salaire annuel moyen de 8 250 €. Pension calculée : 8 250 × 50 % ÷ 12 = 343,75 €/mois. MICO majoré proratisé : 756,29 × 150/172 + 147,64 × 150/172 = 659,56 + 128,76 = 788,31 €/mois. Gain : +444,56 €/mois. Le temps partiel n’empêche pas le MICO : les trimestres à temps partiel comptent comme cotisés dès lors qu’un salaire a été perçu.
Exemple 3 — Sylvie, 2 enfants, le piège des MDA
128 trimestres validés mais seulement 112 cotisés (16 trimestres MDA), durée de référence 172 trimestres, pension calculée de 520 €. Les 112 trimestres cotisés sont sous le seuil de 120 : c’est le MICO de base qui s’applique, proratisé : 756,29 × 128/172 = 562,82 €/mois. Gain : +42,82 €/mois. Si Sylvie avait totalisé 120 trimestres cotisés, le calcul aurait donné 562,82 + 147,64 × 120/172 = 665,83 €/mois, soit 103,01 € de plus chaque mois, à vie.
Exemple 4 — Patrick, départ à 67 ans, carrière incomplète
Né en 1960, taux plein automatique à 67 ans, 100 trimestres validés dont 90 cotisés, durée de référence 167 trimestres, pension calculée de 420 €. Moins de 120 cotisés : MICO de base proratisé = 756,29 × 100/167 = 452,87 €/mois. Gain : +32,87 €/mois.
Exemple 5 — Daniel, l’écrêtement au plafond
Droit au MICO majoré (903,93 €) mais complémentaire Agirc-Arrco de 620 €/mois. Total : 1 523,93 €, soit 113,04 € au-dessus du plafond de 1 410,89 €. Son MICO est écrêté à 903,93 − 113,04 = 790,89 €/mois. Total perçu : 1 410,89 €. Moralité : une complémentaire élevée peut réduire le MICO à zéro.
Le MICO en net : ce qui arrive vraiment sur votre compte
Bonne nouvelle : le MICO supporte les mêmes prélèvements que toute pension (CSG, CRDS, Casa), mais un retraité dont le seul revenu est le MICO majoré déclare 10 847 € par an — sous le seuil d’exonération de CSG (13 049 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule en 2026). Dans ce cas, le net égale le brut : 903,93 €.
| Situation fiscale (RFR) | Prélèvements | MICO majoré net | MICO de base net |
|---|---|---|---|
| Exonéré (moins de 13 049 €) | 0 % | 903,93 € | 756,29 € |
| Taux réduit (13 049 à 17 058 €) | 4,3 % | 865,06 € | 723,78 € |
| Taux médian (17 058 à 26 470 €) | 7,4 % | 837,04 € | 700,33 € |
| Taux normal (plus de 26 470 €) | 9,1 % | 821,67 € | 687,47 € |
Le taux applicable dépend de votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année. En pratique, la plupart des bénéficiaires du MICO ne paient pas de CSG : le prélèvement ne s’applique que si d’autres revenus (complémentaire significative, revenus fonciers, épargne) portent le RFR au-dessus du seuil.
Ce qui a changé : réforme 2023, majoration exceptionnelle et LFSS 2026
La réforme de septembre 2023 : +100 € sur le majoré
La loi du 14 avril 2023 a relevé le MICO majoré d’environ 100 € par mois pour les pensions liquidées à partir du 1er septembre 2023. L’objectif affiché : rapprocher la pension totale d’une carrière complète au SMIC de 85 % du SMIC net. Depuis, le MICO majoré est revalorisé en suivant le SMIC, et non plus seulement l’inflation — ce qui maintient cet objectif dans le temps.
La majoration exceptionnelle pour les retraités d’avant septembre 2023
Les retraités dont la pension a pris effet avant le 1er septembre 2023 n’ont pas bénéficié de la hausse de 100 €. Pour compenser, une majoration exceptionnelle distincte leur est versée : 100 € × (trimestres cotisés ÷ durée de référence). Exemple : retraité depuis 2022, 160 trimestres cotisés, durée de référence 167 trimestres → 100 × 160/167 = 95,81 €/mois en plus, dans la limite du plafond de 1 410,89 €.
LFSS 2026 : le SAM calculé sur 23 ou 24 années
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réduit le nombre de meilleures années retenues pour le salaire annuel moyen : 24 ans pour un enfant, 23 ans pour deux enfants ou plus (au lieu de 25). En écartant les années les moins rémunérées, le SAM augmente — et la pension calculée avec. Exemple : parent de deux enfants, SAM de 17 800 € sur 25 ans → pension de 741,67 € (sous le MICO de base) ; SAM de 18 300 € sur 23 ans → pension de 762,50 €, au-dessus du plancher. La LFSS 2026 peut donc supprimer le besoin du MICO pour certains assurés — et c’est une bonne nouvelle : une pension calculée plus élevée vaut toujours mieux qu’un plancher.
L’historique des montants
| Année | MICO de base | MICO majoré | Revalorisation |
|---|---|---|---|
| 2020 | 642,93 € | 702,55 € | +0,3 % |
| 2021 | 645,50 € | 705,36 € | +0,4 % |
| 2022 | 652,60 € | 713,12 € | +1,1 % |
| 2023 (janvier) | 684,14 € | 747,57 € | +4,8 % |
| 2023 (septembre) | 684,14 € | 847,57 € | Réforme : +100 € |
| 2024 | 709,14 € | 876,13 € | +5,3 % |
| 2025 | 747,69 € | 893,66 € | +2,2 % |
| 2026 | 756,29 € | 903,93 € | +1,18 % |
MICO, ASPA et minimum garanti : ne pas confondre
La confusion entre le minimum contributif et l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées, ex-minimum vieillesse) reste fréquente. Les deux dispositifs n’ont ni les mêmes conditions ni la même logique.
| Critère | Minimum contributif (MICO) | ASPA (minimum vieillesse) |
|---|---|---|
| Nature | Complément de pension contributive | Allocation de solidarité (aide sociale) |
| Avoir travaillé | Oui, obligatoire (taux plein) | Non |
| Montant 2026 | 756,29 € ou 903,93 €/mois | 1 043,59 €/mois seul, 1 620,18 €/mois en couple |
| Condition de ressources | Plafond de pensions : 1 410,89 €/mois | Plafond de ressources : 12 523,08 €/an seul |
| Âge | Âge légal / taux plein | 65 ans (62 ans dans certains cas) |
| Récupération sur succession | Jamais | Oui, possible au-delà d’un seuil |
| Démarche | Automatique | Demande auprès de la caisse |
À noter : les fonctionnaires titulaires relèvent d’un minimum garanti propre à leur régime (montant distinct, revalorisé chaque année), pas du MICO. Les agents contractuels, eux, sont bien couverts par le MICO via le régime général. Et les professions libérales n’ont pas de minimum contributif sur leur régime de base.
5 vérifications avant de liquider votre retraite
- Téléchargez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr et repérez la colonne des trimestres cotisés — pas seulement le total des trimestres validés.
- Comptez vos 120 trimestres cotisés en excluant MDA, AVPF, chômage et maladie. C’est ce décompte qui décide entre 756,29 € et 903,93 €.
- Estimez votre pension de base avec la formule salaire annuel moyen × 50 % × (durée ÷ référence). Si elle dépasse déjà le MICO, le dispositif ne s’applique pas — tant mieux.
- Additionnez base + complémentaires + réversion : restez sous 1 410,89 €/mois pour conserver le complément plein.
- Le MICO est automatique : aucune démarche à effectuer. Mais vérifiez votre notification de pension à la liquidation — si le plancher n’apparaît pas alors que vous remplissez les conditions, réclamez auprès de votre caisse avec votre relevé de carrière.
Questions fréquentes
Le minimum contributif est-il versé automatiquement ?
Oui. Si votre pension de base calculée est inférieure au MICO et que vous remplissez les conditions, votre caisse relève le montant d’office, sans demande de votre part. Vérifiez simplement votre notification de pension.
Les trimestres pour enfants comptent-ils pour les 120 trimestres cotisés ?
Non. Les majorations de durée d’assurance pour enfants (MDA maternité, éducation, congé parental) et l’AVPF sont des trimestres validés mais pas cotisés : ils servent pour le taux plein, pas pour le MICO majoré. C’est le piège n° 1 du dispositif (voir l’exemple de Sylvie).
Puis-je toucher le MICO en cumul emploi-retraite ?
Oui, le minimum contributif est compatible avec le cumul emploi-retraite : votre pension de base reste portée au plancher. Attention toutefois au plafond de 1 410,89 € qui s’applique au total de vos pensions personnelles.
Le MICO est-il récupéré sur la succession ?
Non, jamais. Contrairement à l’ASPA, le minimum contributif est un droit contributif lié à vos cotisations : il n’est pas récupérable sur votre succession.
Je suis fonctionnaire : ai-je droit au minimum contributif ?
Les fonctionnaires titulaires relèvent du minimum garanti de leur régime, pas du MICO. En revanche, si vous avez été agent contractuel, vos périodes au régime général ouvrent bien droit au minimum contributif.
Que se passe-t-il si ma pension calculée dépasse à peine le MICO ?
Rien de particulier : la caisse compare les deux montants et ne relève votre pension que si le calcul donne moins que le plancher. Si votre pension calculée est de 760 €, vous touchez 760 € — le MICO ne s’applique pas, et c’est normal.
Nos calculettes utiles
- Calculateur de salaire — estimez votre salaire de fin de carrière, la base de votre futur salaire annuel moyen.
- Calculateur temps partiel — mesurez l’impact du temps partiel sur vos trimestres et votre future pension.
Montants officiels 2026 : revalorisation du 1er janvier 2026 (+1,18 %), circulaire Cnav n° 2025-34. Pensez aussi au rachat de trimestres : racheter au titre du taux et de la durée d’assurance peut vous faire franchir la barre des 120 trimestres cotisés — et donc celle des 903,93 €.
