Pension de réversion 2026 : calcul, montants et conditions

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman14 min de lecture
Illustration du guide Pension de réversion 2026 : calcul, montants et conditions

Pension de réversion 2026 : 54 % de la retraite du défunt, plafonds 25 001,60 €, minimum 334,92 €/mois. Calcul, conditions, majorations et 5 exemples chiffrés.

Au décès de votre conjoint, une partie de sa retraite peut vous être reversée : c’est la pension de réversion. En 2026, elle représente 54 % de sa retraite de base (régime général), 60 % de sa complémentaire Agirc-Arrco et 50 % dans la fonction publique. Mais attention : rien n’est versé automatiquement. Il faut avoir été marié, avoir au moins 55 ans et respecter un plafond de ressources de 25 001,60 € par an pour une personne seule. Voici le calcul exact, tous les montants 2026, les majorations possibles et les démarches — avec des exemples chiffrés.

Les trois conditions de la réversion du régime général

Pour la retraite de base des salariés du privé, des indépendants et des contractuels, trois conditions sont cumulatives. Il suffit d’en rater une pour perdre le droit.

1. Avoir été marié avec le défunt

Seul le mariage compte, quelle qu’en ait été la durée — même quelques mois suffisent. Les partenaires de PACS et les concubins sont exclus dans tous les régimes, quelle que soit la durée de la vie commune. C’est l’angle mort patrimonial le plus fréquent : les couples non mariés doivent organiser la protection du survivant autrement (assurance-vie, clause bénéficiaire, prévoyance).

Bon à savoir : le divorce ne fait pas perdre le droit. Un ex-conjoint divorcé et non remarié peut demander sa part de réversion, partagée avec le conjoint survivant (voir plus bas).

2. Avoir au moins 55 ans

L’âge minimum est fixé à 55 ans au régime général comme à l’Agirc-Arrco. En dessous, aucune réversion de base n’est possible — mais il existe un relais : l’allocation veuvage, versée pendant 2 ans maximum (voir la section dédiée plus bas).

3. Respecter le plafond de ressources 2026

C’est la condition qui fait le plus de dégâts dans les dossiers. En 2026, vos ressources annuelles brutes ne doivent pas dépasser :

  • 25 001,60 € si vous vivez seul (soit 2 080 fois le SMIC horaire) ;
  • 40 002,56 € si vous vivez en couple (remariage, PACS ou concubinage).

Mais il y a une bonne nouvelle, souvent ignorée : le mécanisme est différentiel. Si vos ressources + la réversion dépassent le plafond, la pension n’est pas supprimée — elle est simplement réduite du montant du dépassement. Et vos revenus d’activité ne comptent qu’à 70 % (abattement de 30 %).

Quel montant allez-vous toucher ? Le calcul en trois temps

Étape 1 : 54 % de la retraite du défunt

La réversion de base vaut 54 % de la retraite de base que percevait — ou aurait perçue — le défunt, sans tenir compte de ses éventuelles majorations. Si votre conjoint n’était pas encore retraité au moment du décès, la caisse reconstitue la pension théorique à laquelle il aurait eu droit, sur la base de sa carrière.

Étape 2 : le plancher et le plafond 2026

  • Minimum garanti : 334,92 € par mois (4 019,13 € par an) si le défunt avait validé au moins 60 trimestres (15 ans) au régime général. En dessous, le minimum est réduit proportionnellement : avec 40 trimestres, il tombe à 223,28 €/mois (334,92 × 40/60).
  • Maximum : 1 081,35 € par mois (12 976,20 € par an). Pour l’atteindre, le défunt devait percevoir une retraite de base d’environ 2 002,50 €/mois (1 081,35 ÷ 0,54).

Étape 3 : le contrôle du plafond (mécanisme différentiel)

La formule réellement appliquée par les caisses :

Réversion versée = 54 % de la pension du défunt, ramenée si besoin à (plafond − vos ressources)

Exemple : vos ressources annuelles sont de 20 000 € et la réversion théorique de 9 000 €/an. Total : 29 000 €, soit 3 998,40 € au-dessus du plafond de 25 001,60 €. La réversion est donc réduite à 9 000 − 3 998,40 = 5 001,60 €/an, soit 416,80 €/mois. Vous ne perdez pas tout — et si vos ressources baissent ensuite, la pension peut être révisée à la hausse.

Les majorations qui augmentent votre réversion

Trois bonifications peuvent s’ajouter à la réversion de base :

  • +10 % si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants ;
  • 113,59 € par mois et par enfant à charge, si vous n’avez pas encore liquidé votre retraite personnelle ;
  • +11,1 % si vous avez atteint l’âge du taux plein (65 à 67 ans selon votre génération), fait valoir tous vos droits à retraite, et que le total de vos pensions ne dépasse pas 1 006,69 € par mois (3 020,07 € par trimestre).

Agirc-Arrco : 60 %, sans condition de ressources

Pour les salariés du privé, la réversion de la retraite complémentaire Agirc-Arrco suit des règles différentes — souvent plus favorables :

  • Taux : 60 % des droits du défunt (contre 54 % pour la base) ;
  • Aucune condition de ressources : vos revenus n’ont aucun impact ;
  • Âge : 55 ans, sans condition d’âge si vous aviez au moins 2 enfants à charge au moment du décès ou si vous êtes invalide ;
  • Remariage : suppression définitive. C’est LA grande différence avec la base : si vous vous remariez, la réversion Agirc-Arrco est perdue à vie, même si ce nouveau mariage se termine ensuite par un divorce.

Le versement débute le 1er jour du mois suivant le décès. Et si vous déposez votre demande tardivement, la caisse ne versera un rappel que dans la limite d’un an — d’où l’importance de ne pas traîner.

Chez les cadres, dont la complémentaire pèse souvent plus lourd que la base, ces 60 % représentent fréquemment l’essentiel de la réversion totale.

Fonction publique : 50 %, sans condition de ressources ni d’âge

Si le défunt était fonctionnaire, la réversion vaut 50 % de sa pension, sans condition de ressources ni d’âge. Seule exigence : avoir été marié — le mariage doit en principe avoir duré au moins 4 ans, sauf si un enfant est né de cette union. La complémentaire RAFP obéit à ses propres règles de réversion, à vérifier auprès de l’ERAFP.

Les trois régimes comparés

Régime général (base) Agirc-Arrco Fonction publique
Taux 54 % 60 % 50 %
Condition de ressources Oui (25 001,60 €/an seul) Non Non
Âge minimum 55 ans 55 ans* Aucun
Mariage requis Oui Oui Oui (4 ans ou enfant né)
Remariage Maintenue (plafond couple) Suppression définitive Maintenue
Minimum 2026 334,92 €/mois — —

* À l’Agirc-Arrco, aucune condition d’âge si vous aviez 2 enfants à charge au décès ou si vous êtes invalide.

Divorce, remariages : le partage au prorata

Quand le défunt a été marié plusieurs fois, la réversion de base est partagée entre le conjoint survivant et les ex-conjoints non remariés, au prorata de la durée de chaque mariage. Chaque bénéficiaire doit remplir individuellement les conditions d’âge et de ressources. Et au décès de l’un des bénéficiaires, sa part peut être réattribuée aux autres.

Exemple : réversion de base de 900 €/mois, premier mariage de 10 ans, second de 20 ans. L’ex-conjoint reçoit 900 × 10/30 = 300 €/mois, le conjoint survivant 900 × 20/30 = 600 €/mois.

À l’Agirc-Arrco, le partage suit la même logique de prorata entre conjoints successifs non remariés.

Quelles ressources sont prises en compte ?

La caisse examine vos ressources sur les 3 mois précédant la demande (ou sur 12 mois si c’est plus favorable pour vous). Sont comptés :

  • vos revenus d’activité à 70 % seulement : un salaire de 1 500 €/mois ne compte que pour 1 050 € ;
  • vos retraites personnelles à 100 % ;
  • les revenus de vos biens propres à 3 % de leur valeur vénale : par exemple, 50 000 € d’épargne comptent pour 1 500 €/an de ressources ;
  • les revenus de remplacement (allocations chômage, indemnités journalières…).

En revanche, la réversion Agirc-Arrco elle-même n’entre pas dans le calcul du plafond de la base, pas plus que les prestations familiales ou l’allocation logement. Enfin, la pension peut être révisée quand vos ressources évoluent — à la hausse comme à la baisse — jusqu’à sa « cristallisation », quelques mois après le point de départ de l’ensemble de vos retraites personnelles.

Pour vérifier où vous vous situez par rapport au plafond, commencez par chiffrer précisément vos ressources brutes annuelles — notre guide brut en net 2026 vous aide à convertir vos montants. Et si vous percevez des allocations chômage, sachez qu’elles comptent dans vos ressources : anticipez leur effet sur le plafond.

5 exemples chiffrés pour tout comprendre

Exemple 1 : Marie, 62 ans, veuve d’un salarié du privé

Son mari percevait 1 400 €/mois de retraite de base et 600 €/mois de complémentaire Agirc-Arrco. Marie touche 1 200 €/mois de retraite personnelle et vit seule.

  • Réversion de base : 54 % × 1 400 = 756 €/mois (9 072 €/an) ;
  • Réversion Agirc-Arrco : 60 % × 600 = 360 €/mois ;
  • Contrôle du plafond : 14 400 € (ressources) + 9 072 € (réversion) = 23 472 €, sous les 25 001,60 € → elle perçoit la totalité ;
  • Total : 1 116 €/mois de réversion, qui portent ses revenus à 2 316 € brut par mois.

Exemple 2 : quand le plafond mord — la réversion partielle

Reprenons Marie, mais avec une retraite personnelle de 1 800 €/mois (21 600 €/an). Total : 21 600 + 9 072 = 30 672 €, soit 5 670,40 € au-dessus du plafond. La réversion de base tombe à 9 072 − 5 670,40 = 3 401,60 €/an, soit 283,47 €/mois. La part Agirc-Arrco (360 €) reste intacte : total 643,47 €/mois.

Exemple 3 : le minimum garanti en action

Le défunt percevait une petite retraite de base de 500 €/mois : 54 % = 270 €, sous le plancher. Avec 60 trimestres validés, la réversion est portée à 334,92 €/mois. Avec seulement 40 trimestres de cotisation : 334,92 × 40/60 = 223,28 €/mois.

Exemple 4 : deux mariages, partage au prorata

Réversion de base de 900 €/mois. Premier mariage : 10 ans → l’ex-conjoint reçoit 300 €/mois. Second mariage : 20 ans → le conjoint survivant reçoit 600 €/mois — chacun sous réserve de remplir les conditions d’âge et de ressources.

Exemple 5 : des revenus d’activité qui comptent moins qu’on croit

Veuf de 58 ans encore en activité à temps partiel : 1 500 €/mois de salaire. Pour le plafond, seuls 70 % comptent : 1 050 €/mois, soit 12 600 €/an. Avec une réversion théorique de 9 072 €/an, le total atteint 21 672 € — sous le plafond de 25 001,60 € : réversion intégrale.

Les démarches : une demande unique, rien d’automatique

Aucune caisse ne verse la réversion spontanément. La démarche la plus simple est la demande unique inter-régimes en ligne sur info-retraite.fr : un seul formulaire couvre la retraite de base et les complémentaires. Préparez : l’acte de décès, votre pièce d’identité, le livret de famille et vos justificatifs de ressources.

Ne tardez pas : le point de départ de la réversion dépend de la date de votre demande. Une demande déposée plusieurs mois après le décès peut faire perdre définitivement des mensualités — et le rappel Agirc-Arrco est plafonné à un an.

La réversion se cumule avec votre retraite personnelle (dans la limite du plafond pour la part de base), comme l’explique notre guide sur le cumul emploi-retraite. Et si vous approchez de l’âge de la retraite sans l’avoir encore liquidée, notre guide de la retraite progressive 2026 détaille les options pour lever le pied en douceur.

Fiscalité et prélèvements sociaux

La pension de réversion est imposable dans la catégorie des pensions et retraites, et soumise aux prélèvements sociaux selon votre revenu fiscal de référence :

  • CSG : 8,3 %, 6,6 % ou 3,8 % — voire exonération totale pour les revenus les plus modestes ;
  • CRDS : 0,5 % ;
  • CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) : 0,3 %.

Concrètement, une réversion brute de 756 €/mois au taux plein (8,3 % de CSG) tombe à environ 687 € net après 9,1 % de prélèvements. Si vos revenus sont modestes, vous pouvez bénéficier du taux réduit de CSG à 3,8 % — ou d’une exonération pure et simple.

Moins de 55 ans ? L’allocation veuvage fait le pont

Si vous avez moins de 55 ans au décès de votre conjoint, la réversion de base vous est fermée — mais l’allocation veuvage prend le relais pendant 2 ans maximum. En 2026, son montant maximum est de 719,58 € par mois, pour des ressources personnelles ne dépassant pas 899,48 € par mois (l’allocation est différentielle : elle comble l’écart jusqu’au plafond). Seul le mariage ouvre ce droit, et l’allocation est supprimée en cas de remariage, de PACS ou de concubinage.

Bon à savoir : si vous reprenez une activité pendant la période de versement, vos nouveaux revenus sont intégralement exclus du calcul pendant 3 mois, puis abattus de 50 % pendant 9 mois — de quoi rebondir sans perdre immédiatement l’aide.

Les 6 erreurs qui coûtent cher

  1. Croire que la réversion est automatique. Elle ne l’est jamais : sans demande, rien n’est versé.
  2. Tarder à déposer le dossier. Chaque mois de retard peut être un mois de pension perdu définitivement.
  3. S’auto-exclure à cause du plafond. Le mécanisme est différentiel et vos salaires ne comptent qu’à 70 % : faites le calcul avant de renoncer.
  4. Oublier la complémentaire. L’Agirc-Arrco représente souvent la moitié de la réversion totale — et n’a aucune condition de ressources.
  5. PACS ou concubinage : aucun droit. Anticipez avec une assurance-vie ou une prévoyance plutôt que de découvrir l’angle mort au pire moment.
  6. Se remarier sans mesurer l’impact. Au régime général, le plafond passe à 40 002,56 € pour le couple ; à l’Agirc-Arrco, le remariage supprime la réversion définitivement.

Et si vos revenus restent modestes malgré la réversion, d’autres aides peuvent compléter : la prime d’activité pour les actifs, ou l’ASPA (minimum vieillesse) pour les retraités aux très petites pensions.

Nos calculettes utiles

  • Calcul entre deux dates — mesurez la durée exacte de chaque mariage, indispensable pour le partage au prorata entre ex-conjoints ;
  • Calculateur salaire — chiffrez vos ressources brutes annuelles pour vérifier le plafond de 25 001,60 €.

FAQ — Pension de réversion : calcul et montants 2026

Quel est le montant de la pension de réversion en 2026 ?

Au régime général : 54 % de la retraite de base du défunt, avec un minimum de 334,92 €/mois (si 60 trimestres validés) et un maximum de 1 081,35 €/mois, sous condition de ressources. À l’Agirc-Arrco : 60 % des droits du défunt, sans condition de ressources. Dans la fonction publique : 50 % de la pension.

Le PACS ou le concubinage donnent-ils droit à la réversion ?

Non. Dans tous les régimes, seul le mariage ouvre droit à la pension de réversion, quelle que soit la durée de la vie commune. Les couples non mariés doivent organiser la protection du survivant autrement (assurance-vie, prévoyance).

Le remariage fait-il perdre la pension de réversion ?

Ça dépend du régime. Au régime général, le remariage ne supprime pas la réversion, mais les ressources du nouveau couple sont prises en compte (plafond de 40 002,56 €/an en 2026). À l’Agirc-Arrco, le remariage la supprime définitivement, même en cas de divorce ultérieur.

Que se passe-t-il si mes ressources dépassent le plafond ?

La réversion n’est pas supprimée mais réduite du montant du dépassement : vous touchez (plafond − vos ressources). Elle peut être révisée à la hausse si vos ressources baissent ensuite.

La pension de réversion est-elle versée automatiquement ?

Non, jamais. Vous devez la demander — le plus simple étant la demande unique inter-régimes sur info-retraite.fr. Déposez-la vite après le décès : le point de départ dépend de la date de la demande.

Puis-je cumuler la réversion avec ma propre retraite ?

Oui. La réversion se cumule avec votre retraite personnelle. Seule limite : pour la part de base, le total (vos ressources + la réversion) ne doit pas dépasser le plafond de 25 001,60 €/an — au-delà, la réversion est réduite en conséquence. La part Agirc-Arrco, elle, se cumule sans aucune limite.