Mi-temps thérapeutique 2026 : calcul du salaire et des IJ

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman12 min de lecture
Illustration du guide Mi-temps thérapeutique 2026 : calcul du salaire et des IJ

Mi-temps thérapeutique 2026 : salaire au prorata + IJSS (50 % du SJB, plafond 42,97 €/jour). Formules détaillées, 3 exemples chiffrés et démarches pas à pas.

Après un arrêt maladie, une opération ou dans le cadre d’une affection de longue durée, reprendre le travail à temps plein peut sembler insurmontable. Le mi-temps thérapeutique — officiellement le temps partiel thérapeutique — permet de revenir progressivement, à un rythme réduit, sans perdre l’essentiel de vos revenus. Concrètement, vous touchez votre salaire au prorata des heures travaillées, versé par votre employeur, plus des indemnités journalières (IJSS) versées par la CPAM pour compenser la perte. En 2026, ces IJ valent 50 % de votre salaire journalier de base, dans la limite de 42,97 € brut par jour.

Mais le calcul n’est pas aussi simple qu’il y paraît : un mécanisme d’écrêtement limite le cumul, les IJ supportent la CSG et la CRDS, et le complément de votre employeur dépend de votre convention collective. Voici le calcul exact, étape par étape, avec trois exemples chiffrés.

Le mi-temps thérapeutique en bref

Le temps partiel thérapeutique n’est pas un nouveau contrat de travail : vous restez salarié à temps plein sur le papier, mais votre organisation est temporairement aménagée. Trois validations sont obligatoires :

  • La prescription de votre médecin traitant, qui précise la quotité de reprise envisagée (50 %, 60 %, 80 %…) et estime qu’une reprise partielle est bénéfique pour votre santé ;
  • L’accord de votre employeur, indispensable puisque c’est lui qui aménage vos horaires — formalisé de préférence par un avenant écrit ;
  • La validation du médecin-conseil de la CPAM, qui ouvre le droit au versement des indemnités journalières.

Toutes les pathologies peuvent y donner droit, troubles physiques comme psychiques — le retour progressif après un arrêt maladie pour burn-out en est un cas fréquent. Et depuis plusieurs années, un arrêt de travail préalable n’est plus obligatoire : le dispositif peut être prescrit directement si votre état de santé le justifie.

Quelles conditions pour en bénéficier ?

Il n’existe pas de liste fermée de maladies ouvrant droit au dispositif : c’est votre médecin traitant qui juge de l’intérêt médical d’une reprise à temps partiel. En pratique, on le rencontre après une hospitalisation, une chirurgie, une dépression ou un burn-out, ou dans le cadre d’une ALD (affection de longue durée).

Deux points méritent d’être connus avant de vous lancer :

  • Votre employeur peut refuser. Contrairement à une idée reçue, le mi-temps thérapeutique n’est pas un droit automatique : l’aménagement du poste et des horaires nécessite son accord. Un refus doit toutefois être motivé, et dans les faits la plupart des employeurs acceptent, l’alternative étant souvent un arrêt à temps complet plus coûteux pour tout le monde.
  • Dans la fonction publique, des règles propres au statut s’appliquent (quotités, durées de renouvellement et modalités de rémunération spécifiques). Renseignez-vous auprès de votre administration : le principe — salaire partiel + indemnités — reste le même.

Comment est calculé votre salaire en mi-temps thérapeutique ?

Votre rémunération se compose toujours de deux briques. C’est leur articulation — et surtout la règle du cumul — qui détermine ce que vous touchez réellement.

1. La part versée par votre employeur : le prorata exact

Votre employeur vous paie pour les heures réellement travaillées, au prorata de votre contrat. Si vous gagnez 2 800 € brut à temps plein et reprenez à 50 %, il vous verse 1 400 € brut. Les primes et avantages suivent en principe le même prorata, sauf disposition plus favorable de votre convention collective ou de l’avenant signé.

Si vous hésitez sur l’impact d’un passage à temps partiel sur votre paie en général, notre guide passer à 80 % : calcul du nouveau salaire détaille la mécanique du prorata, très proche de celle-ci.

2. Les indemnités journalières de la CPAM : la formule officielle

Chaque mois, votre employeur transmet à la CPAM une attestation de salaire indiquant le salaire brut perdu du fait du temps partiel. Sur cette base, la caisse calcule vos IJ avec la même formule qu’un arrêt maladie classique :

IJ journalière = 50 % × (3 derniers salaires bruts ÷ 91,25)

Le résultat est toutefois encadré par deux plafonds en 2026 :

  • Le salaire de référence est plafonné à 1,4 fois le Smic (réforme entrée en vigueur le 1er avril 2025 ; avant, le plafond était de 1,8 Smic). Concrètement, seuls 2 613,82 € mensuels au maximum sont retenus dans le calcul.
  • L’IJ ne peut donc pas dépasser 42,97 € brut par jour en 2026. Si le calcul brut donne 55 €/jour, c’est 42,97 € qui s’applique.

3. La règle d’or : le cumul ne dépasse jamais le salaire à temps plein

C’est le point que la plupart des articles survolent, et c’est pourtant lui qui fait toute la différence. La CPAM compare chaque jour ce que vous percevez à ce que vous auriez gagné à temps plein. Vos IJ sont écrêtées à votre perte de gain journalière : vous ne pouvez pas gagner plus en mi-temps thérapeutique qu’en travaillant normalement.

La perte journalière se calcule ainsi : salaire journalier de référence − salaire journalier effectivement perçu (salaire partiel ÷ 30,42). Si vos IJ théoriques dépassent cette perte, elles sont réduites à son niveau exact. Comme vous le verrez dans les exemples, ce mécanisme aboutit souvent à un maintien intégral du brut pour les salaires modestes — et c’est une bonne nouvelle.

4. Brut ou net ? N’oubliez pas la CSG et la CRDS sur les IJ

Les indemnités journalières ne sont pas un salaire : elles supportent la CSG au taux de 6,2 % et la CRDS à 0,5 %, soit 6,7 % de prélèvements. Une IJ de 42,97 € brut vaut donc environ 40,09 € net. À l’inverse, elles ne supportent pas les cotisations salariales classiques (retraite, chômage…), ce qui explique que le « net » d’une IJ soit proportionnellement plus élevé que celui d’un salaire. Pour convertir proprement vos montants, utilisez notre guide du salaire brut en net 2026.

3 exemples chiffrés : ce que vous touchez vraiment

Prenons trois situations réalistes. Les IJ mensuelles sont estimées sur 30,42 jours (mois calendaire moyen) — la CPAM ajuste ensuite au jour près via l’écrêtement décrit ci-dessus.

Situation Salaire temps plein Quotité Part employeur IJ / jour Total brut mensuel
Exemple 1 2 800 € 50 % 1 400 € 42,97 € (plafonnée) ≈ 2 707 €
Exemple 2 2 000 € 60 % 1 200 € 26,30 € (écrêtée) ≈ 2 000 €
Exemple 3 3 500 € 80 % 2 800 € 23,02 € (écrêtée) ≈ 3 500 €

Exemple 1 — 2 800 € brut à 50 %. SJB = (2 800 × 3) ÷ 91,25 = 92,05 €, soit une IJ théorique de 46,03 €/jour, ramenée au plafond de 42,97 €. La perte journalière (92,05 − 46,03 = 46,02 €) étant supérieure au plafond, aucun écrêtement supplémentaire ne s’applique. IJ mensuelles ≈ 42,97 × 30,42 = 1 307,15 € brut (environ 1 219,55 € net après CSG/CRDS). Total : 1 400 + 1 307,15 = 2 707,15 € brut, soit une perte d’environ 93 € par mois par rapport au temps plein — de l’ordre de 3 %.

Exemple 2 — 2 000 € brut à 60 %. SJB = 65,75 €, IJ théorique = 32,88 €/jour. Mais la perte journalière n’est que de 26,30 € (65,75 − 39,45) : les IJ sont donc écrêtées à 26,30 €/jour, soit 800 € par mois. Total : 1 200 + 800 = 2 000 € brut, un maintien intégral. C’est la démonstration la plus parlante de la règle du cumul : pour les salaires modestes, le dispositif compense quasiment tout.

Exemple 3 — 3 500 € brut à 80 %. SJB = 115,07 €, IJ théorique = 57,53 €/jour, plafonnée à 42,97 €. La perte journalière (23,02 €) étant inférieure au plafond, les IJ sont écrêtées à 23,02 €/jour, soit ≈ 700 € par mois. Total : 2 800 + 700 = 3 500 € brut, maintien intégral lui aussi. Moralité : plus la quotité travaillée est élevée, plus l’écrêtement joue en votre faveur.

Le complément de l’employeur et la prévoyance : un plus, pas un dû

Attention à un malentendu fréquent : contrairement à l’arrêt maladie classique, aucun maintien de salaire légal n’est imposé à l’employeur pendant un mi-temps thérapeutique au-delà du prorata des heures travaillées. Tout complément vient de votre convention collective, d’un accord d’entreprise ou de votre contrat de prévoyance — certains prévoient un maintien à 90 % voire 100 % du net, d’autres rien du tout. Vérifiez vos garanties avant de signer l’avenant : c’est souvent là que se joue la différence entre une perte de 3 % et un maintien total.

Côté pratique, deux mécanismes allègent les démarches :

  • La subrogation : si votre employeur la pratique, il vous verse directement les IJ à la place de la CPAM (et se fait rembourser ensuite). Vous recevez alors une seule paie, plus lisible.
  • La prévoyance d’entreprise peut verser un complément mensuel qui comble l’écart entre votre total (salaire + IJ) et votre salaire habituel — renseignez-vous auprès de votre assureur, les conditions varient fortement.

Vos droits pendant le mi-temps thérapeutique

Le dispositif n’est pas un statut au rabais. Pendant toute sa durée :

  • Congés payés : vous continuez d’acquérir 2,5 jours ouvrables par mois, exactement comme à temps plein. Vous pouvez les poser en accord avec votre employeur — ils ne prolongent pas la durée du temps partiel thérapeutique. Le calcul de leur indemnité suit les règles habituelles (maintien de salaire ou dixième, au plus favorable).
  • Ancienneté : la période compte pleinement pour votre ancienneté, vos droits à formation et les avantages liés à la durée de présence.
  • Pas d’heures supplémentaires imposées : l’employeur ne peut pas vous imposer d’heures supplémentaires ni d’heures complémentaires — les horaires fixés par l’avenant sont intangibles pour raison médicale. (Pour mémoire, voici comment se calculent les heures supplémentaires en temps normal.)
  • Protection sociale : chaque jour de temps partiel thérapeutique est assimilé à du temps de travail effectif pour vos droits maladie, maternité et retraite.

Les démarches, étape par étape

  1. Consultez votre médecin traitant, qui prescrit le temps partiel thérapeutique en précisant la quotité et la durée envisagées, sur le formulaire dédié (3 volets).
  2. Demandez l’accord de votre employeur, de préférence par écrit (lettre recommandée), en joignant le volet qui lui est destiné. En cas d’accord, faites formaliser l’organisation par un avenant : jours et horaires travaillés, rémunération, durée.
  3. Transmettez les volets 1 et 2 à votre CPAM sous 48 heures suivant la prescription. C’est l’erreur la plus coûteuse : tout retard décale le versement des IJ de plusieurs semaines, car la caisse ne paie qu’après réception de l’attestation de salaire.
  4. Chaque mois, votre employeur envoie l’attestation de salaire indiquant le brut perdu du fait du temps partiel — c’est elle qui déclenche le calcul et le versement de vos IJ du mois.

Durée, renouvellement et fin du dispositif

Il n’existe pas de durée légale fixe dans le secteur privé : tout dépend de la prescription médicale, de l’accord de l’employeur et de l’avis du médecin-conseil. En pratique, le dispositif est accordé pour quelques semaines ou quelques mois, renouvelable tant que votre état de santé le justifie. Deux limites à connaître :

  • Les IJ sont versées pendant 4 ans maximum en temps partiel thérapeutique pour maladie (des règles plus favorables s’appliquent en accident du travail / maladie professionnelle).
  • Le médecin-conseil peut vous convoquer pendant la période — ce rendez-vous est obligatoire — et mettre fin au dispositif s’il estime l’aménagement plus nécessaire.

Et si vous retombez en arrêt à temps complet pendant le dispositif ? Bonne nouvelle, souvent ignorée : le calcul de vos nouvelles IJ ne se base pas sur votre salaire réduit, mais sur un salaire reconstitué — celui que vous auriez perçu à temps plein. Votre employeur doit fournir une attestation mentionnant ces salaires rétablis sur la période de référence, pour éviter une double pénalisation. À la fin de l’arrêt complet, vous reprenez automatiquement le temps partiel thérapeutique initialement prescrit, sans nouvelle demande.

Questions fréquentes

Le mi-temps thérapeutique est-il un droit pour le salarié ?

Non. Il nécessite l’accord de votre employeur, car c’est lui qui réorganise votre poste et vos horaires. En pratique, les refus restent rares : un temps partiel thérapeutique coûte généralement moins cher à l’entreprise qu’un arrêt à temps complet prolongé, et il préserve vos compétences dans l’équipe.

Faut-il obligatoirement un arrêt maladie avant ?

Non. Un arrêt préalable n’est plus exigé : votre médecin traitant peut prescrire un temps partiel thérapeutique directement, dès lors que votre état de santé le justifie — y compris dans le cadre d’une ALD, d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.

Vais-je forcément perdre de l’argent ?

Pas nécessairement. Grâce à la règle du cumul, les salaires modestes et les quotités élevées aboutissent souvent à un maintien intégral du brut (voir nos exemples 2 et 3). La perte se concentre sur les salaires dépassant le plafond des IJ (42,97 €/jour en 2026) : comptez alors quelques pourcents d’écart, avant un éventuel complément de prévoyance.

Combien de temps peut durer un mi-temps thérapeutique ?

Il n’y a pas de durée maximale légale dans le privé : le dispositif est prescrit pour une durée déterminée puis renouvelable selon l’évolution de votre santé, dans la limite de 4 ans d’indemnisation. Le médecin-conseil de la CPAM valide le maintien à chaque étape.

Mon employeur peut-il m’imposer des heures supplémentaires ?

Non. Pendant un mi-temps thérapeutique, l’employeur ne peut imposer ni heures supplémentaires ni heures complémentaires : les horaires sont fixés par l’avenant au contrat, dans le respect de la prescription médicale.

Que deviennent mes congés payés et mon ancienneté ?

Ils sont intégralement maintenus : vous acquérez 2,5 jours de congés payés par mois comme à temps plein, et la période compte pour votre ancienneté, vos droits à formation et votre retraite.

Nos calculettes utiles

Le mi-temps thérapeutique est l’un des rares dispositifs où le calcul joue en faveur du salarié : entre le prorata de l’employeur, les IJSS à 50 % du salaire journalier et l’écrêtement qui évite tout dépassement, la plupart des situations aboutissent à un maintien quasi total des revenus. Le point décisif reste le délai de transmission à la CPAM — 48 heures, pas une de plus — et la vérification de votre prévoyance avant de signer l’avenant.