Vous envisagez de réduire votre temps de travail ? La bonne nouvelle, c’est que le calcul est simple : passer à 80 %, c’est multiplier votre salaire brut mensuel par 0,8. Un salaire de 2 200 € brut temps plein devient 1 760 € brut, soit environ 1 373 € net. Mais derrière cette multiplication se cachent des subtilités — heures complémentaires, congés, retraite — qui valent le détour. On vous explique tout, chiffres à l’appui.
Passer à 80 % : qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?
Est considéré à temps partiel tout salarié dont la durée de travail est inférieure à la durée légale de 35 heures par semaine. La quotité de 80 % correspond donc à :
- 28 heures par semaine (35 × 0,8),
- 121,33 heures par mois (28 × 52 ÷ 12),
- 1 285,6 heures par an (1 607 × 0,8).
C’est la quotité la plus demandée en France : elle permet de s’offrir une journée libre par semaine (souvent le mercredi) tout en conservant un revenu correct. Voici les équivalences pour les quotités les plus courantes :
| Quotité | Heures / semaine | Heures / mois |
|---|---|---|
| 50 % (mi-temps) | 17,5 h | 75,83 h |
| 60 % | 21 h | 91 h |
| 70 % | 24,5 h | 106,17 h |
| 80 % | 28 h | 121,33 h |
| 90 % | 31,5 h | 136,50 h |
Précision utile : la formule « heures hebdomadaires × 52 ÷ 12 » est celle qu’utilise votre employeur pour convertir votre contrat hebdomadaire en heures mensuelles sur la fiche de paie.
La formule de calcul : brut × 0,8, puis brut → net
Le calcul se fait en deux temps. D’abord le brut à 80 %, ensuite la conversion brut → net.
Étape 1 : votre brut à 80 %
Salaire brut à 80 % = salaire brut temps plein × 0,8
Prenons un exemple concret avec un salaire temps plein de 2 200 € brut mensuels :
- Brut à 80 % : 2 200 × 0,8 = 1 760 € brut.
Étape 2 : du brut au net
Le taux de cotisations salariales ne change pas avec la quotité : il reste d’environ 22 % pour un non-cadre (23 à 24 % pour un cadre). Vous retranchez donc le même pourcentage que pour un temps plein :
- Cotisations : 1 760 × 0,22 = 387,20 €
- Net avant impôt : 1 760 − 387,20 = 1 372,80 €, soit ≈ 1 373 €
Le prélèvement à la source (PAS) s’applique ensuite sur ce net, selon votre taux personnel. Pour un net de 1 373 €, un taux PAS de 0 % (fréquent à ce niveau de revenu) laisse le salaire inchangé ; avec 3 %, vous perdez encore ~41 €.
Exemples chiffrés à 80 % en 2026
Voici ce que donne le passage à 80 % pour différents niveaux de salaire, sur la base du SMIC 2026 (12,02 € brut de l’heure) et d’un taux de cotisations de 22 % (non-cadre) :
| Brut temps plein | Brut à 80 % | Net estimé à 80 % |
|---|---|---|
| 1 823,03 € (SMIC) | 1 458,42 € | ≈ 1 152 € |
| 2 200 € | 1 760 € | ≈ 1 373 € |
| 2 800 € | 2 240 € | ≈ 1 747 € |
| 3 500 € (cadre) | 2 800 € | ≈ 2 128 €* |
* Pour un cadre, le taux de cotisations monte à environ 24 %.
Notez que le passage à temps partiel n’ouvre pas droit à la prime d’activité automatiquement, mais il peut en revanche faire augmenter son montant si vos revenus diminuent — la CAF recalcule le droit chaque trimestre. Pensez à refaire votre déclaration trimestrielle.
Les heures complémentaires : le complément de salaire à connaître
Point que beaucoup ignorent : à temps partiel, on ne fait pas d’heures supplémentaires — on fait des heures complémentaires. Ce sont les heures effectuées au-delà de votre durée contractuelle (28 h) sans jamais atteindre 35 h.
- Plafond : 1/10 de la durée contractuelle sans accord collectif, soit 2,8 heures par semaine pour un 80 % (28 × 0,1). Un accord d’entreprise ou de branche peut monter jusqu’au tiers (9,33 h), mais le total ne doit jamais atteindre 35 h.
- Majoration : +10 % pour les heures dans la limite du 1/10 ; +25 % pour celles comprises entre le 1/10 et le 1/3 (sauf accord plus favorable).
- Droit de refus : vous pouvez refuser si l’employeur vous prévient moins de 3 jours avant, ou si les heures dépassent le plafond. Ce refus ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement.
Exemple chiffré : contrat à 80 % payé au SMIC 2026 (taux horaire : 1 458,42 ÷ 121,33 = 12,02 €). Vous effectuez 30 heures au lieu de 28 → 2 heures complémentaires :
- 2 × 12,02 × 1,10 = 26,44 € bruts de plus sur le mois.
Ces heures sont soumises aux mêmes cotisations sociales que le reste du salaire. Pour comparer avec le régime des temps plein, lisez notre guide sur le calcul des heures supplémentaires.
Quels droits sont conservés, lesquels diminuent ?
Les congés payés : aucun changement
C’est la bonne surprise : vous acquérez toujours 2,5 jours ouvrables de congés par mois, soit 30 jours ouvrables par an, exactement comme un temps plein. Seul le décompte lors de la pose peut varier selon vos jours habituellement travaillés (par exemple, poser votre journée « off » du mercredi ne consomme pas de congé).
Les RTT : souvent perdues
Les RTT sont liées au fait de travailler au-delà de 35 heures. À 28 heures, vous n’en générez plus, sauf si l’accord collectif de votre entreprise le prévoit explicitement. Vérifiez l’accord en vigueur avant de signer l’avenant.
Mutuelle, tickets-restaurant, prime d’ancienneté
- Mutuelle d’entreprise : la cotisation reste identique, quel que soit votre temps de travail.
- Tickets-restaurant : ils sont attribués par journée de présence effective. Si vous ne travaillez plus le mercredi, vous perdez les tickets de ce jour — environ 4 à 5 tickets par mois selon le mois.
- Prime d’ancienneté : elle est maintenue et calculée selon les règles de votre convention collective, sans pénalisation du temps partiel.
13e mois, intéressement, participation
- 13e mois : s’il est calculé prorata temporis, il diminue en proportion de votre quotité sur la période concernée.
- Intéressement et participation : tout dépend de l’accord d’entreprise. Si la répartition se fait en proportion du temps de présence ou des salaires, le montant perçu baisse mécaniquement.
- Prime de précarité (CDD) : les 10 % d’indemnité de fin de contrat s’appliquent au brut effectivement perçu, donc sur la base réduite à 80 %.
Retraite : trimestres validés, mais pension future en baisse
C’est le point que l’on oublie trop souvent avant de signer. Deux choses à savoir :
1. Les trimestres restent validés. Depuis la réforme de 2014, il faut percevoir l’équivalent de 150 fois le SMIC horaire par trimestre pour valider ce trimestre, soit 1 803 € brut en 2026 (150 × 12,02 €). À 80 % du SMIC, vous touchez 1 458,42 € par mois, soit 4 375 € sur un trimestre : vos 4 trimestres annuels sont validés sans problème. Seules les très faibles quotités horaires peuvent poser difficulté.
2. Le montant de la pension peut baisser. La retraite de base est calculée sur la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire. Des années à 80 % tirent cette moyenne vers le bas. Pour compenser, il existe la surcotisation : vous et votre employeur cotisez sur la base d’un temps plein, comme si vous étiez à 100 %. Attention, cette option nécessite un accord écrit de l’employeur, qui n’est pas tenu de l’accepter.
Demander son passage à 80 % : le mode d’emploi
- Faites une demande écrite (courrier ou e-mail), en précisant la quotité souhaitée (80 %) et la date d’effet envisagée.
- Sachez que l’employeur peut refuser : le passage à temps partiel n’est pas un droit, sauf dans un cas — le congé parental à temps partiel, que l’entreprise ne peut pas refuser.
- Un avenant au contrat est signé : il fixe la nouvelle durée (28 h/semaine), la répartition des horaires (par exemple 4 jours × 7 h) et les modalités de rémunération.
- Durée minimale : un contrat à temps partiel ne peut en principe pas être inférieur à 24 heures par semaine (article L.3123-7 du Code du travail) — à 28 h, vous êtes bien au-dessus du seuil.
- Retour à temps plein : les salariés à temps partiel ont une priorité pour occuper un poste à temps plein correspondant à leur qualification si l’un se libère. L’employeur doit les informer des postes disponibles.
Nos calculettes utiles
Vérifiez vos chiffres en 30 secondes :
- Calculateur de temps partiel — convertissez n’importe quelle quotité en salaire brut et net.
- Calculateur de salaire horaire — retrouvez votre taux horaire brut à partir du mensuel.
- Calculateur d’heures complémentaires — estimez le gain de vos heures au-delà de 28 h.
FAQ — Passer à 80 %
Comment calculer son salaire à 80 % ?
Multipliez votre salaire brut mensuel temps plein par 0,8, puis appliquez votre taux de cotisations (environ 22 % pour un non-cadre) pour obtenir le net. Exemple : 2 200 € brut → 1 760 € brut → ≈ 1 373 € net avant impôt.
Combien gagne-t-on net au SMIC à 80 % en 2026 ?
Avec un SMIC horaire brut de 12,02 €, 80 % représente 1 458,42 € brut mensuels, soit environ 1 152 € net avant impôt pour un salarié non-cadre.
Les congés payés diminuent-ils à 80 % ?
Non. Vous conservez vos 2,5 jours ouvrables de congés par mois, soit 30 jours par an, exactement comme un salarié à temps plein.
Peut-on faire des heures supplémentaires à temps partiel ?
Non : à temps partiel, les heures au-delà du contrat sont des heures complémentaires (plafond : 1/10 de la durée contractuelle sans accord, majorées de 10 %). Les heures supplémentaires concernent uniquement les temps plein.
Mon employeur peut-il refuser ma demande de passage à 80 % ?
Oui, il n’est pas tenu de l’accepter. La seule exception est le congé parental à temps partiel, qui constitue un droit que l’entreprise ne peut pas refuser.
Le temps partiel à 80 % affecte-t-il ma retraite ?
Les trimestres restent validés dès 1 803 € brut par trimestre en 2026. En revanche, vos années à 80 % peuvent faire baisser la moyenne des 25 meilleures années servant au calcul de la pension — sauf si vous optez pour la surcotisation.
