Chaque mois, la même question en découvrant sa fiche de paie : où part la différence entre le salaire brut et le net ? En 2026, les cotisations sociales représentent environ 22 à 25 % du salaire brut côté salarié et 40 à 45 % côté employeur. Concrètement, pour un brut de 2 500 €, vous touchez environ 1 979 € net… et votre employeur débourse 3 464 € au total. Voici les taux officiels en vigueur en 2026, le rôle central du plafond de la Sécurité sociale et un calcul ligne par ligne sur des exemples réels.
Le PMSS 2026 : le plafond qui change tout
Le plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) est la valeur de référence de nombreux calculs de cotisations. Pour 2026, il est fixé à 4 005 € par mois, soit 48 060 € par an (PASS), selon l’arrêté du 22 décembre 2025 publié au Journal officiel. C’est une hausse de 1,6 % par rapport au PMSS 2025 (3 864 €).
Plusieurs cotisations ne s’appliquent qu’en dessous de ce plafond (vieillesse plafonnée, tranche 1 de l’Agirc-Arrco), d’autres au-delà (tranche 2 cadres, de 1 à 8 PMSS). Retenez ce chiffre de 4 005 € : il conditionne presque toutes les lignes de votre bulletin de paie.
Temps partiel : le PMSS est proratisé selon votre durée de travail. À 28 h hebdomadaires : 4 005 × 28 ÷ 35 = 3 204 €. À 17,5 h : 4 005 × 0,5 = 2 002,50 €. Si vous êtes à temps partiel, notre calculateur de temps partiel vous aide à estimer votre salaire proratisé avant même de calculer les cotisations.
Entrées et sorties : si vous rejoignez ou quittez une entreprise en cours de mois, le plafond est lui aussi réduit au prorata des jours travaillés — d’où des cotisations légèrement différentes sur le mois concerné. Enfin, la régularisation progressive des plafonds explique que certaines lignes (notamment la vieillesse plafonnée) puissent varier d’un mois à l’autre lorsqu’une prime gonfle votre brut : le plafond s’apprécie sur l’année écoulée et se régularise mois après mois.
Taux des cotisations sociales 2026 : le tableau complet
Voici les taux en vigueur au 1er janvier 2026, issus des circulaires URSSAF et de l’accord national interprofessionnel Agirc-Arrco du 5 octobre 2023.
| Cotisation | Assiette | Part salarié | Part employeur |
|---|---|---|---|
| Maladie-maternité | Totalité | — | 13 % (≤ PMSS) puis 7 % |
| Allocations familiales | Totalité | — | 3,45 % ou 5,25 % |
| Vieillesse plafonnée | ≤ 4 005 € | 6,90 % | 8,55 % |
| Vieillesse déplafonnée | Totalité | 0,40 % | 1,90 % |
| Agirc-Arrco T1 | ≤ 4 005 € | 3,15 % | 4,72 % |
| Agirc-Arrco T2 (cadres) | 4 005 € à 32 040 € | 8,64 % | 12,95 % |
| CEG T1 | ≤ 4 005 € | 0,86 % | 1,29 % |
| CEG T2 (cadres) | 4 005 € à 32 040 € | 1,08 % | 1,62 % |
| APEC (cadres) | jusqu’à 4 PMSS | 0,024 % | 0,036 % |
| CSG déductible | 98,25 % du brut | 6,80 % | — |
| CSG non déductible | 98,25 % du brut | 2,40 % | — |
| CRDS | 98,25 % du brut | 0,50 % | — |
| Chômage | Totalité | — | 4,00 % |
| AGS | Totalité | — | 0,15 % |
| AT/MP | Totalité | — | ≈ 0,70 % (selon secteur) |
| FNAL | Totalité | — | 0,10 % (< 50 sal.) ou 0,50 % |
| CSA | Totalité | — | 0,30 % |
| Alsace-Moselle (maladie) | Totalité | + 1,30 % | — |
Notez deux particularités : le taux maladie patronal change au-delà du PMSS (13 % puis 7 %), et le régime local Alsace-Moselle ajoute 1,30 % à la part salariale maladie — en contrepartie d’un meilleur remboursement des soins.
CSG et CRDS : pourquoi 98,25 % du brut ?
La CSG et la CRDS ne portent pas sur le salaire brut total : l’assiette est abattue de 1,75 % pour frais professionnels, soit 98,25 % du brut (plafonnée à 4 PMSS). Sur 2 500 € brut, l’assiette vaut donc 2 500 × 98,25 % = 2 456,25 €, et :
- CSG déductible : 2 456,25 × 6,80 % = 167,03 € — cette partie réduit votre revenu imposable ;
- CSG non déductible : 2 456,25 × 2,40 % = 58,95 € — sans effet sur l’impôt ;
- CRDS : 2 456,25 × 0,50 % = 12,28 €.
Total CSG-CRDS : 238,26 € par mois sur 2 500 € brut. La partie déductible explique pourquoi votre « net fiscal » (la base du prélèvement à la source) est supérieur à votre net : il réintègre la CSG non déductible et la CRDS. Nous y revenons plus bas.
Agirc-Arrco : les tranches 1 et 2 expliquées
La retraite complémentaire obligatoire se calcule en deux tranches :
- Tranche 1 : la part du salaire de 0 à 1 PMSS (4 005 €) — taux total appelé 7,87 % (3,15 % salarié + 4,72 % employeur), plus la CEG (0,86 % + 1,29 %) ;
- Tranche 2 (cadres uniquement) : la part du salaire entre 1 et 8 PMSS (4 005 € à 32 040 € par mois) — taux total appelé 21,59 % (8,64 % salarié + 12,95 % employeur), plus la CEG T2.
Un salarié à 3 000 € brut ne cotise qu’en tranche 1. Un cadre à 5 000 € brut cotise en tranche 1 sur 4 005 € et en tranche 2 sur les 995 € restants : 995 × 8,64 % = 85,97 € côté salarié. Au-delà de 8 PMSS, plus aucune cotisation Agirc-Arrco n’est due — mais à ce niveau de rémunération, le problème est plutôt agréable à avoir.
Exemple de calcul complet : 2 500 € brut, non-cadre
Prenons un salarié non-cadre à 2 500 € brut mensuel et calculons chaque ligne, côté salarié d’abord.
| Ligne de cotisation | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Vieillesse plafonnée | 2 500 × 6,90 % | 172,50 € |
| Vieillesse déplafonnée | 2 500 × 0,40 % | 10,00 € |
| Agirc-Arrco T1 | 2 500 × 3,15 % | 78,75 € |
| CEG T1 | 2 500 × 0,86 % | 21,50 € |
| CSG déductible | 2 456,25 × 6,80 % | 167,03 € |
| CSG non déductible | 2 456,25 × 2,40 % | 58,95 € |
| CRDS | 2 456,25 × 0,50 % | 12,28 € |
| Total salarié | 521,01 € |
Salaire net avant impôt : 2 500 − 521,01 = 1 979 €, soit 79,2 % du brut. Côté employeur, les cotisations totalisent environ 964 € (maladie 325 €, allocations familiales 86,25 €, vieillesse 261,25 €, Agirc-Arrco + CEG 150,25 €, chômage + AGS 103,75 €, AT/MP + FNAL + CSA 37,50 €) : le coût total employeur atteint 3 464 €. Pour 1 979 € versés au salarié, l’entreprise dépense donc 1,75 fois ce montant. Pour vérifier votre propre situation, le calculateur brut → net applique ces taux à votre salaire exact.
Net social et net fiscal : la différence à connaître
Depuis le 1er janvier 2024, votre bulletin de paie affiche obligatoirement le montant net social : le salaire brut diminué de l’ensemble des cotisations et contributions sociales obligatoires (CSG déductible comprise, prélèvement à la source exclu). Sur notre exemple : net social = 1 979 €. C’est cette valeur qui sert de référence pour vos droits aux aides sociales (RSA, prime d’activité).
Le net fiscal, lui, sert de base au prélèvement à la source : c’est le net social augmenté de la CSG non déductible et de la CRDS. Sur notre exemple : 1 979 + 58,95 + 12,28 = 2 050 €. Si vous vous demandiez pourquoi le montant prélevé par les impôts semblait calculé sur une base plus élevée que votre net… vous avez la réponse.
La réduction Fillon : jusqu’à 31,94 % au SMIC
La réduction générale de cotisations patronales (dite réduction Fillon) allège les charges des employeurs sur les bas salaires. Elle s’applique aux rémunérations inférieures à 1,6 fois le SMIC — soit environ 2 987 €/mois avec le SMIC de 1 867,02 € en vigueur depuis le 1er juin 2026.
Le taux maximal atteint 31,94 % au niveau du SMIC et diminue progressivement jusqu’à zéro à 1,6 SMIC. Concrètement, pour un salarié payé 1 867,02 € brut, la réduction mensuelle vaut 0,3194 × 1 867,02 = 596,33 €. Le coût employeur tombe ainsi d’environ 2 579 € à moins de 1 983 €. Tous les employeurs du secteur privé y ont droit, à l’exception des particuliers employeurs notamment.
Cadre ou non-cadre : ce qui change vraiment
Au-delà du PMSS, les différences de cotisations entre cadres et non-cadres se concentrent sur trois lignes :
- Agirc-Arrco T2 : 8,64 % salarié + 12,95 % employeur sur la part du salaire entre 4 005 € et 32 040 € — la plus lourde des différences ;
- APEC : 0,024 % salarié + 0,036 % employeur, sur la tranche A et B (jusqu’à 4 PMSS), soit quelques euros par mois ;
- Prévoyance : les conventions collectives prévoient souvent une cotisation supplémentaire pour les cadres (généralement à la charge de l’employeur sur la tranche 1) — vérifiez votre convention, car elle varie fortement d’un secteur à l’autre.
Sur 5 000 € brut, un cadre supporte environ 1 031 € de cotisations salariales (net ≈ 3 969 €), contre environ 1 020 € pour un non-cadre au même salaire. L’écart salarié reste modeste ; l’écart patronal, lui, est plus marqué : près de 1 960 € de charges, pour un coût employeur total d’environ 6 960 €.
Comment vérifier vos cotisations sur votre fiche de paie
Quatre vérifications simples suffisent à détecter la plupart des erreurs :
- Le PMSS appliqué : en 2026, il doit être de 4 005 € (ou son prorata si vous êtes à temps partiel ou entré en cours de mois) ;
- L’assiette CSG-CRDS : vérifiez qu’elle correspond à 98,25 % de votre brut, pas 100 % ;
- Les taux de base : vieillesse plafonnée 6,90 % salarié, Agirc-Arrco T1 3,15 % salarié — ce sont les lignes où les erreurs de paramétrage logiciel sont les plus fréquentes ;
- Le net social : présent sur le bulletin depuis 2024, il doit correspondre à votre brut moins toutes les lignes salariales.
Si un chiffre vous semble incohérent, notre guide de vérification de la fiche de paie détaille la méthode ligne par ligne. Et pour comprendre d’où vient votre brut lui-même, notre guide du taux horaire explique le calcul à partir de vos heures travaillées.
Nos calculettes utiles
- Calculateur brut → net : estimez votre salaire net avec les taux 2026
- Calculateur temps partiel : prorata du salaire et du PMSS selon vos heures
- 151,67 heures par mois : d’où vient le chiffre qui détermine votre brut
Questions fréquentes
Quel est le PMSS en 2026 ?
Le plafond mensuel de la Sécurité sociale est fixé à 4 005 €/mois en 2026 (48 060 €/an), soit +1,6 % par rapport à 2025. Il sert de référence aux cotisations vieillesse plafonnée, à la tranche 1 de l’Agirc-Arrco et au taux maladie patronal.
Quelle part de mon brut part en cotisations salariales ?
Entre 22 et 25 % du brut en 2026 selon votre niveau de salaire : environ 20,8 % au SMIC (net ≈ 1 478 € pour 1 867,02 € brut) et autour de 26 % pour un cadre au-delà du PMSS. Le net représente donc 73 à 79 % du brut avant impôt.
Quelle est la différence entre le net social et le net fiscal ?
Le net social (obligatoire sur le bulletin depuis 2024) est le brut moins toutes les cotisations salariales ; c’est la référence pour les aides sociales. Le net fiscal réintègre la CSG non déductible et la CRDS, et sert de base au prélèvement à la source. Sur 2 500 € brut : net social 1 979 €, net fiscal 2 050 €.
À quoi servent concrètement les cotisations sociales ?
La maladie finance les remboursements de soins, la vieillesse votre retraite de base, l’Agirc-Arrco votre retraite complémentaire, le chômage l’assurance chômage, et la CSG-CRDS la protection sociale et le remboursement de la dette sociale. Ce ne sont pas des impôts perdus : elles ouvrent vos droits sociaux.
Pourquoi mes cotisations varient-elles d’un mois à l’autre ?
Trois raisons principales : les primes incluses dans le brut mensuel, la régularisation progressive du plafond (le PMSS s’apprécie sur l’année écoulée), et un changement de tranche Agirc-Arrco lorsque votre brut dépasse 4 005 € un mois donné.
Les cotisations sont-elles identiques pour un cadre et un non-cadre ?
Pas tout à fait : au-delà du PMSS, les cadres cotisent en tranche 2 Agirc-Arrco (8,64 % salarié), versent la cotisation APEC (0,024 %) et relèvent souvent d’une prévoyance spécifique à leur convention collective. En dessous du PMSS, les taux sont identiques.
