Congé paternité 2026 : durée, indemnisation et calcul

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman13 min de lecture
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Congé paternité 2026 : durée de 25 jours, IJSS jusqu’à 104,02 € par jour. Calcul détaillé, exemples chiffrés et démarches pas à pas.

Vous attendez un enfant et vous voulez savoir combien de jours poser et combien vous toucherez ? Trois nombres résument le congé paternité : 25 jours calendaires pour une naissance simple, 4 jours obligatoires après la naissance, et une IJSS plafonnée à 104,02 € brut par jour en 2026. Voici le calcul concret, avec des exemples sur salaires réels, les démarches dans l’ordre et les pièges à éviter.

Le congé paternité en 30 secondes

Le congé paternité et d’accueil de l’enfant (article L1225-35) dure 25 jours depuis la réforme du 1er juillet 2021 (contre 11 avant). Il s’ajoute au congé de naissance de 3 jours payé par l’employeur :

  • 3 jours ouvrables de congé de naissance, payés à 100 % par votre employeur ;
  • 4 jours calendaires obligatoires de congé paternité, indemnisés par la Sécurité sociale ;
  • 21 jours calendaires restants, à poser quand vous voulez dans les 6 mois suivant la naissance.

Soit au moins 7 jours continus autour de la naissance, et jusqu’à 28 jours au total. Pour des jumeaux, le congé passe à 32 jours (35 avec le congé de naissance).

Qui peut bénéficier du congé paternité ?

Contrairement à une idée reçue, ce congé ne concerne pas que le père biologique. Peuvent en bénéficier, pour une même naissance :

  • le père de l’enfant ;
  • le conjoint ou la conjointe de la mère ;
  • le partenaire de PACS de la mère ;
  • la personne vivant en concubinage avec la mère.

Aucune condition d’ancienneté n’est exigée : le droit est ouvert en CDI, CDD, intérim et apprentissage, ainsi qu’aux indépendants, auto-entrepreneurs et demandeurs d’emploi remplissant les conditions d’affiliation. En cas de séparation, le droit reste ouvert dès que la filiation ou le lien avec la mère est établi.

Durée exacte : jours calendaires, pas jours ouvrables

Le congé se compte en jours calendaires : week-ends et jours fériés inclus. 25 jours calendaires font environ trois semaines et demie d’absence. Si vous posez vos 21 jours à partir d’un lundi, ils incluent les week-ends : votre retour arrive plus vite que prévu.

Les 4 jours obligatoires

Les 4 premiers jours sont obligatoires et consécutifs. Ils commencent immédiatement après le congé de naissance. Pendant cette période, votre employeur a l’interdiction de vous faire travailler (article L1225-35-1) — même si vous le proposez vous-même. Seule exception : si vous ne remplissez pas les conditions pour toucher les indemnités journalières, l’obligation tombe, car elle est liée à l’indemnisation.

Les 21 jours à poser librement

Le solde (21 jours, ou 28 en cas de naissances multiples) doit être pris dans les 6 mois suivant la naissance. Vous pouvez le prendre en une fois, juste après les 4 jours obligatoires, ou le fractionner en 2 périodes maximum, de 5 jours minimum chacune. Exemple concret : naissance le 10 mars 2026. Vous posez le congé de naissance du 10 au 12 mars, les 4 jours obligatoires du 13 au 16 mars, puis 12 jours en avril et 9 jours en juin. Les deux blocs dépassent 5 jours et restent dans le délai de 6 mois : c’est conforme.

Si l’enfant est hospitalisé ou en cas de décès de la mère, le délai de 6 mois court à partir de la fin de l’événement : faites acter la nouvelle date par votre CPAM.

Congé de naissance et congé paternité : ne les confondez pas

Critère Congé de naissance Congé paternité
Durée 3 jours ouvrables 25 jours calendaires (32 si naissances multiples)
Qui paie ? L’employeur, à 100 % du salaire La Sécurité sociale (IJSS), sauf maintien conventionnel
Point de départ Jour de la naissance ou 1er jour ouvrable suivant Juste après le congé de naissance (4 jours obligatoires)
Fractionnable ? Non Oui, pour les 21 jours restants (2 × 5 jours min.)
Délai de prise Immédiat 6 mois suivant la naissance

Les 3 premiers jours ne changent rien à votre paie ; les jours de congé paternité, eux, sont indemnisés selon la formule ci-dessous, parfois en dessous de votre salaire habituel.

Indemnisation : le calcul des IJSS, pas à pas

Pendant le congé, votre contrat est suspendu et la CPAM vous verse des indemnités journalières (IJSS), en principe tous les 14 jours. L’employeur ne verse rien, sauf maintien prévu par votre convention collective.

La formule

Le salaire journalier de base se calcule ainsi :

Salaire journalier = (total des salaires bruts des 3 derniers mois) ÷ 91,25

Chaque salaire mensuel est pris en compte dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026). On applique ensuite un abattement forfaitaire de 21 % (cotisations et CSG-CRDS). En 2026, l’IJSS est donc :

  • plafonnée à 104,02 € brut par jour ;
  • avec un minimum de 11,12 € par jour si vous remplissez les conditions d’ouverture de droits.

Trois exemples chiffrés

Exemple 1 — salaire de 1 800 € brut par mois (proche du SMIC). Total sur 3 mois : 5 400 €. Salaire journalier : 5 400 ÷ 91,25 = 59,18 €, moins 21 % = 46,75 € par jour. Pour 25 jours de congé : environ 1 169 € brut d’IJSS. Rapporté à votre salaire net habituel, la perte reste limitée, de l’ordre de quelques dizaines d’euros sur le mois.

Exemple 2 — salaire de 2 500 € brut par mois. Total sur 3 mois : 7 500 €. Salaire journalier : 7 500 ÷ 91,25 = 82,19 €, moins 21 % = 64,93 € par jour. Pour 25 jours : environ 1 623 € brut.

Exemple 3 — salaire de 4 500 € brut par mois. Vos salaires dépassent le plafond : on retient 4 005 € par mois, soit 12 015 € sur 3 mois. Salaire journalier : 12 015 ÷ 91,25 = 131,67 €, mais l’IJSS est plafonnée à 104,02 € par jour. Pour 25 jours : 2 600,50 € brut maximum. C’est dans cette configuration que le complément conventionnel change tout : sans lui, la perte peut dépasser 1 000 € nets.

Vous pouvez vérifier votre propre estimation avec notre calculateur d’écart entre deux dates pour positionner vos périodes, et notre calculateur d’heures supplémentaires si votre rémunération comporte une part variable d’heures majorées.

Les conditions pour toucher les IJSS

  • être immatriculé à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois à la date de début du congé ;
  • avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédents, ou avoir cotisé sur un salaire d’au moins 12 058,20 € au cours des 6 mois précédents (seuils 2026, hors situations particulières) ;
  • cesser toute activité salariée pendant le congé : la moindre reprise, même une demi-journée, peut suspendre le versement ;
  • prendre le congé dans le délai de 6 mois suivant la naissance.

Maintien de salaire et subrogation : le vrai sujet sur votre fiche de paie

La loi n’impose aucun complément employeur. Tout dépend de votre convention collective. Certaines branches maintiennent 100 % du salaire de base en complétant les IJSS : dans Syntec-Cinov, un avenant applicable depuis le 1er mai 2026 donne accès au complément dès 1 an d’ancienneté (contre 2 ans auparavant).

Deux mécanismes existent :

  • Sans subrogation : la CPAM vous verse les IJSS directement, et votre employeur déduit les jours d’absence de votre bulletin. Vous voyez une ligne d’absence et, le cas échéant, une ligne de complément.
  • Avec subrogation : votre employeur continue de vous payer et se fait rembourser les IJSS par la CPAM. Votre salaire net reste stable, mais vérifiez le bulletin du mois suivant : les régularisations d’IJSS arrivent souvent avec un décalage d’un mois.

Le cumul IJSS + complément ne peut pas dépasser votre salaire net journalier. Si vous atteignez l’ancienneté requise en cours de congé, le complément est dû pour les jours restants : posez la question par écrit avant votre départ.

Les démarches, dans le bon ordre

1. Prévenir votre employeur

Informez votre employeur, par tout moyen (l’écrit avec accusé reste le plus sûr) :

  • de la date prévue d’accouchement, au moins 1 mois avant cette date ;
  • des dates de début et de fin de chaque période de congé, au moins 1 mois avant le début de chaque période, y compris en cas de fractionnement.

Si la naissance est prématurée et que vous voulez avancer vos dates, prévenez sans délai : l’employeur ne peut pas vous opposer le délai d’1 mois dans ce cas. À l’inverse, si vous manquez les délais de prévenance, vous conservez le congé de naissance et les 4 jours obligatoires, mais l’employeur peut contester les dates de la partie fractionnable.

2. Déclarer à la CPAM

Transmettez à votre caisse, dès la naissance :

  • la copie intégrale de l’acte de naissance ou la copie du livret de famille mis à jour ;
  • si vous n’êtes pas le père mais le conjoint, partenaire ou concubin de la mère : un justificatif du lien (acte de mariage, PACS, certificat de vie commune ou attestation sur l’honneur de vie maritale cosignée).

Gardez une trace datée de l’envoi : un dossier incomplet est la première cause de retard de paiement.

Ce que le congé change (et ne change pas) à votre contrat

  • Contrat suspendu, mais vous restez dans les effectifs de l’entreprise.
  • Protection contre le licenciement pendant les 10 semaines suivant la naissance, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la naissance.
  • Congés payés : vous continuez d’en acquérir pendant le congé paternité.
  • Ancienneté : la période est assimilée à du travail effectif pour les droits liés à l’ancienneté, notamment l’indemnité de licenciement.
  • Intéressement et participation : le congé paternité fait partie des absences assimilées à de la présence pour la répartition.

À temps partiel (80 % par exemple), vos IJSS sont calculées sur vos salaires réels. Notre calculateur de temps partiel vous aide à estimer votre salaire de référence.

Cas particuliers à connaître avant de poser vos dates

Naissance prématurée

Si l’enfant naît plus de 6 semaines avant la date prévue et que son hospitalisation est immédiate, le congé peut être prolongé pendant l’hospitalisation, dans des conditions spécifiques. Signalez la situation à la CPAM dès la naissance : c’est elle qui acte la prolongation, pas votre employeur.

Hospitalisation de l’enfant

En cas d’hospitalisation de l’enfant juste après la naissance, le délai de 6 mois pour poser les 21 jours ne court qu’à partir de la fin de l’hospitalisation. Vous ne perdez donc pas vos jours pendant que votre enfant est hospitalisé.

Fin de CDD pendant le congé

Le congé paternité ne prolonge pas un CDD : si le contrat se termine pendant le congé, les IJSS peuvent continuer si vos droits sont ouverts, mais le lien avec l’employeur s’arrête à la date prévue.

Temps partiel et activité discontinue

Pour les activités saisonnières ou discontinues, le calcul peut se faire sur 12 mois. Si vos 3 derniers mois sont atypiquement bas, demandez à la CPAM quelle période sera retenue.

Nouveau en 2026 : le congé supplémentaire de naissance

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 crée un congé supplémentaire de naissance de 1 à 2 mois, accessible à chaque parent à compter du 1er juillet 2026 pour les naissances à partir du 1er janvier 2026. Il se prend après le congé paternité (et après le congé maternité pour la mère) et est indemnisé par la Sécurité sociale à hauteur d’environ 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second, selon les modalités prévues par les textes d’application.

En pratique, vous pourrez enchaîner congé de naissance, congé paternité, puis congé supplémentaire. Parlez-en dès maintenant à votre employeur pour éviter tout malentendu sur la date de retour.

Les 5 erreurs qui coûtent des jours ou de l’argent

  1. Confondre jours calendaires et ouvrables : vos 21 jours incluent les week-ends. Vérifiez votre date de retour avec notre additionneur de durées.
  2. Fractionner en dessous de 5 jours : un bloc de 3 jours n’est pas valable. Deux blocs maximum, 5 jours minimum chacun.
  3. Dépasser le délai de 6 mois : passé ce délai, les jours non pris sont perdus, sans report possible hors hospitalisation ou décès de la mère.
  4. Prévenir trop tard pour la partie fractionnable : le préavis d’1 mois protège vos dates. Sans lui, l’employeur peut discuter le calendrier.
  5. Travailler « juste un peu » pendant le congé : toute activité salariée pendant le congé peut suspendre les IJSS. Le dépannage informel n’existe pas pour la CPAM.

Nos calculettes utiles

Questions fréquentes

Quelle est la durée du congé paternité en 2026 ?

25 jours calendaires (32 si naissances multiples), plus 3 jours de congé de naissance payés par l’employeur, soit 28 jours au total. Les 4 premiers jours sont obligatoires ; le reste se prend dans les 6 mois.

Le congé paternité est-il fractionnable ?

Oui, pour la partie qui suit les 4 jours obligatoires : 21 jours (ou 28) fractionnables en 2 périodes maximum, de 5 jours minimum chacune, à prendre dans les 6 mois suivant la naissance. Prévenez votre employeur au moins 1 mois avant chaque période pour sécuriser vos dates.

Combien vais-je toucher pendant mon congé paternité ?

Des IJSS calculées sur vos 3 derniers salaires bruts (÷ 91,25, moins 21 %), plafonnées à 104,02 € par jour en 2026 (minimum 11,12 €). Exemple : 2 500 € brut donnent environ 64,93 € par jour, soit près de 1 623 € pour 25 jours, hors complément employeur éventuel.

Un salarié en CDD ou sans ancienneté a-t-il droit au congé paternité ?

Oui. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée, et le droit est ouvert en CDI, CDD, intérim ou apprentissage. Il faut en revanche remplir les conditions d’affiliation pour les IJSS (6 mois d’immatriculation, 150 heures travaillées sur 3 mois ou équivalent en cotisations) et cesser toute activité pendant le congé.

L’employeur peut-il refuser mon congé paternité ?

Non, il ne peut pas refuser le congé lui-même. Les 4 jours obligatoires sont même assortis d’une interdiction d’emploi. En revanche, si vous ne respectez pas le préavis d’1 mois pour la partie fractionnable, l’employeur peut contester les dates choisies. Un écrit daté, envoyé dans les délais, vous met à l’abri de toute discussion.

Quelle différence avec le nouveau congé supplémentaire de naissance ?

Le congé paternité (25 jours, depuis 2021) se prend juste après la naissance. Le congé supplémentaire de naissance (à partir du 1er juillet 2026) ajoute 1 à 2 mois par parent, après le congé paternité ou maternité, à environ 70 % puis 60 % du salaire net. Les deux se cumulent.

Vous avez vos dates et votre estimation ? Envoyez votre courrier dans les délais, puis déclarez la naissance à la CPAM. Le reste suivra.