Intérim 2026 : calcul de l’indemnité de fin de mission (IFM)

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman11 min de lecture
Illustration du guide Intérim 2026 : calcul de l’indemnité de fin de mission (IFM)

Fin de mission intérim 2026 : l’IFM vaut 10 % de votre brut total, les congés payés 10 % (brut + IFM). Formule, 4 exemples chiffrés et exclusions en 2026.

Votre mission d’intérim se termine et, sur votre dernier bulletin de paie, deux lignes un peu mystérieuses apparaissent : « indemnité de fin de mission » et « indemnité compensatrice de congés payés ». Bonne nouvelle : ce n’est pas une erreur. À la fin de chaque mission menée à terme, votre agence d’intérim vous doit 10 % de votre rémunération brute totale au titre de la fin de mission (IFM), puis 10 % calculés sur le brut augmenté de cette IFM pour les congés payés. Résultat : environ 21 % de plus que votre salaire de base, versés avec votre dernier salaire de la mission. Voici comment les calculer vous-même, vérifier votre bulletin et repérer les cas où l’IFM ne vous est pas due.

Qu’est-ce que l’indemnité de fin de mission (IFM) ?

L’indemnité de fin de mission, souvent appelée IFM ou « prime de précarité » de l’intérim, est prévue par l’article L.1251-32 du Code du travail. Elle compense le fait que votre emploi s’arrête à la fin de la mission : contrairement à un CDI, vous ne bénéficiez pas de la stabilité de l’emploi, et la loi impose à l’entreprise de travail temporaire (ETT, votre agence) de verser cette compensation.

Quelques points essentiels à connaître :

  • L’IFM est due à l’issue de chaque mission effectivement accomplie, c’est-à-dire menée jusqu’à son terme (initial ou renouvelé).
  • Elle est versée par votre agence d’intérim, pas par l’entreprise utilisatrice où vous avez travaillé.
  • Elle figure sur le bulletin de paie du mois où la mission se termine, en même temps que votre dernier salaire de la mission.
  • Son montant est égal à 10 % de la rémunération brute totale que vous avez perçue pendant toute la durée de la mission.

Attention : si votre mission est renouvelée, l’ensemble (mission initiale + renouvellements) compte comme une seule mission. L’IFM se calcule donc sur le total des salaires de toute la période, et elle n’est versée qu’à la fin du dernier renouvellement.

Comment calculer l’IFM : la formule

La formule est simple :

IFM = 10 % × rémunération brute totale perçue pendant la mission

Tout le calcul repose sur une question : que met-on dans « rémunération brute totale » ?

Ce qui entre dans la base de calcul

Entre dans la base tout élément de rémunération soumis à cotisations sociales et versé pendant la mission :

  • le salaire de base (taux horaire × heures travaillées) ;
  • les heures supplémentaires et leurs majorations (25 %, 50 %) ;
  • les primes versées pendant la mission : prime de 13e mois au prorata, prime de rendement, prime d’outillage ou de salissure, prime d’ancienneté si la convention de l’entreprise utilisatrice la prévoit ;
  • les indemnités soumises à cotisations (dans le BTP, par exemple, les indemnités de panier et de trajet entrent dans la base lorsqu’elles sont traitées comme du salaire) ;
  • les majorations pour travail de nuit ou travail le dimanche si vous en avez effectué.

Ce qui est exclu de la base

En revanche, n’entrent pas dans la base de l’IFM :

  • les remboursements de frais professionnels (frais de déplacement remboursés au réel) ;
  • la part patronale des tickets-restaurant et les avantages exonérés de cotisations ;
  • l’intéressement et la participation éventuellement versés ;
  • et surtout : l’indemnité compensatrice de congés payés elle-même — c’est elle qui se calcule sur l’IFM, pas l’inverse.

En pratique, sur un bulletin de paie d’intérimaire classique, la base de l’IFM correspond au total brut des lignes de salaire (hors remboursements de frais).

La « double détente » : les congés payés se calculent sur l’IFM

Voici la subtilité qui fait toute la différence avec un CDD : en intérim, l’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) vaut 10 % de la rémunération brute augmentée de l’IFM. Les congés payés se calculent donc sur un montant qui inclut déjà l’indemnité de fin de mission :

ICCP = 10 % × (rémunération brute totale + IFM)

Ce qui donne, pour un salaire brut total B :

  • IFM = B × 10 %
  • ICCP = (B + B × 10 %) × 10 % = B × 11 %
  • Total fin de mission = B × 21 % (exactement 1,10 × 1,10 = 1,21)

Autrement dit, un intérimaire qui termine sa mission touche 21 % de plus que son seul salaire de base. C’est ce qu’on appelle la « double détente », et c’est l’avantage propre à l’intérim.

4 exemples chiffrés de calcul d’IFM

Exemple 1 : mission d’un mois comme manœuvre

Taux horaire brut : 12,50 €. Durée : 151,67 heures sur le mois (35 h hebdomadaires).

  • Salaire brut total : 12,50 € × 151,67 h = 1 895,83 €
  • IFM : 1 895,83 € × 10 % = 189,58 €
  • ICCP : (1 895,83 € + 189,58 €) × 10 % = 208,54 €
  • Total versé en fin de mission : 398,12 € en plus du salaire

Exemple 2 : mission de 3 mois avec heures supplémentaires et prime

Salaire de base : 2 000 €/mois. Heures supplémentaires : 150 €/mois. Prime de rendement : 200 € sur la mission.

  • Rémunération brute totale : (2 000 € + 150 €) × 3 + 200 € = 6 650 €
  • IFM : 6 650 € × 10 % = 665 €
  • ICCP : (6 650 € + 665 €) × 10 % = 731,50 €
  • Total fin de mission : 8 046,50 € brut (6 650 € + 665 € + 731,50 €)

Exemple 3 : mission courte de 2 semaines

Taux horaire brut : 13,20 €. Heures effectuées : 70 h.

  • Salaire brut total : 13,20 € × 70 h = 924 €
  • IFM : 924 € × 10 % = 92,40 €
  • ICCP : (924 € + 92,40 €) × 10 % = 101,64 €
  • Total : 1 118,04 € brut pour deux semaines de travail

Exemple 4 : combien ça fait en net ?

L’IFM et l’ICCP sont soumises aux cotisations sociales comme du salaire classique. Comptez environ 78 % du brut en net (taux de charges salariales moyen). Pour une rémunération brute totale de 3 000 € :

  • IFM : 300 € brut → environ 234 € net
  • ICCP : 330 € brut → environ 257 € net
  • Total : environ 491 € net versés en plus du dernier salaire

Pour affiner ce calcul avec votre propre taux de charges, reportez-vous à notre guide salaire brut en net 2026.

Quand l’IFM n’est pas versée : les cas d’exclusion

L’indemnité de fin de mission n’est pas automatique. La loi prévoit des situations où l’agence n’a pas à la verser :

  • Faute grave de votre part pendant la mission ;
  • force majeure (événement imprévisible et irrésistible) ;
  • rupture anticipée à votre initiative : si vous quittez la mission avant son terme de votre propre chef, vous perdez l’IFM ;
  • embauche en CDI par l’entreprise utilisatrice à l’issue de la mission : la mission se transforme en emploi stable, la compensation n’a plus lieu d’être ;
  • refus d’un CDI proposé pour le même emploi à la fin de la mission : depuis la réforme du marché du travail, refuser le CDI que l’entreprise utilisatrice vous propose pour le poste que vous occupiez fait perdre l’IFM — et peut aussi vous priver d’indemnisation chômage ;
  • CDI intérimaire (CDI-I) : si vous êtes en CDI avec l’agence, il n’y a pas de fin de mission au sens légal, donc pas d’IFM (l’agence vous garantit en contrepartie une rémunération minimale entre deux missions) ;
  • rupture pendant la période d’essai à votre initiative, qui s’analyse comme une rupture anticipée.

En revanche, une mission qui arrive simplement à son terme prévu — même très courte — ouvre toujours droit à l’IFM. Une mission d’une semaine y donne droit exactement comme une mission de six mois.

IFM et fiche de paie : comment vérifier votre bulletin

Sur le bulletin de paie de fin de mission, vous devez trouver deux lignes distinctes :

  • « Indemnité de fin de mission » (ou IFM) ;
  • « Indemnité compensatrice de congés payés » (ou ICCP).

Pour vérifier, additionnez les lignes de salaire brut du bulletin (hors remboursements de frais) : l’IFM doit valoir 10 % de ce total, et l’ICCP 10 % du total augmenté de l’IFM. Si les montants ne correspondent pas, commencez par demander des explications à votre agence — une erreur de paramétrage de paie arrive plus souvent qu’on ne l’imagine.

Le versement intervient avec le dernier salaire de la mission, à la date de paie habituelle de l’agence (souvent le mois suivant la fin de mission). Si l’IFM n’apparaît pas, réclamez-la par écrit à l’agence, puis, en cas de refus, tournez-vous vers l’inspection du travail ou les prud’hommes : l’action en paiement des salaires se prescrit par 3 ans. Notre guide pour lire sa fiche de paie ligne par ligne vous aidera à repérer les anomalies.

IFM, cotisations sociales et impôt : ce qu’il faut savoir

L’IFM n’est pas un « bonus » exonéré : elle est soumise aux cotisations sociales (salariales et patronales) et à l’impôt sur le revenu, exactement comme du salaire. Elle apparaît donc dans votre net imposable et sur votre déclaration de revenus.

Il y a un point positif souvent ignoré : l’IFM (comme l’ICCP) entre dans le salaire de référence pris en compte par France Travail. Elle gonfle donc la base de calcul de votre allocation chômage (ARE) entre deux missions. Chaque euro d’IFM compte pour vos droits : c’est une raison de plus de vérifier que l’agence l’a bien versée. À la fin de la mission, l’agence doit aussi vous remettre votre attestation France Travail, qui reprend l’ensemble des salaires versés, indemnités comprises.

Intérim ou CDD : la précarité ne se calcule pas pareil

On confond souvent l’IFM de l’intérim avec la prime de précarité du CDD (indemnité de fin de contrat). Les deux valent 10 % du brut, mais le calcul des congés payés diffère :

CDD (prime de précarité) Intérim (IFM)
Indemnité de fin de contrat 10 % du brut total 10 % du brut total
Congés payés 10 % du brut hors indemnité 10 % du brut + IFM incluse
Total fin de contrat +20 % du brut +21 % du brut

Pour un même salaire brut de 3 000 €, un intérimaire touche donc 630 € d’indemnités de fin de mission (300 € + 330 €) contre 600 € pour un CDD (300 € + 300 €). Trente euros d’écart qui viennent de la « double détente » propre à l’intérim.

Nos calculettes utiles

Questions fréquentes sur l’indemnité de fin de mission

L’IFM est-elle imposable ?

Oui. L’indemnité de fin de mission est soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales comme un salaire classique. Elle figure dans votre net imposable et sur votre déclaration annuelle.

Mon agence peut-elle refuser de me verser l’IFM ?

Non, sauf dans les cas d’exclusion prévus par la loi (faute grave, force majeure, rupture anticipée à votre initiative, embauche en CDI, refus d’un CDI proposé, CDI intérimaire). Si votre mission est arrivée à son terme normalement et qu’aucun de ces cas ne s’applique, l’IFM est un droit : réclamez-la par écrit, puis saisissez l’inspection du travail ou les prud’hommes si nécessaire.

L’IFM compte-t-elle pour mes droits au chômage ?

Oui. L’IFM et l’indemnité compensatrice de congés payés entrent dans le salaire de référence retenu par France Travail pour calculer votre allocation (ARE). Vérifier leur versement, c’est aussi protéger vos droits entre deux missions.

Que se passe-t-il si ma mission est renouvelée ?

La mission initiale et ses renouvellements forment une seule et même mission. L’IFM n’est donc versée qu’à la fin du dernier renouvellement, mais elle se calcule sur l’ensemble des salaires perçus depuis le début de la mission initiale.

Ai-je droit à l’IFM en CDI intérimaire ?

Non. Le CDI intérimaire (CDI-I) est un vrai contrat à durée indéterminée signé avec l’agence : il n’y a pas de « fin de mission » au sens légal, donc pas d’IFM. En contrepartie, l’agence vous garantit une rémunération minimale pendant les périodes sans mission (intermissions).

Comment est calculé mon solde de tout compte en fin de mission ?

Il reprend votre dernier salaire, l’IFM, l’indemnité compensatrice de congés payés et, le cas échéant, les primes au prorata. Vérifiez chaque ligne avec la méthode détaillée dans notre guide du solde de tout compte.

À retenir : fin de mission d’intérim = IFM de 10 % du brut total + congés payés de 10 % calculés sur le brut augmenté de l’IFM, soit 21 % de plus que votre salaire. Deux lignes à contrôler sur votre bulletin, un versement avec le dernier salaire, et des droits au chômage bonifiés en prime. Si un montant cloche, réclamez : c’est votre droit, et la prescription est de trois ans.