Congé maternité 2026 : durée, indemnités journalières, calcul

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman11 min de lecture
Illustration du guide Congé maternité 2026 : durée, indemnités journalières, calcul

Congé maternité 2026 : durées légales de 16 à 46 semaines, calcul des indemnités journalières, exemples chiffrés et démarches. Guide complet.

Vous attendez un enfant, et une question vous trotte dans la tête : combien de temps vais-je m’absenter, et surtout combien vais-je toucher chaque mois ? En 2026, les règles du congé maternité sont claires et plutôt protectrices : seize semaines d’absence pour un premier enfant, des indemnités journalières versées dès le premier jour — sans aucun jour de carence — et un calcul qui part de vos trois derniers salaires bruts.

Dans ce guide, on passe en revue les durées légales selon votre situation familiale, la formule exacte utilisée par la CPAM, trois exemples chiffrés avec les montants 2026, et tout ce qui change concrètement sur votre fiche de paie.

Durée du congé maternité en 2026 : le tableau officiel

La durée légale dépend de deux critères : le nombre d’enfants que vous attendez, et le nombre d’enfants déjà à votre charge. C’est l’article L.1225-17 du Code du travail qui fixe le cadre, inchangé en 2026.

Votre situation Congé prénatal Congé postnatal Total
1er ou 2e enfant 6 semaines 10 semaines 16 semaines
3e enfant ou plus 8 semaines 18 semaines 26 semaines
Jumeaux 12 semaines 22 semaines 34 semaines
Triplés ou plus 24 semaines 22 semaines 46 semaines

Concrètement, pour un premier enfant, le congé prénatal débute 6 semaines avant la date présumée de votre accouchement. Petite subtilité qui a son importance : pour bénéficier des 26 semaines, ce sont les enfants déjà à votre charge au moment de la naissance qui comptent — deux enfants à charge plus celui que vous attendez, et vous basculez dans la tranche des 26 semaines.

Peut-on aménager son congé maternité ?

Reporter une partie du congé prénatal

Oui, c’est possible. Avec l’avis favorable de votre médecin, vous pouvez reporter jusqu’à 3 semaines de congé prénatal sur le congé postnatal. C’est l’option choisie par les salariées qui se sentent en forme et préfèrent passer plus de temps avec bébé après la naissance. Le report se fait sur prescription médicale, et il doit être demandé avant le début du congé.

Le repos obligatoire : 8 semaines incompressibles

En revanche, tout n’est pas négociable : 8 semaines de repos sont obligatoires, dont 6 obligatoirement après l’accouchement. Pendant cette période, l’employeur n’a tout simplement pas le droit de vous faire travailler — c’est sanctionné comme une contravention. Même si vous vous sentez prête à reprendre plus tôt, la loi ne le permet pas.

Le congé pathologique en cas de complication

Si la grossesse est difficile, votre médecin peut prescrire un congé pathologique qui s’ajoute au congé légal : 14 jours maximum avant l’accouchement, indemnisés exactement comme le congé maternité, et 4 semaines maximum après l’accouchement, indemnisées comme un arrêt maladie classique — avec, dans ce second cas, 3 jours de carence. Retenez la différence : le pathologique prénatal suit les règles avantageuses de la maternité, le postnatal celles de la maladie.

Et si bébé arrive en avance ?

Pas de panique : les jours de congé prénatal que vous n’avez pas pu prendre sont automatiquement reportés sur le congé postnatal. La durée totale de votre congé est garantie quoi qu’il arrive — un accouchement prématuré ne vous fait perdre aucun jour.

Les conditions pour toucher les indemnités journalières

Pendant le congé maternité, vous ne percevez plus votre salaire mais des indemnités journalières versées par la CPAM. Pour y avoir droit, trois conditions cumulatives :

  1. Être immatriculée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date présumée de l’accouchement ;
  2. Avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois civils précédant le début de la grossesse — avec le SMIC 2026 fixé à 12,31 € brut de l’heure depuis le 1er juin, cela représente environ 12 495 € de salaires bruts cumulés sur la période ;
  3. À défaut, avoir travaillé au moins 200 heures au cours des 3 mois civils (ou des 90 jours) précédant le début du congé.

En pratique, la quasi-totalité des salariées en CDI ou en CDD long remplit ces conditions sans s’en rendre compte. Les cas limites concernent surtout les contrats très courts ou les reprises d’activité récentes — dans le doute, contactez votre CPAM avant le début du congé.

Calcul des indemnités journalières : la formule exacte de la CPAM

Voici comment la CPAM calcule, au jour près, le montant qu’elle vous versera. La méthode tient en trois étapes.

Étape 1 — le salaire journalier de base. On additionne vos 3 derniers salaires bruts mensuels et on divise le total par 91,25. Chaque mois est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026. Si vous gagniez plus, l’excédent n’est pas pris en compte.

Étape 2 — l’indemnité brute. La Sécurité sociale applique un abattement forfaitaire de 21 % : indemnité brute = salaire journalier de base × 0,79.

Étape 3 — l’indemnité nette. On déduit la CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %), prélevées au titre des revenus de remplacement : indemnité nette = indemnité brute × 0,933.

Zéro jour de carence : contrairement à l’arrêt maladie, l’indemnisation démarre dès le premier jour du congé maternité. C’est l’un des gros avantages du dispositif.

Le maximum possible en 2026 : avec trois mois plafonnés à 4 005 €, le salaire journalier de base atteint 131,67 €, soit une indemnité brute de 104,02 € par jour — environ 97,05 € net après CSG-CRDS.

Deux précisions qui ont leur importance : ces indemnités sont exonérées d’impôt sur le revenu — elles n’entrent pas dans votre revenu imposable — et la CPAM les verse environ tous les 14 jours, directement sur votre compte bancaire, sauf si votre employeur pratique la subrogation (voir plus bas).

Trois exemples chiffrés avec les montants 2026

Passons aux cas concrets, calculés avec les plafonds et taux 2026 :

Profil Salaire brut mensuel IJ brute / jour IJ nette / jour Total net sur 16 semaines
Salariée au SMIC 1 867,02 € 48,49 € 45,24 € ≈ 5 067 €
Salariée à 2 500 € brut 2 500 € 64,93 € 60,58 € ≈ 6 785 €
Cadre à 4 500 € brut (plafonnée) 4 500 € 104,02 € 97,05 € ≈ 10 870 €

Détail du calcul pour la salariée à 2 500 € brut. Salaire journalier de base : (3 × 2 500) ÷ 91,25 = 82,19 €. Indemnité brute : 82,19 × 0,79 = 64,93 € par jour. Indemnité nette : 64,93 × 0,933 = 60,58 € par jour. Sur 16 semaines, soit 112 jours indemnisés : 112 × 64,93 = 7 272 € brut au total, environ 1 817 € net par mois.

Pour la salariée au SMIC (1 867,02 € brut mensuel en 2026) : salaire journalier de base de 61,38 €, indemnité nette de 45,24 € par jour, soit environ 1 357 € net par mois pendant le congé.

Pour la cadre à 4 500 € : ses salaires sont écrêtés au plafond de 4 005 € par mois avant calcul. Elle touche l’indemnité maximale, environ 2 911 € net par mois — et c’est typiquement dans ce cas de figure que le complément de l’employeur prend tout son sens.

Maintien de salaire : quand l’employeur complète

De nombreuses conventions collectives — et certains accords d’entreprise — prévoient le maintien du salaire à 100 % pendant le congé maternité. Le mécanisme est simple : l’employeur vous verse votre salaire net habituel, puis déduit les indemnités journalières nettes versées par la CPAM. La différence s’appelle le « complément employeur ».

Reprenons notre salariée à 2 500 € brut, qui touche environ 1 950 € net par mois en temps normal. Avec des indemnités nettes d’environ 1 817 € par mois, son employeur complète d’environ 133 € par mois pour lui maintenir son salaire intégral. Vérifiez votre convention collective : selon les branches, le maintien est total, partiel, ou soumis à une condition d’ancienneté.

La subrogation, enfin : l’employeur peut choisir de percevoir lui-même les indemnités de la CPAM et de vous verser directement l’intégralité de votre paie. Pour vous, c’est transparent — vous continuez à recevoir votre salaire comme d’habitude — mais c’est l’employeur qui se fait rembourser par la caisse.

Les indemnités maternité sur votre fiche de paie

Deux cas de figure, et c’est une source fréquente d’incompréhension :

  • Avec subrogation : une ligne « IJSS subrogées » apparaît sur votre bulletin de paie. Ce sont les indemnités que l’employeur a perçues à votre place et qu’il a intégrées dans votre paie maintenue.
  • Sans subrogation : rien n’apparaît sur la paie pour les indemnités elles-mêmes — la CPAM vous les verse directement sur votre compte bancaire, tous les 14 jours environ.

Dans les deux cas, la CSG et la CRDS sont précomptées par la CPAM au titre des revenus de remplacement, et les indemnités restent exclues de votre revenu imposable. Si votre bulletin vous semble obscur, notre guide pour lire votre fiche de paie ligne par ligne vous aidera à y voir clair.

Les démarches, étape par étape

  1. Déclarez votre grossesse avant la fin du 3e mois (14 semaines d’aménorrhée). En pratique, c’est votre médecin ou votre sage-femme qui télétransmet la déclaration à votre CPAM et à la CAF — vous n’avez quasiment rien à faire, mais vérifiez que c’est bien parti.
  2. Informez votre employeur. Aucun délai légal ne vous y oblige, mais faites-le par écrit (courrier recommandé ou e-mail avec accusé de réception) : c’est cette information qui déclenche la protection contre le licenciement.
  3. L’attestation de salaire. C’est l’employeur qui l’établit à destination de la CPAM. C’est sur la base de ce document que la caisse calcule vos indemnités journalières — vérifiez que les trois derniers salaires y figurent correctement.
  4. Transmettez votre arrêt de travail dans les 48 heures (volets destinés à la CPAM et à l’employeur), comme pour tout arrêt.

Vos protections pendant et après la grossesse

  • Licenciement interdit pendant la grossesse, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif totalement étranger à la grossesse. Un licenciement prononcé en violation de cette interdiction est nul.
  • 10 semaines de protection après la fin du congé maternité, prolongées de vos congés payés si vous les prenez dans la foulée.
  • Visite de reprise obligatoire par le médecin du travail dans les 8 jours qui suivent votre retour.
  • Allaitement : vous disposez d’1 heure par jour pendant la première année de l’enfant (non rémunérée, sauf accord collectif plus favorable).
  • Le congé maternité compte comme du temps de travail effectif : il ne réduit ni votre ancienneté ni vos droits à congés payés.

Et après le congé maternité ?

Deux prolongements naturels existent. D’une part, le congé parental, qui peut durer jusqu’aux 3 ans de l’enfant avec la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE). D’autre part, pour le second parent, le congé paternité de 25 jours, indemnisé sur le même principe des indemnités journalières — notre guide détaille son calcul, proche de celui présenté ici. Pour comparer les deux dispositifs d’indemnisation, jetez aussi un œil à notre guide des indemnités journalières (IJSS).

Questions fréquentes

Quelle est la durée du congé maternité pour un premier enfant en 2026 ?

16 semaines au total : 6 semaines de congé prénatal avant la date présumée de l’accouchement, puis 10 semaines de congé postnatal. Vous pouvez reporter jusqu’à 3 semaines du prénatal vers le postnatal avec l’accord de votre médecin.

Comment sont calculées les indemnités journalières de maternité ?

La CPAM additionne vos 3 derniers salaires bruts mensuels (plafonnés à 4 005 € par mois en 2026), divise par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base, applique un abattement forfaitaire de 21 %, puis déduit la CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %). Il n’y a aucun jour de carence.

Y a-t-il un délai de carence pour le congé maternité ?

Non. Contrairement à l’arrêt maladie, les indemnités journalières de maternité sont versées dès le premier jour du congé. Seul le congé pathologique postnatal (4 semaines maximum après l’accouchement) suit les règles de la maladie, avec 3 jours de carence.

Les indemnités maternité sont-elles imposables ?

Elles sont soumises à la CSG et à la CRDS (6,7 % au total, précomptées par la CPAM), mais elles sont exonérées d’impôt sur le revenu : ne les ajoutez pas à votre revenu imposable sur votre déclaration.

Peut-on reporter une partie du congé prénatal sur le postnatal ?

Oui, jusqu’à 3 semaines, sur prescription médicale et avant le début du congé. En revanche, 8 semaines de repos restent obligatoires, dont 6 après l’accouchement.

Que se passe-t-il si j’accouche avant la date prévue ?

Les jours de congé prénatal non pris sont automatiquement reportés sur votre congé postnatal : la durée totale de votre congé maternité est garantie, un accouchement prématuré ne vous fait perdre aucun jour d’indemnisation.