Congé enfant malade 2026 : jours, rémunération et calcul

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman11 min de lecture
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Congé enfant malade 2026 : 3 ou 5 jours par an non rémunérés, sauf convention collective. Conditions, certificat médical, calcul de la retenue sur salaire.

Votre enfant se réveille avec 39 de fièvre un lundi matin : impossible de le confier à l’école ou à la crèche, et vous ne pouvez pas poser un congé payé à la dernière minute sans l’accord de votre employeur. Bonne nouvelle : le Code du travail vous donne le droit de vous absenter pour rester à son chevet. Voici exactement combien de jours vous pouvez prendre en 2026, ce que cela vous coûte sur votre fiche de paie, et comment faire valoir ce droit sans accroc.

Réponse rapide : tout salarié peut prendre 3 jours par an de congé pour enfant malade (portés à 5 jours si l’enfant a moins d’un an ou si vous avez au moins 3 enfants de moins de 16 ans à charge). Ces jours ne sont pas rémunérés par la loi, sauf si votre convention collective prévoit mieux. Un certificat médical est obligatoire.

L’essentiel en 30 secondes

Point clé Règle 2026
Durée légale 3 jours par an, 5 jours dans certains cas
Enfant concerné Moins de 16 ans, à votre charge
Justificatif Certificat médical obligatoire
Rémunération Non rémunéré (sauf convention collective ou Alsace-Moselle)
Ancienneté requise Aucune — dès le premier jour de contrat
Refus de l’employeur Impossible s’il vous reste des jours
Report d’une année sur l’autre Non

Qui peut bénéficier du congé pour enfant malade ?

Ce congé est ouvert à tous les salariés du secteur privé, quel que soit leur contrat : CDI, CDD, intérimaires, apprentis, temps partiel. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée : vous y avez droit dès votre premier jour dans l’entreprise, et votre employeur ne peut pas vous l’opposer au motif que vous seriez encore en période d’essai.

Deux conditions seulement, fixées par l’article L. 1225-61 du Code du travail :

  • vous assumez la charge d’un enfant de moins de 16 ans (la charge s’apprécie au sens des prestations familiales, pas uniquement par le lien de filiation) ;
  • la maladie ou l’accident est constaté par un certificat médical, qui précise que la présence du parent est nécessaire.

Le dispositif couvre aussi bien une gastro-entérite de 48 heures qu’une hospitalisation imprévue. En revanche, un médecin ne peut pas vous prescrire un « arrêt de travail » pour garder votre enfant : l’arrêt de travail est réservé à votre propre incapacité. Si c’est vous qui êtes malade, c’est le régime de l’arrêt maladie et des IJSS qui s’applique, avec un calcul bien différent.

Combien de jours de congé enfant malade en 2026 ?

La durée légale est de 3 jours par an, tous enfants confondus — ce n’est pas 3 jours par enfant. Elle est portée à 5 jours par an dans deux situations :

  • l’enfant malade est âgé de moins d’un an ;
  • vous assumez la charge d’au moins 3 enfants de moins de 16 ans.

Quelques précisions qui évitent les mauvaises surprises :

  • Décompte par année civile : les droits se renouvellent chaque 1er janvier et ne se reportent pas.
  • Fractionnement possible : les jours peuvent être pris en demi-journées si votre organisation le permet — pratique quand l’enfant va mieux l’après-midi.
  • Plancher légal : votre convention collective peut prévoir davantage (5, 7, parfois 10 jours ou plus). Vérifiez toujours votre texte conventionnel avant de compter vos jours.

Exemple concret : Sophie, mère de deux enfants de 4 et 7 ans, dispose de 3 jours en 2026. Son fils de 4 ans fait une otite en février (2 jours d’absence), puis sa fille de 7 ans attrape la grippe en novembre (1 jour). Son quota annuel est épuisé : pour une troisième absence, elle devra puiser dans une autre solution (voir plus bas).

Le congé enfant malade est-il payé ?

C’est la question qui fâche : non, la loi ne prévoit aucune rémunération. Pendant ce congé, votre contrat de travail est suspendu — ni votre employeur ni l’Assurance Maladie ne vous versent quoi que ce soit. Contrairement à l’arrêt maladie, il n’y a pas d’indemnités journalières de la Sécurité sociale pour garder un enfant malade.

Trois exceptions permettent toutefois de ne pas perdre de salaire :

1. Votre convention collective prévoit un maintien de salaire

C’est le cas le plus fréquent dans la pratique. De nombreuses conventions (métallurgie, banque, grande distribution, Syntec…) accordent un maintien total ou partiel du salaire pour les jours enfant malade, parfois au-delà des 3 jours légaux. Pour le savoir, repérez le code IDCC (4 chiffres) sur votre bulletin de paie, puis consultez le texte de la convention sur legifrance.gouv.fr.

2. Un accord d’entreprise plus favorable

Certaines entreprises négocient leurs propres règles : 5 jours rémunérés à 100 %, par exemple. Renseignez-vous auprès de vos représentants du personnel ou des RH.

3. Le droit local d’Alsace-Moselle

En Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin, le régime local impose le maintien du salaire pour une absence due à une cause personnelle indépendante de la volonté du salarié et d’une durée « relativement sans importance » — ce qui couvre les jours de garde d’enfant malade.

Comment calculer la retenue sur votre salaire

Quand les jours ne sont pas rémunérés, l’employeur applique une retenue sur votre fiche de paie. La méthode la plus courante est celle des jours calendaires :

Retenue = salaire brut mensuel × nombre de jours d’absence ÷ 30

Prenons deux exemples chiffrés pour un mois à 2 800 € brut :

  • 2 jours d’absence : 2 800 × 2 ÷ 30 = 186,67 € de retenue. Votre brut du mois tombe à 2 613,33 €.
  • 3 jours d’absence : 2 800 × 3 ÷ 30 = 280 € de retenue. Votre brut du mois tombe à 2 520 €.

Pour un salaire de 3 500 € brut et 5 jours d’absence (cas des 5 jours légaux non rémunérés) : 3 500 × 5 ÷ 30 = 583,33 € de retenue. C’est là qu’on mesure l’intérêt de vérifier sa convention collective : avec un maintien à 100 %, cette retenue tombe à zéro.

Pour estimer précisément ce qu’il vous restera en net après une retenue, utilisez notre calculateur de salaire ou notre guide brut en net 2026 : saisissez votre brut diminué de la retenue pour obtenir le net à payer.

Fonction publique : des règles plus favorables

Les agents publics (État, territoriale, hospitalière) ne relèvent pas de l’article L. 1225-61 mais d’autorisations d’absence spécifiques, avec un régime nettement plus généreux :

  • les absences sont rémunérées à 100 % du traitement ;
  • l’enfant doit avoir moins de 16 ans, ou être en situation de handicap sans limite d’âge ;
  • le nombre de jours dépend de votre situation familiale : 6 jours ouvrables par an pour un agent à temps plein vivant en couple (chacun des deux parents agents publics y a droit), et jusqu’à 12 jours pour un parent seul à temps plein — soit la formule « 2 × nombre de jours travaillés par semaine + 2 ».

À temps partiel, ces droits sont proratisés selon votre quotité de travail. Si votre conjoint ne bénéficie d’aucune autorisation d’absence, vous relevez du régime du parent seul.

Les démarches, pas à pas

1. Prévenez votre employeur au plus vite. Un appel ou un message le jour même suffit dans un premier temps ; l’employeur ne peut pas refuser le congé tant qu’il vous reste des jours, mais il peut exiger d’être informé rapidement.

2. Faites établir un certificat médical. Le médecin atteste la maladie ou l’accident de l’enfant et la nécessité de votre présence à domicile. Sans ce document, l’absence peut être requalifiée en absence injustifiée.

3. Transmettez le justificatif. Envoyez le certificat à votre employeur dans les plus brefs délais, de préférence en recommandé avec accusé de réception ou remis en main propre contre signature.

Voici un modèle de lettre simple à adapter :

Objet : Demande de congé pour enfant malade — article L. 1225-61 du Code du travail

Madame, Monsieur,

Mon enfant [prénom], âgé de [âge] ans, est malade depuis le [date], comme l’atteste le certificat médical ci-joint. Je vous informe que je prends un congé pour enfant malade du [date] au [date] inclus, soit [nombre] jour(s), conformément à l’article L. 1225-61 du Code du travail.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Nom, prénom, date, signature]

Quand les 3 jours ne suffisent pas : vos solutions

Une grippe qui s’éternise, deux enfants malades à tour de rôle… le quota légal fond vite. Voici vos options, par ordre de coût croissant :

  • Poser des congés payés ou des RTT : avec l’accord de votre employeur, c’est la solution la plus simple pour rester rémunéré à 100 %. Attention à ne pas vider votre compteur avant l’été — notre calculateur de congés payés vous aide à suivre vos droits.
  • Télétravailler : si votre poste le permet et que votre employeur l’accepte, vous gardez votre salaire tout en restant auprès de votre enfant.
  • Vérifier la convention collective : elle prévoit parfois des jours supplémentaires dédiés à la garde d’enfant, rémunérés ou non.
  • Le congé de présence parentale : si l’enfant souffre d’une maladie grave, d’un handicap ou d’un accident d’une particulière gravité nécessitant votre présence soutenue, ce dispositif prend le relai avec jusqu’à 310 jours ouvrés sur 3 ans et une allocation journalière (AJPP) versée par la CAF. Tous les détails dans notre guide du congé de présence parentale.
  • Le congé sans solde : en dernier recours, avec l’accord de l’employeur — mais la retenue sur salaire est intégrale.

5 erreurs qui coûtent cher aux parents

1. Croire que l’employeur peut refuser. Tant que vous n’avez pas épuisé vos droits annuels et que vous fournissez le certificat médical, le congé s’impose à l’employeur. Un refus est une violation du Code du travail.

2. Ne jamais vérifier sa convention collective. C’est l’erreur la plus coûteuse : des milliers de salariés subissent une retenue sur salaire alors que leur convention prévoit un maintien à 100 %. Cinq minutes de vérification peuvent vous faire économiser plusieurs centaines d’euros par an.

3. Oublier le certificat médical. Sans justificatif, l’absence peut être sanctionnée. Faites-le établir le jour même, même pour une maladie bénigne.

4. Confondre avec l’arrêt maladie. Le congé enfant malade n’ouvre droit à aucune indemnité journalière de la Sécurité sociale. Si vous déclarez un arrêt de travail pour vous alors que c’est votre enfant qui est malade, c’est une fausse déclaration.

5. Épuiser ses congés payés par réflexe. Avant de poser des congés payés, utilisez d’abord vos jours légaux enfant malade : ils sont faits pour ça et ne touchent pas à vos vacances. Pour arbitrer entre les options, le guide congés payés et arrêt maladie détaille les interactions entre les différents dispositifs.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il me demander un justificatif en plus du certificat médical ?

Il peut vous demander de justifier que l’enfant est bien à votre charge (livret de famille, attestation), mais il ne peut pas exiger de connaître le diagnostic précis : le secret médical s’applique aussi ici.

Les deux parents peuvent-ils prendre le congé en même temps ?

Chaque salarié dispose de ses propres droits (3 ou 5 jours). Les deux parents peuvent donc prendre chacun leurs jours, mais pas simultanément pour le même enfant, sauf si la convention collective le permet. Dans la fonction publique, les jours sont répartis entre les deux parents selon leur situation.

Le congé enfant malade compte-t-il pour l’ancienneté ?

Comme toute suspension du contrat prévue par la loi, il n’interrompt pas votre ancienneté : les jours sont pris en compte comme du temps de travail effectif pour le calcul de l’ancienneté.

Que se passe-t-il si mon enfant est malade pendant mes congés payés ?

Vos congés payés continuent de courir : la maladie de l’enfant ne les interrompt pas et ne vous ouvre pas de jours supplémentaires. C’est différent de votre propre maladie, qui peut dans certains cas donner lieu à report (voir notre article sur les congés pour événements familiaux pour les autres cas d’absence autorisée).

Puis-je fractionner mes 3 jours en demi-journées ?

Oui, le fractionnement en demi-journées est admis dans la pratique, à condition que l’organisation du service le permette. Mettez-vous d’accord avec votre employeur sur les modalités.

Mon enfant est hospitalisé : le congé enfant malade s’applique-t-il ?

Oui, y compris en cas d’hospitalisation. Si l’état de santé nécessite une présence prolongée, le congé de présence parentale (jusqu’à 310 jours ouvrés, avec AJPP) prend le relai — notre guide dédié explique la bascule entre les deux dispositifs.

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