Heures de recherche d’emploi : calcul pendant le préavis

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman12 min de lecture
Illustration du guide Heures de recherche d’emploi : calcul pendant le préavis

Combien d’heures de recherche d’emploi pendant le préavis ? Règles, calcul des heures payées et exemples chiffrés selon votre convention collective (2026).

Vous êtes en préavis — licenciement ou démission — et vous vous demandez si vous avez droit à des heures pour chercher un nouvel emploi sans perdre de salaire ? La réponse courte : le Code du travail ne prévoit rien, mais votre convention collective prévoit très souvent 2 heures par jour, parfois rémunérées. Voici les règles exactes, le calcul de vos heures et des exemples chiffrés pour 2026.

1. Le principe : la loi ne vous donne rien, votre convention collective peut tout vous donner

Dissipons un malentendu très répandu : le Code du travail ne prévoit aucune heure d’absence pour rechercher un emploi pendant le préavis. Ni en cas de licenciement, ni en cas de démission. C’est ce que rappelle le site officiel service-public.fr : l’employeur n’est tout simplement pas obligé de vous laisser partir chercher du travail pendant votre préavis.

Mais — et c’est un grand « mais » — ce droit existe très souvent ailleurs :

  • votre convention collective (la source la plus fréquente) ;
  • un accord collectif d’entreprise ;
  • un usage constant dans votre entreprise (une pratique régulière vaut engagement) ;
  • ou un accord direct avec votre employeur, même informel.

Concrètement : si aucune de ces sources ne prévoit d’heures de recherche d’emploi, vous ne pouvez pas vous absenter de votre propre initiative — ce serait une absence injustifiée, passible de sanction. En revanche, dès qu’une convention collective les prévoit, c’est un droit que l’employeur ne peut pas vous refuser.

Premier réflexe donc : ouvrez votre convention collective (ou interrogez le simulateur officiel du Code du travail numérique) et cherchez la rubrique « recherche d’emploi pendant le préavis ».

2. Le schéma classique : 2 heures par jour

La plupart des conventions collectives qui traitent le sujet reprennent le même schéma, devenu le standard :

  • 2 heures d’absence par jour, pendant tout ou partie du préavis, pour rechercher un emploi ;
  • ces heures sont fixées d’un commun accord entre vous et l’employeur ;
  • à défaut d’accord, elles sont fixées à tour de rôle : un jour au gré du salarié, le jour suivant au gré de l’employeur ;
  • à votre demande, elles peuvent être regroupées en fin de semaine ou en fin de mois, selon les nécessités du service ;
  • vous êtes tenu d’informer votre employeur dès que vous avez trouvé un nouvel emploi — le droit aux heures s’éteint à ce moment-là.

Deux heures par jour, cela peut sembler modeste. Mais sur un préavis de deux mois, cela représente près de 90 heures — l’équivalent de plus de deux semaines de travail à temps plein consacrées à votre recherche. D’où l’importance de bien les calculer (voir la méthode plus bas).

3. Licenciement ou démission : qui paie les heures ?

C’est LA question qui change tout sur votre bulletin de paie. La règle varie selon votre convention collective, mais la logique dominante est la suivante :

  • En cas de licenciement : les heures de recherche d’emploi sont généralement rémunérées — votre salaire est maintenu pendant ces absences. C’est le cas dans la grande distribution alimentaire, la métallurgie ou le Syntec (rupture à l’initiative de l’employeur).
  • En cas de démission : elles sont souvent non rémunérées. Par exemple, dans le commerce de détail alimentaire, les cadres qui démissionnent ont droit à 2 heures par jour pendant un mois… sans maintien de salaire. Même logique au Syntec : quand la rupture est à votre initiative, les heures ne sont pas payées.

Des heures non rémunérées signifient une retenue sur salaire, calculée à votre taux horaire (salaire brut mensuel ÷ 151,67). Sur un mois complet à 2 heures par jour, cela représente environ 44 heures de retenue — une somme qui mérite d’être anticipée. Les exemples chiffrés du paragraphe 6 vous montrent exactement combien.

Notez aussi que ce mécanisme se combine avec votre préavis de démission et, en cas de licenciement, avec votre indemnité de licenciement : les heures de recherche n’ont aucun effet sur ces montants, elles s’ajoutent simplement à vos droits.

4. Ce que prévoient les grandes conventions collectives en 2026

Voici les règles des trois conventions les plus consultées — vérifiez toujours la version applicable dans votre entreprise, un accord d’entreprise pouvant prévoir mieux (ou moins bien, s’il est antérieur et plus favorable… la règle du plus favorable s’applique toujours au salarié) :

Métallurgie (nouvelle convention collective nationale)

C’est l’une des plus généreuses : 2 heures 30 par jour travaillé, dans la limite de 50 heures par mois de préavis. Pour les salariés à temps partiel, ce plafond est réduit au prorata de la durée du contrat (un 80 % plafonne donc à 40 heures par mois). À défaut d’accord sur les modalités, les heures sont fixées alternativement un jour par l’employeur et un jour par le salarié. Cas particulier : pour les salariés au forfait jours, l’employeur doit adapter la charge de travail pour tenir compte de ces heures.

Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire

  • Salariés non cadres (employés, ouvriers, agents de maîtrise) : 2 heures par jour pendant 1 mois, en cas de licenciement comme de démission. Salaire maintenu en cas de licenciement.
  • Cadres licenciés : chaque mois, une absence équivalente à la durée hebdomadaire de travail de l’établissement (soit 35 heures pour un temps plein !), salaire maintenu, blocable en fin de mois.
  • Cadres démissionnaires : 2 heures par jour pendant 1 mois, sans maintien de salaire.

Syntec (bureaux d’études, ingénieurs-conseils)

2 heures par jour ouvré entre la notification de la rupture et la fin d’activité. Lorsque la rupture est à votre initiative (démission), ces heures ne sont pas rémunérées.

Convention collective Durée Rémunération (licenciement) Rémunération (démission)
Métallurgie 2 h 30 / jour, plafond 50 h / mois Oui Selon accord
Commerce de détail alimentaire (non-cadres) 2 h / jour pendant 1 mois Oui Non précisé (souvent non)
Commerce de détail alimentaire (cadres) 35 h / mois (licenciement) Oui 2 h / jour 1 mois, non
Syntec 2 h / jour ouvré Oui Non

5. Calcul de vos heures : la méthode pas à pas

Voici comment calculer précisément votre crédit d’heures, en 5 étapes :

Étape 1 — Identifiez la règle applicable. Combien d’heures par jour (2 h ? 2 h 30 ?) ? Pendant toute la durée du préavis ou seulement pendant un mois ? Y a-t-il un plafond mensuel ?

Étape 2 — Comptez les jours concernés. En règle générale, on compte les jours ouvrés (du lundi au vendredi) de la période couverte. Si votre convention limite le droit à « 1 mois », comptez les jours ouvrés de ce mois.

Étape 3 — Multipliez. Jours ouvrés × heures par jour = votre crédit d’heures total.

Étape 4 — Appliquez le plafond éventuel. Dans la métallurgie par exemple, même si le calcul brut dépasse 50 heures pour un mois de préavis, vous êtes plafonné à 50 heures (40 heures à temps partiel 80 %).

Étape 5 — Valorisez. Si les heures sont rémunérées : elles sont simplement incluses dans votre salaire, rien à calculer. Si elles ne le sont pas : retenue = heures × (salaire brut mensuel ÷ 151,67). Notre guide du calcul du taux horaire détaille cette conversion.

6. Exemples chiffrés

Exemple 1 — Employé du commerce, licencié, 2 h par jour pendant 1 mois

Sophie est employée dans la grande distribution, licenciée avec un préavis de 2 mois. Sa convention lui donne 2 heures par jour pendant 1 mois, salaire maintenu.

Le mois compte 22 jours ouvrés : 22 × 2 h = 44 heures d’absence autorisée et payée. Avec un salaire brut de 2 400 €, son taux horaire est de 2 400 ÷ 151,67 = 15,82 €. Valeur des heures maintenues : 44 × 15,82 = 696 € environ — qu’elle n’aurait pas eus sans sa convention collective.

Exemple 2 — Métallurgie, temps plein, préavis de 3 mois

Karim, technicien dans la métallurgie, est licencié avec 3 mois de préavis. Règle : 2 h 30 par jour travaillé, plafond de 50 heures par mois.

Sur 3 mois : 3 × 50 h = 150 heures au maximum. Avec un salaire brut de 3 200 €, son taux horaire est de 3 200 ÷ 151,67 = 21,10 €. Valeur totale : 150 × 21,10 = 3 165 € de salaire maintenu sur ses heures de recherche — l’équivalent d’un mois de salaire complet.

Exemple 3 — Métallurgie à temps partiel 80 %

Léa travaille à 80 % (28 h par semaine) dans la métallurgie. Le plafond de 50 heures est réduit au prorata : 50 × 0,8 = 40 heures par mois de préavis. Sur un préavis de 2 mois : 80 heures au total.

Exemple 4 — Cadre du commerce, démission, heures non payées

Thomas, cadre dans la grande distribution, démissionne. Il a droit à 2 heures par jour pendant 1 mois, non rémunérées. Sur 22 jours ouvrés : 44 heures d’absence.

Avec un salaire brut de 4 500 €, son taux horaire est de 4 500 ÷ 151,67 = 29,67 €. Retenue sur salaire : 44 × 29,67 = 1 305 € environ. Mieux vaut le savoir avant de poser toutes ses heures : cette retenue apparaîtra sur son solde de tout compte.

Exemple 5 — Regrouper pour partir plus tôt : le calcul qui change tout

Reprenons Sophie (exemple 1) : 44 heures de recherche d’emploi, qu’elle demande à regrouper à la fin de son préavis. 44 heures ÷ 7 heures par jour = 6,3 jours ouvrés. Résultat : elle peut quitter l’entreprise 6 jours ouvrés avant la fin officielle de son préavis, tout en étant payée jusqu’au bout. C’est l’usage le plus malin de ce droit — et beaucoup de salariés l’ignorent.

7. Regrouper les heures : partir plus tôt sans perdre de salaire

La plupart des conventions collectives permettent, à votre demande, de regrouper les heures de recherche d’emploi en fin de semaine ou en fin de mois, « compte tenu des nécessités du service ». En pratique, cela donne deux stratégies :

  • le regroupement hebdomadaire : 2 h × 5 jours = 10 heures, soit une journée presque complète libérée chaque semaine pour vos entretiens ;
  • le regroupement en fin de préavis : comme dans l’exemple 5, vous transformez vos heures en jours de départ anticipé payés.

L’employeur peut s’y opposer pour des nécessités de service, mais il doit motiver son refus. Faites votre demande par écrit (e-mail suffit) pour garder une trace.

8. Votre convention ne prévoit rien ? Voici vos 3 leviers

Si votre convention collective est muette sur le sujet, tout n’est pas perdu :

1. Négociez directement avec votre employeur. Rien n’interdit un accord individuel : proposez par écrit 2 heures par jour (le standard), en précisant les modalités de fixation. Beaucoup d’employeurs acceptent — cela fluidifie aussi leur organisation.

2. Vérifiez l’usage dans l’entreprise. Si vos prédécesseurs ont toujours bénéficié de ces heures, c’est un usage d’entreprise : l’employeur ne peut pas vous le refuser individuellement sans dénoncer l’usage en bonne et due forme.

3. Regardez l’accord d’entreprise. Un accord collectif d’entreprise ou d’établissement peut prévoir ces heures même si la convention de branche n’en parle pas — et c’est lui qui s’applique en priorité.

Et si vraiment rien n’existe ? Vous pouvez toujours demander des congés payés ou des RTT pour vos entretiens — mais attention, des congés demandés après la notification du licenciement ne suspendent pas le préavis.

9. Vos obligations : ce que les autres guides oublient de dire

Ce droit a des contreparties, souvent passées sous silence :

  • Informez votre employeur dès que vous trouvez un emploi. La plupart des conventions collectives l’exigent expressément — et le droit aux heures s’éteint à ce moment-là.
  • Certaines conventions vous permettent alors de partir vite : avec un préavis réduit (souvent 24 heures) une fois le nouvel emploi trouvé, le salaire restant dû pour la période de préavis effectuée.
  • N’utilisez pas ces heures pour autre chose. Elles sont accordées pour rechercher un emploi ; un usage détourné avéré peut être sanctionné comme une absence injustifiée.
  • Respectez les modalités de fixation. En l’absence d’accord, l’alternance « un jour vous, un jour l’employeur » s’applique — ne vous absentez pas unilatéralement tous les jours à l’heure qui vous arrange.

10. Heures non utilisées : avez-vous droit à une indemnité ?

Bonne question, rarement traitée : si les nécessités du service vous ont empêché d’utiliser tout ou partie de vos heures, certaines conventions collectives prévoient une indemnité compensatrice — le paiement des heures non prises. Ce n’est pas automatique : vérifiez le texte de votre convention. À défaut de disposition, aucun texte ne vous garantit cette indemnité, mais rien n’empêche de la négocier dans le cadre de votre solde de tout compte.

Dernier point administratif : n’oubliez pas que votre employeur doit vous remettre votre attestation France Travail à la fin du préavis.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il me refuser les heures de recherche d’emploi ?

Si votre convention collective, un accord collectif ou un usage d’entreprise les prévoit : non, c’est un droit. En revanche, si aucun texte ne les prévoit, l’employeur n’a aucune obligation — mais vous pouvez toujours les négocier.

Les heures sont-elles payées pendant un préavis de démission ?

Cela dépend de votre convention collective. En pratique, elles sont le plus souvent non rémunérées en cas de démission (exemples : cadres du commerce de détail, Syntec), alors qu’elles sont généralement payées en cas de licenciement.

Puis-je regrouper toutes mes heures à la fin de mon préavis ?

La plupart des conventions le permettent à votre demande, sous réserve des nécessités du service. C’est la stratégie la plus avantageuse : vos heures se transforment en jours de départ anticipé, payés normalement.

Que se passe-t-il si je trouve un emploi pendant mon préavis ?

Vous devez en informer votre employeur. Votre droit aux heures de recherche s’éteint, et certaines conventions vous autorisent à quitter l’entreprise rapidement (souvent avec 24 heures de préavis), en conservant le salaire de la période effectuée.

Les heures de recherche d’emploi prolongent-elles le préavis ?

Non. Elles sont incluses dans la durée du préavis, qu’elles ne suspendent ni ne prolongent — contrairement à un arrêt maladie ou un accident du travail, qui eux suspendent le préavis.

Ai-je droit à ces heures pendant ma période d’essai ?

Certaines conventions collectives le prévoient expressément : au Syntec par exemple, ce sont 2 heures par jour ouvré entre la notification de la rupture de la période d’essai et votre départ. Vérifiez votre convention.

Nos calculettes utiles

Pour chiffrer précisément votre situation, utilisez nos calculettes gratuites :