Vous voulez démissionner en 2026, mais vous vous demandez combien de temps dure votre préavis, ce que vous allez toucher à la fin et si vous aurez droit au chômage ? Réponse courte : en démission, le préavis est fixé par votre convention collective ou votre contrat (la loi ne fixe pas de durée générale), vous ne percevez aucune indemnité de départ, et vous n’avez droit aux allocations chômage qu’en cas de démission légitime. Le reste — calcul de la date de fin, indemnité compensatrice, solde de tout compte — se chiffre précisément, et c’est exactement ce que ce guide vous montre, avec des exemples concrets.
Qu’est-ce qu’une démission, exactement ?
La démission est un acte unilatéral : c’est vous, salarié, qui décidez seul de rompre votre contrat. Contrairement au licenciement ou à la rupture conventionnelle, votre employeur n’a rien à signer, rien à accepter. Dès qu’il est informé de votre décision, la machine se met en route.
Mais attention : la démission doit traduire une volonté claire et non équivoque de quitter l’entreprise. Un coup de colère à l’oral, un message envoyé sur un coup de tête ou une lettre ambiguë ne suffisent pas toujours — la jurisprudence annule régulièrement des « démissions » qui n’étaient pas limpides. Pour être protégé, notifiez votre décision par écrit : lettre remise en main propre contre décharge ou lettre recommandée avec accusé de réception. Datez, signez, et conservez une preuve de l’envoi.
Le préavis démarre dès la notification : le jour où votre employeur reçoit votre lettre (en main propre, le jour de la remise ; en recommandé, le jour de la première présentation).
Le préavis de démission en 2026 : quelle durée ?
Voici la particularité de la démission : le Code du travail ne fixe aucune durée de préavis pour le cas général (article L1237-1). La durée se trouve dans l’ordre suivant :
- Votre convention collective (ou l’accord collectif) — c’est elle qui s’applique en premier ; elle prévoit souvent des durées différentes selon la catégorie (employé, agent de maîtrise, cadre) ;
- Votre contrat de travail, s’il fixe une durée ;
- Les usages de la localité et de la profession, à défaut.
En pratique, les durées les plus courantes vont de 1 à 3 mois : 1 mois pour les employés dans beaucoup de conventions, 2 à 3 mois pour les cadres. Quelques professions ont des durées fixées par la loi : 1 mois pour un journaliste de moins de 3 ans d’ancienneté, 2 mois au-delà ; 1 à 3 mois pour les VRP selon leur ancienneté.
Comment calculer la date de fin de votre préavis
Le préavis se décompte en jours calendaires : on compte tous les jours, week-ends et jours fériés inclus. Un préavis de 2 mois qui démarre le 5 janvier se termine donc le 5 mars.
Exemple chiffré. Sarah, assistante commerciale depuis 4 ans, relève d’une convention qui prévoit 2 mois de préavis pour sa catégorie. Elle remet sa lettre en main propre le jeudi 8 janvier 2026 : le préavis court à compter du 8 janvier et son contrat prend fin le 8 mars 2026. Pendant ces deux mois, elle continue de travailler normalement et perçoit son salaire habituel. Beaucoup de conventions prévoient aussi des heures d’absence autorisées pour chercher un nouvel emploi pendant le préavis — vérifiez la vôtre.
Qui peut être dispensé de préavis ?
Deux cas de dispense légale existent, où vous pouvez partir sans exécuter de préavis et sans indemnité à payer :
- La démission pendant la grossesse ou pour élever un enfant à l’issue du congé de maternité ou d’adoption ;
- La démission pour créer ou reprendre une entreprise.
En dehors de ces cas, la dispense se négocie. Si l’employeur vous dispense (il préfère que vous partiez tout de suite), il doit vous verser une indemnité compensatrice de préavis. Si c’est vous qui demandez à partir plus tôt et qu’il accepte, le contrat s’arrête à la date convenue, sans indemnité. S’il refuse et que vous quittez malgré tout, c’est vous qui lui devez une indemnité égale au salaire des jours de préavis non effectués.
Un arrêt maladie non professionnel pendant le préavis de démission ne prolonge pas celui-ci : la date de fin du contrat reste fixe (la règle diffère pour les arrêts d’origine professionnelle).
L’indemnité compensatrice de préavis : calcul et fiscalité
Quand votre employeur vous dispense d’exécuter votre préavis, il doit vous verser l’équivalent de ce que vous auriez gagné : salaire de base + primes + avantages pour toute la durée du préavis non travaillé.
Exemple chiffré. Karim, technicien, gagne 3 200 € brut par mois et doit 1 mois de préavis. Son employeur le dispense à compter du 1er février 2026 : l’indemnité compensatrice s’élève à 3 200 € brut. Point crucial : cette indemnité est traitée comme un salaire classique — elle est entièrement soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. C’est une différence majeure avec l’indemnité de licenciement, qui bénéficie d’exonérations partielles. La dispense ne coûte donc pas moins cher à l’employeur ; elle libère simplement le poste plus tôt.
Formule à retenir : indemnité = rémunération mensuelle brute habituelle × (jours de préavis non effectués / 30). Pour un préavis de 2 mois dont 34 jours sont dispensés : 34/30 × salaire mensuel brut.
Ce que vous touchez à la fin : le solde de tout compte
En cas de démission, il n’y a pas d’indemnité de départ — ni indemnité légale, ni plancher négocié, contrairement à la rupture conventionnelle ou au licenciement. Votre solde de tout compte comprend uniquement :
- Le salaire du mois en cours, au prorata des jours travaillés (salaire mensuel ÷ 30 × jours de présence) ;
- L’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) pour les jours acquis mais non pris — due quel que soit le motif de départ. Calcul : comparer le maintien de salaire (salaire ÷ 26 × jours non pris) et la règle du 1/10e (10 % des bruts de la période de référence × jours non pris ÷ jours acquis), et retenir le montant le plus favorable — voir notre guide du calcul de l’indemnité de congés payés pour la méthode détaillée ;
- Le prorata du 13e mois (ou de toute prime contractuelle), si votre contrat ou votre convention le prévoit : montant annuel × mois de présence ÷ 12 ;
- L’indemnité compensatrice de préavis, si votre employeur vous a dispensé ;
- L’indemnité de non-concurrence, si une clause existe dans votre contrat (et qu’elle est assortie d’une contrepartie financière).
Exemple chiffré complet. Thomas, commercial (2 900 € brut/mois), démissionne après 2 ans d’ancienneté. Sa lettre est reçue le 15 janvier 2026, préavis de 1 mois : fin de contrat le 15 février. Son solde comprend : le salaire du 1er au 15 février (2 900 ÷ 30 × 15 = 1 450 €), son ICCP — il lui reste 6 jours non pris sur 25 acquis, bruts de la période 34 800 € → 1/10e : 34 800 × 10 % × 6/25 = 835,20 € contre maintien 2 900 ÷ 26 × 6 = 669,23 €, donc 835,20 € retenus — et le prorata de son 13e mois (2 900 ÷ 12 ≈ 241,67 €). Total : 2 526,87 € brut, plus ses documents de fin de contrat.
Pour le détail du calcul complet, notre guide du solde de tout compte étape par étape reprend chaque ligne avec sa méthode.
Démission et chômage : la question qui fâche
C’est le point qui surprend le plus : en principe, la démission n’ouvre pas droit aux allocations chômage. La logique de France Travail est simple : l’assurance chômage indemnise la perte involontaire d’emploi.
Il existe toutefois des exceptions, regroupées sous le nom de démission légitime. France Travail examine votre situation au cas par cas ; parmi les cas reconnus figurent notamment :
- la démission pour suivre son conjoint qui change de lieu de résidence pour un motif professionnel ;
- la démission suite au non-paiement des salaires par l’employeur ;
- la démission d’un CDD pour un CDI, ou d’un contrat aidé pour un emploi durable ;
- la démission pour un projet de reconversion professionnelle validé en amont par une commission (avec un accompagnement) ;
- la démission pendant la période d’essai d’un nouvel emploi retrouvé après un licenciement ou une fin de CDD.
Si votre démission est reconnue légitime, vous êtes indemnisé comme un demandeur d’emploi classique, avec le délai de carence de 7 jours et le différé d’indemnisation habituel. Si elle ne l’est pas, vous pouvez demander un réexamen après 121 jours de chômage non indemnisé, à condition de justifier de recherches actives d’emploi — c’est la fameuse procédure de réexamen des droits.
À l’inverse, si l’accès au chômage est votre priorité, la rupture conventionnelle (qui ouvre droit aux allocations et à une indemnité minimale) ou un licenciement sont des voies très différentes de la démission : pesez bien les conséquences avant de choisir.
Les documents que vous devez recevoir
À la date de fin de votre contrat, votre employeur doit vous remettre trois documents obligatoires : le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l’attestation France Travail. Un retard injustifié dans leur remise peut vous ouvrir droit à des dommages et intérêts — n’hésitez pas à les réclamer par écrit si nécessaire.
FAQ : vos questions sur la démission en 2026
Quelle est la durée du préavis en cas de démission ?
Il n’existe pas de durée légale générale. Elle est fixée par votre convention collective, votre contrat de travail ou, à défaut, les usages de la profession. Les durées courantes vont de 1 à 3 mois (souvent 1 mois pour les employés, 2 à 3 mois pour les cadres).
Puis-je démissionner sans préavis ?
Oui dans deux cas prévus par la loi : pendant la grossesse ou pour élever un enfant après un congé de maternité/adoption, et pour créer ou reprendre une entreprise. Sinon, la dispense se négocie avec votre employeur.
Combien coûte une indemnité compensatrice de préavis ?
Elle égale la rémunération que vous auriez perçue pendant le préavis non effectué (salaire + primes). Elle est intégralement soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu.
Ai-je droit au chômage après une démission ?
Pas en principe. Seule une démission reconnue « légitime » par France Travail (suivi de conjoint, non-paiement des salaires, reconversion validée, etc.) ouvre droit aux allocations. Sinon, un réexamen est possible après 121 jours.
La démission donne-t-elle droit à une indemnité de départ ?
Non. Contrairement au licenciement ou à la rupture conventionnelle, la démission n’ouvre droit à aucune indemnité légale de départ. Vous percevez uniquement votre solde de tout compte (salaire prorata, congés non pris, prorata de primes).
Puis-je poser mes congés pendant mon préavis ?
Votre employeur peut refuser : vous ne pouvez pas lui imposer de poser vos congés pendant le préavis. S’il accepte, ils s’imputent sur le préavis sans le suspendre, et la date de fin du contrat reste inchangée.
Nos calculettes utiles
- 📅 Calcul entre deux dates — déterminez votre date exacte de fin de préavis ;
- ⏱️ Convertir les heures en jours — pour vérifier vos durées et vos compteurs ;
- 📖 Salaire brut en net 2026 — estimez ce que votre solde de tout compte représente en net.
