Forfait jours 2026 : calcul, 218 jours, RTT et salaire

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman12 min de lecture
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Forfait jours 2026 : 218 jours travaillés, 9 jours de repos, calcul du salaire et du rachat de RTT. Forfait réduit, prorata et exemples chiffrés 2026.

Vous êtes cadre, votre contrat parle de « forfait jours », et vous vous demandez combien de jours vous devez vraiment travailler en 2026 ? La réponse courte : 218 jours travaillés, et 9 jours de repos pour y arriver. Derrière ce chiffre simple se cachent plusieurs calculs : la valeur d’une journée, le forfait réduit, le rachat de jours et le prorata en cas d’arrivée en cours d’année. Voici le guide complet, avec des exemples chiffrés.

Qu’est-ce que le forfait jours ?

Le forfait jours compte en jours travaillés sur l’année, et non en heures par semaine. Votre contrat fixe un plafond annuel de jours : le plus souvent 218 jours, le maximum prévu par le Code du travail (articles L3121-58 à L3121-66).

Concrètement, vous organisez vos journées avec une réelle autonomie : pas d’horaire collectif imposé, pas de compteur d’heures supplémentaires au sens classique. En contrepartie, l’employeur doit suivre votre charge de travail et garantir vos temps de repos.

Deux pièces sont indispensables :

  • Un accord collectif (d’entreprise, d’établissement ou, à défaut, de branche) qui autorise le dispositif et en fixe le cadre ;
  • Une convention individuelle de forfait, signée par écrit par le salarié, qui fixe le nombre exact de jours travaillés. Une convention qui se contente d’écrire « 218 jours maximum » sans fixer un nombre précis est nulle, selon la jurisprudence : le salarié retombe alors sur le régime des 35 heures, avec un rappel de salaire au titre des heures supplémentaires.

Qui peut être au forfait jours ?

Le dispositif est réservé à deux catégories de salariés :

  • Les cadres autonomes, qui disposent d’une réelle liberté dans l’organisation de leur emploi du temps et dont les fonctions ne les obligent pas à suivre l’horaire collectif de leur équipe ;
  • Les salariés non cadres autonomes, dont la durée du travail ne peut pas être prédéterminée et qui organisent eux-mêmes leur temps (par exemple certains commerciaux itinérants ou consultants).

Le mot-clé, c’est l’autonomie réelle. Un cadre soumis à un planning imposé, qui doit justifier ses horaires en permanence, n’est pas autonome — même si son contrat porte la mention « forfait jours ».

Forfait jours ou forfait heures : les différences

Le forfait heures compte en heures et intègre des heures supplémentaires ; le forfait jours compte en jours et échappe à la durée légale de 35 heures. Dans les deux cas, les repos minimaux restent garantis : 11 heures consécutives entre deux journées et 35 heures consécutives par semaine.

Combien de jours de repos en forfait jours 2026 ? La formule

Le nombre de jours de repos — souvent appelés RTT, ou JRS (jours de repos supplémentaires) — n’est pas fixé au hasard. C’est une variable d’ajustement : on part du calendrier de l’année, on retire tout ce qui n’est pas travaillé, et ce qui reste doit tomber sur 218 jours.

Formule : Jours de repos = Jours dans l’année − Week-ends − Congés payés − Jours fériés tombant un jour ouvré − Forfait

Appliquons-la à 2026, pour un forfait de 218 jours et 25 jours ouvrés de congés payés :

Étape Élément 2026
1 Jours dans l’année 365
2 Samedis et dimanches − 104
3 Congés payés (jours ouvrés) − 25
4 Jours fériés tombant en semaine − 9
5 Forfait annuel − 218
Résultat Jours de repos 2026 9 jours

Les 9 fériés 2026 tombant en semaine : 1er janvier, 6 avril (Pâques), 1er mai, 8 mai, 14 mai (Ascension), 25 mai (Pentecôte), 14 juillet, 11 novembre, 25 décembre. L’Assomption (15 août, samedi) et la Toussaint (1er novembre, dimanche) tombent le week-end et ne comptent pas.

Attention : la journée de solidarité est déjà incluse dans les 218 jours (le plafond était de 217 jours avant la loi du 30 juin 2004). Ne la retirez pas une seconde fois. Le même calcul, année par année, donne :

Année Jours dans l’année Fériés en semaine Jours de repos (forfait 218 j)
2024 366 (bissextile) 10 9
2025 365 10 8
2026 365 9 9
2027 365 7 11

Le forfait reste fixe à 218 jours ; ce sont les jours de repos qui s’ajustent au calendrier. Si votre accord fixe un forfait inférieur (212 ou 215 jours, fréquent dans la banque ou l’assurance) ou accorde des congés d’ancienneté, les jours de repos augmentent d’autant. Voir aussi notre guide sur le calcul des RTT en 2026.

Calcul du salaire en forfait jours

Le salaire mensuel est lissé sur l’année : un cadre à 48 000 € brut annuels touche 4 000 € brut par mois (48 000 ÷ 12), qu’il ait travaillé 18 jours en août ou 23 jours en octobre. Le mois de congés ne fait pas baisser le salaire, et un mois chargé ne le fait pas monter.

En revanche, pour tous les calculs ponctuels — rachat de jours, retenue, indemnité — on utilise la valeur d’une journée :

Valeur d’une journée = Salaire annuel brut ÷ Nombre de jours du forfait

Exemple 1 — valeur d’une journée. Claire, cadre au forfait 218 jours, gagne 48 000 € brut par an. La valeur d’une de ses journées est de 48 000 ÷ 218 = 220,18 € brut. C’est ce montant qui servira de base si elle rachète des jours de repos ou si une retenue doit être calculée.

Forfait jours réduit : calcul et pièges

Le forfait jours réduit consiste à fixer, dans la convention individuelle, un nombre de jours inférieur au plafond de 218 jours — par exemple dans le cadre d’un passage à 4/5e ou à 90 %. Le Code du travail autorise expressément les parties à convenir d’un nombre de jours inférieur au plafond.

Exemple 3 — passage à 80 %. Marc, cadre au forfait 218 jours, gagne 52 000 € brut par an. Il passe à 4/5e : son nouveau forfait est de 218 × 80 % = 174,4 jours, arrondi à 174 jours dans son avenant. Son salaire devient 52 000 × 80 % = 41 600 € brut par an, soit 3 466,67 € brut par mois. La valeur d’une journée reste quasiment identique : 41 600 ÷ 174 = 239,08 € brut.

Deux précisions qui évitent bien des malentendus :

  • Le forfait jours réduit n’est pas un temps partiel. La Cour de cassation l’a tranché : le salarié en forfait jours réduit ne bénéficie pas du statut de salarié à temps partiel, même si son volume de travail est réduit. Ce qui compte, c’est ce que prévoit l’avenant : rythme de travail, jours non travaillés, modalités de suivi.
  • Le calcul des jours de repos se refait sur la nouvelle base. Il se fait au prorata et selon les modalités de l’accord ou de l’avenant — ne reprenez pas tel quel le chiffre de 9 jours calculé pour un forfait complet. Vérifiez le nombre inscrit dans votre avenant avant de poser vos jours.

Point pratique : le décompte se fait en jours ou demi-journées. Une demi-journée travaillée compte pour une demi-journée de forfait — assurez-vous que le document de suivi les distingue bien des journées complètes.

Entrée ou sortie en cours d’année : le calcul au prorata

Quand un salarié arrive ou part en cours d’année, le forfait et les jours de repos se calculent au prorata de sa présence, selon les modalités prévues par l’accord collectif.

Exemple 4 — embauche au 1er juillet 2026. Léa est embauchée le 1er juillet au forfait 218 jours. Du 1er juillet au 31 décembre, il reste 184 jours calendaires sur 365. Son forfait proratisé est de 218 × 184 ÷ 365 ≈ 110 jours. Ses jours de repos suivent la même logique : 9 × 184 ÷ 365 ≈ 5 jours (arrondi selon l’accord). Ses congés payés, eux, se calculent selon les règles habituelles d’acquisition.

Exemple 5 — départ au 30 septembre 2026. Karim quitte l’entreprise après 273 jours calendaires de présence. Son forfait proratisé est de 218 × 273 ÷ 365 ≈ 163 jours. S’il a travaillé 170 jours à son départ, les 7 jours au-delà doivent être réglés selon l’accord (repos non pris, rachat ou régularisation) — un point à vérifier sur le solde de tout compte.

Et les absences pour maladie ?

Les congés payés sont déjà déduits dans le calcul de base. Les autres absences — maladie, par exemple — obéissent aux modalités de l’accord : en pratique, les jours d’absence viennent le plus souvent en déduction du forfait à réaliser. Une semaine d’arrêt ne s’ajoute pas au forfait, elle le réduit d’autant. Notre guide sur l’arrêt maladie 2026 détaille les IJSS et le maintien de salaire.

Rachat de jours de repos : calcul, plafond et fiscalité

Le salarié peut renoncer à une partie de ses jours de repos contre une majoration de salaire (article L3121-59 du Code du travail). Le dispositif suppose un avenant valable uniquement pour l’année en cours, et l’accord du salarié — l’employeur ne peut pas l’imposer.

Formule du rachat : Montant = (Salaire annuel brut ÷ Jours du forfait) × Jours rachetés × (100 % + Taux de majoration)

La majoration est d’au moins 10 %, et elle ne peut pas être inférieure au taux applicable à la première heure supplémentaire dans l’entreprise. Beaucoup d’accords prévoient 10 %, 15 % ou 20 %.

Exemple 6 — rachat de 5 jours à 10 %. Reprenons Claire (48 000 € brut par an, forfait 218 jours, valeur d’une journée 220,18 €). Elle rachète 5 jours de repos avec une majoration de 10 % : 220,18 × 5 × 1,10 = 1 211,00 € brut supplémentaires. Elle travaillera donc 223 jours en 2026 au lieu de 218.

Exemple 7 — rachat de 8 jours à 20 %. Avec une majoration de 20 % : 220,18 × 8 × 1,20 = 2 113,73 € brut. Claire travaillera alors 226 jours sur l’année.

Le plafond à connaître : 235 jours. Même en rachetant des jours, le total travaillé ne doit pas dépasser 235 jours dans l’année, sauf accord d’entreprise différent. Pour un forfait de 218 jours, cela laisse au maximum 17 jours rachetables.

Fiscalité du rachat. Le montant racheté est soumis aux cotisations sociales, mais il bénéficie d’avantages : exonération d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an (plafond commun avec les heures supplémentaires) et réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse. Il reste soumis à la CSG et à la CRDS.

Que faire des jours de repos non pris ?

En fin d’année, plusieurs destins sont possibles pour les jours de repos non pris :

  • Le report sur la période suivante, si l’accord le prévoit ;
  • Le rachat par l’employeur, avec la majoration d’au moins 10 % vue ci-dessus ;
  • Le placement sur un compte épargne-temps (CET), si l’entreprise en dispose. Notre guide sur le compte épargne-temps explique les règles de versement ;
  • Le don de jours de repos à un collègue en situation familiale difficile, avec l’accord de l’employeur ;
  • L’indemnisation, lorsque le salarié n’a pas pu prendre ses jours à cause de l’activité de l’entreprise ;
  • La perte, en principe, si aucune de ces solutions ne s’applique et si l’employeur n’a pas fait obstacle à la prise des jours.

Ne laissez pas vos jours s’accumuler jusqu’en décembre sans rien décider : c’est le meilleur moyen de les perdre ou de négocier un rachat dans l’urgence.

Les obligations qui protègent le salarié au forfait jours

Trois obligations pèsent sur l’employeur, et leur absence peut entraîner la nullité de la convention :

  • Un document de contrôle mensuel, qui recense les jours et demi-journées travaillés, ainsi que les jours de repos pris ;
  • La vérification régulière que la charge de travail reste raisonnable et compatible avec les repos quotidien (11 heures) et hebdomadaire (35 heures) ;
  • Un entretien annuel individuel portant sur la charge de travail, l’organisation du travail, l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, et le droit à la déconnexion.

Si ces suivis n’existent pas, la convention peut être remise en cause devant les prud’hommes, avec un retour au régime des 35 heures et un rappel de salaire au titre des heures supplémentaires. Le droit à la déconnexion doit aussi être défini par l’accord : être au forfait jours ne signifie pas être joignable à toute heure.

Nos calculettes utiles

🧮 Nos calculettes utiles

FAQ — Forfait jours 2026

Combien de jours de repos en forfait jours 2026 ?

Pour un forfait de 218 jours : 9 jours de repos (365 − 104 − 25 − 9 − 218 = 9). Ce chiffre varie chaque année selon le calendrier et selon votre forfait.

Le forfait jours est-il plafonné à 218 jours ?

Oui, 218 jours est le plafond légal. Avec le rachat de jours de repos, le total peut monter jusqu’à 235 jours, sauf accord d’entreprise différent. La convention individuelle doit fixer un nombre précis de jours, pas seulement le plafond.

Un salarié au forfait jours a-t-il droit à des heures supplémentaires ?

Non, pas au sens classique : le temps de travail se compte en jours, pas en heures. En revanche, les jours travaillés au-delà du forfait (via le rachat) sont payés avec une majoration d’au moins 10 %.

Le forfait jours réduit est-il un temps partiel ?

Non. Un forfait jours réduit (par exemple 174 jours pour un 4/5e) n’est juridiquement pas un temps partiel, même si le volume de travail est réduit. Le salaire est proratisé et les jours de repos se recalculent selon l’avenant.

Que se passe-t-il si je ne prends pas tous mes jours de repos ?

Selon votre accord : report, rachat avec majoration d’au moins 10 %, placement sur un CET, don à un collègue, ou indemnisation si l’employeur vous a empêché de les prendre. Sinon, les jours non pris au 31 décembre sont en principe perdus.

La journée de solidarité compte-t-elle dans les 218 jours ?

Oui. Le plafond de 218 jours inclut déjà la journée de solidarité (217 jours avant la loi du 30 juin 2004). Ne la déduisez pas une seconde fois. Voir notre guide sur la journée de solidarité 2026.

À retenir

Le forfait jours 2026, c’est 218 jours travaillés et 9 jours de repos pour un forfait complet — mais c’est surtout un dispositif à vérifier point par point : un nombre précis dans votre convention, un suivi mensuel réel, un entretien annuel tenu, et un compteur de jours juste en cas d’arrivée ou de départ en cours d’année. Prenez cinq minutes pour comparer votre contrat avec les calculs de ce guide : c’est souvent là que les écarts apparaissent.