Chômage partiel 2026 : calcul de votre indemnisation

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman9 min de lecture
Illustration du guide Chômage partiel 2026 : calcul de votre indemnisation

Chômage partiel 2026 : combien allez-vous toucher ? Calcul de l’indemnité d’activité partielle (60 % du brut, planchers, plafonds) avec exemples chiffrés.

Votre entreprise vient d’annoncer un passage en activité partielle, et la question qui vous trotte dans la tête est simple : combien allez-vous réellement toucher à la fin du mois ? Entre le pourcentage, les planchers, les plafonds et la CSG, le calcul peut sembler obscur. Pourtant, les règles 2026 sont encadrées au centime près. Voici comment se calcule votre indemnité de chômage partiel, avec des exemples chiffrés concrets.

Activité partielle : de quoi parle-t-on exactement ?

L’activité partielle — l’ancien « chômage partiel », devenu le régime unifié depuis le 1er juillet 2013 — permet à un employeur confronté à une baisse temporaire d’activité de réduire ou suspendre le temps de travail de ses salariés tout en les maintenant dans l’emploi. En contrepartie, l’État lui rembourse une partie des indemnités versées, via l’allocation d’activité partielle gérée par l’Agence de services et de paiement (ASP).

Les motifs de recours reconnus sont les suivants :

  • des difficultés liées à la conjoncture économique ;
  • un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel ;
  • des difficultés d’approvisionnement en matières premières ou en énergie ;
  • une transformation, une restructuration ou une modernisation de l’entreprise ;
  • toute autre circonstance de nature exceptionnelle.

En 2026, deux situations ont fait l’actualité. Le 2 avril 2026, le ministère du Travail a confirmé que les entreprises directement impactées par le conflit au Moyen-Orient pouvaient mobiliser le dispositif, à condition de démontrer un lien direct entre leur activité et le conflit — une simple hausse du prix du carburant ne suffit pas. Le 25 juin 2026, il a également ouvert la voie en cas de canicule : lorsque Météo France déclare une vigilance orange ou rouge, l’activité partielle est possible si l’entreprise prouve le lien direct avec la baisse d’activité et a d’abord mobilisé les solutions alternatives (aménagement des horaires, télétravail, congés). Dans le BTP, c’est le régime du chômage-intempéries qui s’applique.

Votre indemnité : la formule de calcul

Voici la règle de base, la même pour tous les salariés de droit commun : vous percevez 60 % de votre rémunération brute horaire, pour chaque heure chômée.

Deux garde-fous encadrent ce montant :

  • Le plafond : l’indemnité est calculée dans la limite de 4,5 Smic. En 2026, cela donne un maximum de 32,45 € par heure du 1er janvier au 31 mai, puis 33,24 € par heure depuis le 1er juin 2026, après la revalorisation du Smic.
  • Le plancher : votre indemnité ne peut jamais descendre sous le Smic net, soit 9,74 € par heure indemnisable depuis le 1er juin 2026. Ce maintien est toutefois limité à 35 heures par semaine : les heures supplémentaires, même mensualisées, ne sont pas obligatoirement maintenues.

L’indemnité est versée par votre employeur, sur votre bulletin de paie, aux échéances habituelles. Et bonne nouvelle : votre convention collective peut prévoir des modalités plus favorables que ce minimum légal — vérifiez toujours ce qu’elle dit. Enfin, si vous suivez une formation pendant la période d’activité partielle, vous devez percevoir 100 % de votre salaire brut.

Pour obtenir votre taux horaire de référence, divisez votre salaire brut mensuel par 151,67 (la durée mensuelle légale pour 35 heures). Si vous travaillez à temps partiel, utilisez votre durée contractuelle — par exemple 121,33 heures pour 28 heures hebdomadaires. Notre calculateur de temps partiel peut vous aider à vérifier votre base de calcul.

Trois exemples chiffrés concrets

Exemple 1 : Camille, 2 800 € brut par mois, 20 heures chômées

Camille travaille à temps plein (35 h) pour 2 800 € brut mensuels. En octobre 2026, son entreprise la place en activité partielle pendant 20 heures.

  • Taux horaire brut : 2 800 ÷ 151,67 = 18,46 € ;
  • Indemnité horaire : 60 % × 18,46 = 11,08 € (bien sous le plafond de 33,24 € et au-dessus du plancher de 9,74 €) ;
  • Indemnité du mois : 20 × 11,08 = 221,60 € brut ;
  • Après CSG-CRDS (6,7 %), il lui reste environ 206,75 € net ;
  • Le reste de son salaire — 2 430,80 € brut — est soumis aux cotisations sociales habituelles.

Côté employeur, l’allocation remboursée par l’État s’élève à 36 % du brut horaire, soit 6,65 € — portée au plancher de 8,57 € par heure, donc 171,40 € pour ces 20 heures. Le reste à charge de l’entreprise n’est que de 50,20 €.

Exemple 2 : Karim, payé au Smic, 35 heures chômées

Karim gagne le Smic, soit 12,31 € brut de l’heure depuis juin 2026. 60 % de son taux horaire ne donnerait que 7,39 € — sous le plancher. Son indemnité est donc portée à 9,74 € par heure, soit 340,90 € brut pour 35 heures chômées. Et grâce au mécanisme d’écrêtement, la CSG-CRDS est réduite de façon à ce que son indemnité nette ne passe pas sous le Smic brut.

Exemple 3 : Sophie, à temps partiel (28 h), 10 heures chômées

Sophie travaille 28 heures par semaine pour 2 000 € brut mensuels. Son taux horaire est de 2 000 ÷ 121,33 = 16,48 €. 60 % donnent 9,89 € par heure — au-dessus du plancher de 9,74 €. Pour 10 heures chômées, elle touche 98,90 € brut d’indemnité. Notez que les heures au-delà de sa durée contractuelle, comme les heures supplémentaires, ne sont pas indemnisées par le dispositif.

L’APLD : le dispositif de longue durée

Quand la baisse d’activité s’installe durablement, l’entreprise peut recourir à l’activité partielle de longue durée (APLD), mise en place par accord collectif. Les règles y sont plus généreuses : le salarié perçoit 70 % de sa rémunération brute (toujours dans la limite de 4,5 Smic, avec le plancher du Smic net), et l’allocation versée à l’employeur atteint 60 %, avec un minimum de 9,52 € par heure depuis le 1er janvier 2026 — montant gelé pour toute l’année.

Exemple : pour un salaire brut de 3 000 € (taux horaire de 19,78 €), l’indemnité APLD atteint 13,85 € par heure. En contrepartie, l’employeur s’engage notamment à maintenir les salariés dans l’emploi et à mener des actions de formation.

Le régime social et fiscal de votre indemnité

C’est un point que beaucoup de salariés découvrent avec surprise sur leur bulletin de paie : l’indemnité d’activité partielle n’est pas soumise aux cotisations sociales patronales et salariales de droit commun. En revanche :

  • elle est assujettie à la CSG (6,2 %, dont 3,8 % déductibles) et à la CRDS (0,5 %), soit 6,7 % au total, calculées comme sur les revenus de remplacement ;
  • elle est intégralement imposable à l’impôt sur le revenu.

Pour bien comprendre ce qui est prélevé sur votre paie et ce qui ne l’est pas, jetez un œil à notre guide des cotisations sociales 2026 : taux, calcul et plafonds.

Ce que l’activité partielle change — ou pas — pour vos droits

Congés payés : les périodes d’activité partielle sont prises en compte en totalité pour le calcul de vos congés payés. Vous continuez donc à en acquérir normalement. Si vous voulez vérifier ce que cela représente en euros, notre guide sur l’indemnité de congés payés (maintien du salaire ou dixième) détaille les deux méthodes de calcul.

Ancienneté : sauf dispositions conventionnelles plus favorables, les périodes d’activité partielle sont déduites de votre ancienneté. Cela peut réduire le montant d’une future indemnité de licenciement — un point à avoir en tête.

Jours fériés : si un jour férié tombe pendant la période et que vous totalisez 3 mois d’ancienneté (ou moins selon votre convention), deux cas : s’il est habituellement chômé dans l’entreprise, vous percevez votre rémunération habituelle ; s’il est habituellement travaillé, vous percevez l’indemnité d’activité partielle.

Licenciement : oui, un licenciement reste possible pendant une période d’activité partielle. La date de fin de la période correspond en pratique à la date de notification du licenciement.

La procédure, côté employeur (en bref)

Pour les curieux, voici comment votre entreprise obtient le droit de vous placer en activité partielle : elle doit d’abord consulter le CSE (l’avis est impératif), puis demander une autorisation à la Dreets avant la mise en place. L’administration a 15 jours pour se prononcer — son silence vaut acceptation. L’autorisation initiale est accordée pour 6 mois maximum, renouvelable, et le contingent est de 1 000 heures par an et par salarié. Chaque mois, l’employeur adresse à l’ASP ses demandes d’indemnisation avec le détail des heures chômées par salarié.

Petite subtilité : si l’entreprise a déjà recouru à l’activité partielle au cours des 36 derniers mois, elle doit prendre des engagements en contrepartie — maintenir les salariés dans l’emploi pendant une durée allant du simple au double de la période indemnisée, mener des actions de formation et de GPEC, et redresser sa situation économique. Sinon, elle s’expose à devoir rembourser les allocations perçues.

Nos calculettes utiles

Pour aller plus loin dans vos calculs de paie :

Questions fréquentes

L’indemnité de chômage partiel est-elle imposable ?

Oui, intégralement. Elle n’est pas soumise aux cotisations sociales de droit commun, mais elle supporte la CSG et la CRDS (6,7 % au total) et doit être déclarée à l’impôt sur le revenu.

Combien d’heures peuvent être indemnisées au maximum ?

Le contingent est de 1 000 heures par an et par salarié. L’autorisation initiale est accordée pour 6 mois maximum et peut être renouvelée.

Est-ce que j’acquiers des congés payés pendant l’activité partielle ?

Oui. Les périodes d’activité partielle sont prises en compte en totalité pour le calcul de vos congés payés. En revanche, elles sont déduites de votre ancienneté, sauf si votre convention collective prévoit mieux.

Mon employeur peut-il me verser moins de 60 % de mon brut ?

Non, sauf cas particuliers (apprentis et salariés rémunérés en pourcentage du Smic, soumis à des règles spécifiques). Et votre convention collective peut prévoir un taux plus favorable — vérifiez-la.

Un jour férié tombe pendant ma période d’activité partielle : comment est-il payé ?

Si le jour férié est habituellement chômé et que vous avez 3 mois d’ancienneté, vous touchez votre rémunération habituelle. S’il est habituellement travaillé, vous percevez l’indemnité d’activité partielle.

Puis-je être licencié pendant une période d’activité partielle ?

Oui, l’activité partielle n’interdit pas le licenciement. Notez simplement que les périodes d’activité partielle sont déduites de l’ancienneté retenue pour calculer l’indemnité de licenciement, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.