ARCE 2026 : montant, calcul et versements — guide complet

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman12 min de lecture
Illustration du guide ARCE 2026 : montant, calcul et versements — guide complet

L’ARCE 2026 transforme 60 % de vos droits chômage restants en capital, versé en 2 fois. Conditions, calcul détaillé, fiscalité et 4 exemples chiffrés.

Vous êtes indemnisé par France Travail et vous voulez créer ou reprendre une entreprise ? Vous avez alors le choix entre deux options : conserver vos allocations chômage mensuelles pendant le démarrage, ou transformer une partie de vos droits en capital, versé en deux fois pour financer votre projet. Cette deuxième option, c’est l’ARCE — l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise.

Réponse rapide : en 2026, l’ARCE correspond à 60 % du reliquat de vos droits à l’ARE constaté au jour de la création ou de la reprise de l’entreprise. Une participation de 3 % est retenue pour les retraites complémentaires, puis la CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %) s’appliquent. En ordre de grandeur, vous touchez donc environ 54 % de vos droits restants, en deux versements égaux espacés de six mois.

L’ARCE, c’est quoi exactement ?

L’ARCE permet à un demandeur d’emploi indemnisé de convertir une partie de son allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) en capital, plutôt que de la percevoir mois par mois. Ce capital sert d’apport personnel — pour rassurer une banque, financer les premiers stocks ou constituer une réserve de trésorerie pendant les mois fragiles du démarrage.

Le montant n’est pas forfaitaire : il dépend directement de vos droits restants. Depuis le 1er juillet 2023, il est fixé à 60 % du reliquat de droits (contre 45 % auparavant). Et attention à la confusion la plus fréquente : l’ARCE n’a rien à voir avec l’ACRE, qui est une exonération de cotisations sociales gérée par l’Urssaf. Les deux se cumulent — mieux : l’ACRE est une condition obligatoire pour obtenir l’ARCE.

Les 3 conditions pour toucher l’ARCE en 2026

France Travail n’accorde l’ARCE que si trois conditions sont réunies au même moment :

1. Avoir des droits à l’ARE ouverts et non épuisés. Vous devez être inscrit comme demandeur d’emploi et percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi — ou y avoir droit sans la percevoir au moment de la demande. Sans droits restants, pas d’ARCE : l’aide se calcule sur un reliquat qui doit exister.

2. Avoir créé ou repris une entreprise en France. Tous les statuts sont éligibles : SARL, SAS, entreprise individuelle, micro-entreprise. L’activité doit avoir démarré après la fin de votre contrat de travail — une création antérieure à l’inscription comme demandeur d’emploi peut compromettre le dossier.

3. Bénéficier de l’ACRE. C’est la condition sine qua non : sans la décision d’attribution de l’ACRE (l’exonération de charges sociales), France Travail ne versera pas l’ARCE. La demande d’ACRE se fait auprès de l’Urssaf au plus tard le 60e jour suivant le début d’activité — un délai à ne pas rater, car l’ACRE n’est plus automatique pour tous les profils. Anticipez cette démarche dès l’immatriculation.

Bon à savoir : France Travail met à disposition un simulateur de calcul de l’ARCE pour estimer votre capital avant de trancher entre l’ARCE et le maintien mensuel de l’ARE. Si vous ne connaissez pas encore le montant exact de vos droits, commencez par calculer vos droits à l’allocation chômage.

Comment se calcule le montant de l’ARCE ?

Le calcul se fait en quatre étapes, toujours à partir du reliquat de droits constaté au jour de la création ou de la reprise :

Droits ARE restants × 60 % − 3 % (retraites) − CSG/CRDS ≈ 6,7 % = capital ARCE net

Étape 1 — le reliquat. France Travail additionne ce qu’il vous reste : allocation journalière × nombre de jours restants (ou allocation mensuelle × mois restants). C’est votre « capital de droits » théorique.

Étape 2 — les 60 %. Le capital brut de l’ARCE vaut 60 % de ce reliquat. C’est la revalorisation intervenue le 1er juillet 2023 : avant cette date, seuls 45 % étaient convertis.

Étape 3 — la retenue de 3 %. Une participation de 3 % est prélevée sur ce capital au titre du financement des retraites complémentaires. C’est une spécificité de l’ARCE : vos trimestres de retraite continuent ainsi d’être alimentés malgré la conversion en capital.

Étape 4 — la CSG et la CRDS. L’ARCE est soumise à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), soit environ 6,7 % prélevés sur le capital. Elle est en outre imposable à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus de remplacement — prévoyez-le dans votre plan de trésorerie, comme pour n’importe quel revenu soumis au prélèvement à la source.

En résumé, l’ordre de grandeur à retenir :

ARCE nette ≈ droits restants × 54 %

Les deux versements : calendrier et conditions

Le capital n’est jamais versé en une seule fois. Il est réparti en deux fractions égales, pour soutenir l’entreprise dans la durée :

  • 1er versement (50 %) : dès que toutes les conditions d’attribution sont réunies et le dossier validé par France Travail — en pratique, au démarrage de l’activité. Cette première fraction finance les dépenses de lancement.
  • 2e versement (50 %) : six mois plus tard, à condition que l’entreprise soit toujours en activité et que vous l’exerciez toujours effectivement. Depuis le 1er avril 2025 (convention d’assurance chômage), une condition supplémentaire s’applique : vous devez également attester que vous n’exercez pas un emploi en CDI à temps plein. Avant cette date, reprendre un CDI à temps plein ne bloquait pas le second versement.

Pour ne pas rater l’échéance, utilisez notre calcul entre deux dates : comptez six mois jour pour jour à partir du premier versement, et programmez votre attestation d’activité.

4 exemples chiffrés de calcul d’ARCE

Exemple 1 — ARE de 1 200 €/mois, 18 mois de droits restants

Karim a perçu 6 mois d’ARE avant de créer son entreprise. Il lui reste 18 mois × 1 200 € = 21 600 € de droits.

  • Capital brut : 21 600 € × 60 % = 12 960 €
  • Après la retenue de 3 % : 12 960 € × 97 % = 12 571,20 €
  • Après CSG/CRDS (≈ 6,7 %) : 12 571,20 € × 93,3 % ≈ 11 729 € nets

Karim touche 6 285,60 € à la création, puis 6 285,60 € six mois plus tard s’il exerce toujours son activité.

Exemple 2 — ARE de 2 000 €/mois, création immédiate, 24 mois de droits

Sophie crée sa société dès son inscription à France Travail, sans avoir consommé de droits : 24 × 2 000 € = 48 000 € de reliquat.

  • Capital brut : 48 000 € × 60 % = 28 800 €
  • Après la retenue de 3 % : 28 800 € × 97 % = 27 936 €
  • Après CSG/CRDS (≈ 6,7 %) : 27 936 € × 93,3 % ≈ 26 064 € nets

Sophie reçoit 13 968 € au démarrage puis 13 968 € six mois après — un apport conséquent pour négocier son prêt bancaire.

Exemple 3 — Petits droits : ARE de 1 000 €/mois, 9 mois restants

Mehdi n’a plus que 9 mois de droits : 9 × 1 000 € = 9 000 € de reliquat.

  • Capital brut : 9 000 € × 60 % = 5 400 €
  • Après la retenue de 3 % : 5 400 € × 97 % = 5 238 €
  • Après CSG/CRDS (≈ 6,7 %) : 5 238 € × 93,3 % ≈ 4 887 € nets

Deux versements de 2 619 €. Même avec des droits modestes, l’ARCE constitue un coup de pouce réel pour les premiers mois.

Exemple 4 — Micro-entrepreneur : ARE de 1 500 €/mois, 20 mois restants

Léa se lance en micro-entreprise avec 20 × 1 500 € = 30 000 € de droits restants. Elle cumule l’ARCE avec l’ACRE, qui lui donne une exonération partielle de cotisations sociales la première année — un point détaillé dans notre guide sur le calcul des cotisations sociales en auto-entrepreneur.

  • Capital brut : 30 000 € × 60 % = 18 000 €
  • Après la retenue de 3 % : 18 000 € × 97 % = 17 460 €
  • Après CSG/CRDS (≈ 6,7 %) : 17 460 € × 93,3 % ≈ 16 290 € nets

Léa perçoit 8 730 € au démarrage puis 8 730 € six mois plus tard.

ARCE ou maintien de l’ARE : que choisir ?

Les deux options sont exclusives : pour les mêmes droits, vous ne pouvez pas cumuler l’ARCE avec le versement mensuel de l’ARE. Le choix est en principe définitif, alors comparez avant de trancher :

Critère ARCE (capital) Maintien de l’ARE
Mode de versement Capital en 2 fois (création, puis + 6 mois) Mensuel, selon les revenus d’activité
Montant total 60 % des droits restants (≈ 54 % nets) Jusqu’à 100 % des droits restants
Durée de protection Aucune après versement Jusqu’à épuisement des droits
Condition préalable Droits ARE + ACRE obtenue Droits ARE ouverts
Idéal pour Besoin d’apport initial fort, revenus rapides Activité à revenus progressifs, démarrage prudent

Depuis le 1er avril 2025, le cumul de l’ARE avec les revenus de votre entreprise est plafonné à 60 % du capital des droits restants à la date de création — un point à intégrer dans vos simulations si vous hésitez entre les deux options. Notre guide sur le cumul entre chômage et salaire détaille ces règles.

La règle de décision est simple : si votre projet exige un apport immédiat (local, matériel, stock), l’ARCE est souvent la meilleure option. Si vos revenus vont monter progressivement et que vous voulez un filet de sécurité mensuel, le maintien de l’ARE protège mieux.

Que deviennent les 40 % de droits restants ?

Ils ne sont pas perdus. Les 40 % de droits non convertis sont conservés pendant 3 ans, en plus de la durée initiale de vos droits. Si votre entreprise cesse son activité et que vous vous réinscrivez comme demandeur d’emploi, ces droits peuvent être réactivés — c’est la « reprise des droits ».

Attention toutefois : depuis avril 2025, la reprise n’est possible que si l’entreprise est définitivement fermée, et la demande est étudiée par l’instance paritaire régionale de France Travail. L’ARCE offre donc un équilibre : un capital immédiat pour entreprendre, et un filet de sécurité en cas d’échec du projet.

Peut-on toucher l’ARCE plusieurs fois ?

Oui, mais pas pour le même projet. Pour obtenir une nouvelle ARCE, il faut créer ou reprendre une nouvelle entreprise et respecter un délai de 3 ans entre les deux demandes — calculé à partir de la fin de la précédente période d’exonération ACRE. Les autres conditions (droits ARE ouverts, ACRE obtenue) s’appliquent à nouveau.

Les démarches, étape par étape

  1. Vérifiez vos droits ARE restants auprès de France Travail (relevé de situation, attestation de droits). C’est la base de tout le calcul.
  2. Créez ou reprenez votre entreprise : immatriculation au registre compétent, après la fin de votre contrat de travail.
  3. Demandez l’ACRE auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité. Sans la décision d’attribution, pas d’ARCE.
  4. Demandez l’ARCE à France Travail avec vos justificatifs : preuve d’immatriculation et décision d’attribution de l’ACRE. Précisez formellement que vous optez pour l’ARCE plutôt que le maintien de l’ARE.
  5. Recevez le premier versement, puis préparez l’attestation d’activité pour le second, six mois plus tard.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Confondre ARCE et ACRE. L’une est un capital versé par France Travail, l’autre une exonération de charges sociales de l’Urssaf. L’ACRE est le prérequis de l’ARCE, pas son synonyme.
  • Rater le délai ACRE de 60 jours. Une demande d’ACRE hors délai, c’est une ARCE impossible. Faites cette démarche dès l’immatriculation.
  • Croire qu’on « touche tout son chômage d’un coup ». Non : l’ARCE ne convertit que 60 % des droits restants, en deux fois. Les 40 % restants sont conservés, pas versés.
  • Reprendre un CDI à temps plein avant le second versement. Depuis le 1er avril 2025, c’est une cause de blocage du second versement.
  • Oublier la fiscalité dans le plan de trésorerie. CSG/CRDS prélevées à la source et impôt sur le revenu à payer : le capital « net » n’est pas le capital « brut ».
  • Choisir l’ARCE sans comparer avec le maintien de l’ARE. Si vos revenus d’activité démarrent vite, le maintien mensuel peut rapporter davantage au total. Faites le calcul avec le simulateur France Travail avant de signer votre choix.

FAQ — ARCE

L’ARCE est-elle cumulable avec l’ACRE ?

Oui, et c’est même obligatoire : l’obtention de l’ACRE est une condition préalable au versement de l’ARCE. Les deux aides se complètent — l’une réduit vos charges sociales, l’autre vous apporte du capital.

Puis-je toucher l’ARCE en micro-entreprise ?

Oui. Tous les statuts juridiques sont éligibles — SARL, SAS, entreprise individuelle et micro-entreprise — dès lors que les trois conditions (droits ARE, création en France, ACRE) sont remplies.

Que se passe-t-il si mon entreprise échoue ?

Les 40 % de droits non convertis sont conservés. En cas de cessation définitive de l’activité et de réinscription comme demandeur d’emploi, vous pouvez demander la reprise de ces droits auprès de France Travail.

L’ARCE est-elle imposable ?

Oui. Elle est soumise à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), prélevées sur le capital, et elle est imposable à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de remplacement.

Combien de temps pour recevoir le premier versement ?

Le premier versement intervient une fois le dossier complet validé par France Travail (immatriculation + décision ACRE). Comptez quelques semaines de traitement selon les périodes — déposez votre demande dès que vous avez tous les justificatifs.

Peut-on changer d’avis après avoir choisi l’ARCE ?

Non, en principe : l’option pour l’ARCE remplace le maintien mensuel de l’ARE pour les droits concernés, et ce choix est définitif. D’où l’importance de comparer les deux options — capital immédiat contre filet mensuel — avant de trancher.

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