13ème mois au prorata 2026 : simulation, embauche et départ

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman10 min de lecture
Illustration du guide 13ème mois au prorata 2026 : simulation, embauche et départ

13ème mois au prorata 2026 : formule de calcul, embauche, départ, CDD, temps partiel. 4 exemples chiffrés pour vérifier votre montant brut et net en 2026.

Vous avez été embauché en avril, vous quittez votre entreprise en juin, votre CDD se termine en décembre : quel montant de 13e mois allez-vous réellement toucher ? La réponse tient dans une formule simple — salaire de référence × (mois de présence ÷ 12) — mais son application réserve quelques pièges : mois incomplets, absences, temps partiel, condition de présence au jour du versement. Voici le calcul, simulé avec 4 exemples chiffrés, pour savoir exactement ce qui doit figurer sur votre bulletin de paie ou votre solde de tout compte.

La formule du 13e mois au prorata

Quand un salarié n’a pas travaillé l’année entière, le 13e mois se calcule pro rata temporis, c’est-à-dire au prorata du temps de présence :

Montant = salaire de référence brut × (mois de présence dans l’année ÷ 12)

Deux éléments à identifier avant tout calcul :

  • Le salaire de référence : dans la plupart des textes, c’est le salaire brut du mois de décembre (ou, en cas de départ, le salaire brut du dernier mois travaillé). Certaines conventions y ajoutent la prime d’ancienneté ; d’autres la calculent sur le salaire de base seul. Vérifiez toujours votre convention collective ou votre contrat de travail.
  • Les mois de présence : on compte en général les mois civils entiers. Un salarié embauché le 3 avril est présent de avril à décembre, soit 9 mois. Arrivé le 20 janvier, janvier ne compte généralement pas comme un mois complet.

Exemple immédiat : salaire de 2 400 € brut, 9 mois de présence → 2 400 × 9 ÷ 12 = 1 800 € brut de 13e mois.

Quand le prorata s’applique — et quand il ne s’applique pas

Rappel de base : le 13e mois n’est obligatoire que s’il est prévu par votre contrat de travail, votre convention collective, un accord collectif, un engagement unilatéral de l’employeur, ou un usage d’entreprise (versement généralisé, constant et fixe depuis plusieurs années). Voici comment le prorata joue selon votre situation.

Embauche en cours d’année

Dans la majorité des textes, un salarié entré en cours d’année touche le 13e mois au prorata de son temps de présence, à condition d’être présent au moment du versement (généralement en décembre). Attention toutefois : certaines conventions exigent une ancienneté minimale (par exemple un an, ou la réussite de la période d’essai) avant d’ouvrir le droit à la prime.

Départ en cours d’année (démission, licenciement, rupture conventionnelle)

C’est la situation la plus litigieuse — et celle que les guides généralistes expliquent le plus mal. Le versement d’une fraction du 13e mois au départ n’est dû à l’employeur que dans trois cas :

  1. le prorata est expressément prévu par un texte (contrat, convention collective) ;
  2. il résulte d’un usage établi dans l’entreprise (généralisé, constant, fixe) ;
  3. votre contrat prévoit un salaire annuel payable en 13 mois — la jurisprudence considère alors que la 13e partie du salaire est due au prorata (Cass. soc., 19 décembre 1990).

En dehors de ces cas, l’employeur n’est pas tenu de verser le prorata au salarié qui part — surtout si le texte réserve la prime aux salariés présents à une date donnée. Cette somme figure alors dans le solde de tout compte, ligne « prime de 13e mois proratisée ».

CDD et temps partiel

CDD : le principe d’égalité de traitement s’applique. Un CDD de 6 mois perçoit le 13e mois au prorata de la durée de son contrat, comme un CDI.

Temps partiel : double prorata. Le calcul part du salaire brut à temps partiel (et non de l’équivalent temps plein), multiplié par les mois de présence divisés par 12.

Les absences : lesquelles réduisent la prime ?

Certaines conventions prévoient une réduction proportionnelle du 13e mois pour les absences non assimilées à du travail effectif : maladie non professionnelle, congé sans solde, par exemple. En revanche, les absences suivantes comptent toujours comme temps de présence : congés payés, congé maternité, congé paternité, accident du travail et maladie professionnelle. Certaines conventions déduisent même la prime à raison de 1/312e par jour d’absence ouvrable — vérifiez le barème applicable dans votre branche.

Simulation n° 1 : embauche le 3 avril 2026

Sophie est embauchée le 3 avril 2026 en CDI, salaire brut 2 500 €. Sa convention prévoit le 13e mois au prorata du temps de présence.

  • Mois de présence : avril à décembre = 9 mois (avril compte comme mois complet, elle est entrée au début du mois)
  • Calcul : 2 500 × 9 ÷ 12 = 1 875 € brut
  • Estimation en net (salariée non-cadre, coefficient ≈ 0,78) : 1 875 × 0,78 = 1 462,50 € net

Si elle avait été embauchée le 20 avril, plusieurs conventions n’auraient compté que 8 mois (mai à décembre), soit 2 500 × 8 ÷ 12 = 1 666,67 €. Un mois incomplet peut coûter plus de 200 € : vérifiez la règle d’arrondi de votre texte.

Simulation n° 2 : démission le 31 mai 2026

Karim démissionne le 31 mai 2026. Salaire brut : 2 800 €. Sa convention collective prévoit expressément le versement du 13e mois au prorata en cas de départ.

  • Mois de présence : janvier à mai = 5 mois
  • Calcul : 2 800 × 5 ÷ 12 = 1 166,67 € brut
  • Estimation en net : 1 166,67 × 0,78 = 910 € net environ
  • Versement : la somme est intégrée au solde de tout compte, remis à la fin du préavis.

Point de vigilance : si sa convention ne prévoyait rien et qu’aucun usage n’était établi, Karim n’aurait pu exiger ce montant — sauf si son contrat mentionnait un salaire annuel en 13 mensualités.

Simulation n° 3 : CDD du 1er juillet au 31 décembre 2026

Léa signe un CDD de 6 mois, salaire brut 2 200 €. La prime est prévue par la convention de la branche.

  • Mois de présence : juillet à décembre = 6 mois
  • Calcul : 2 200 × 6 ÷ 12 = 1 100 € brut
  • Estimation en net : 1 100 × 0,78 = 858 € net environ

En CDD, la prime suit exactement la même logique qu’en CDI : proportionnelle à la durée du contrat. Aucune ancienneté minimale ne peut être opposée au CDD au-delà du temps de présence lui-même.

Simulation n° 4 : temps partiel à 80 % toute l’année

Thomas travaille à 80 % depuis le 1er janvier 2026. Son équivalent temps plein est de 3 000 € brut, soit un brut réel de 2 400 €.

  • Base de calcul : le salaire à temps partiel, soit 2 400 € (et non 3 000 €)
  • Mois de présence : 12 mois
  • Calcul : 2 400 × 12 ÷ 12 = 2 400 € brut
  • Estimation en net : 2 400 × 0,78 = 1 872 € net environ

S’il était entré à 80 % le 1er juillet : 2 400 × 6 ÷ 12 = 1 200 € brut. Le temps partiel et l’année incomplète se cumulent : c’est le double prorata.

Récapitulatif des 4 simulations

Situation Salaire de référence brut Mois de présence 13e mois brut Estimation net*
Embauche le 3 avril 2 500 € 9 / 12 1 875 € ≈ 1 463 €
Démission le 31 mai 2 800 € 5 / 12 1 166,67 € ≈ 910 €
CDD 6 mois (juil.–déc.) 2 200 € 6 / 12 1 100 € ≈ 858 €
Temps partiel 80 %, année complète 2 400 € 12 / 12 2 400 € ≈ 1 872 €

* Coefficient 0,78 (non-cadre) : estimation indicative. Pour un montant précis, utilisez notre calculateur salaire brut/net — et comptez plutôt 0,75 si vous êtes cadre.

Les 5 erreurs qui faussent la simulation

  1. Compter un mois incomplet comme un mois entier. Arrivé le 25 janvier, vous n’avez probablement droit qu’à 11/12e — pas à 12. Certaines branches déduisent même au jour près (1/312e par jour ouvrable non travaillé).
  2. Prendre le mauvais salaire de référence. Ce n’est pas toujours le salaire de décembre : en cas de départ, c’est le dernier mois travaillé. Et la prime d’ancienneté n’y figure que si le texte le prévoit — relisez votre convention plutôt que de deviner.
  3. Oublier les absences qui réduisent. Un mois de congé sans solde ou un arrêt maladie non professionnel peut amputer la prime d’un douzième par mois d’absence, selon la convention.
  4. Confondre net et brut. Le 13e mois est un salaire : il supporte les cotisations sociales, la CSG-CRDS et l’impôt sur le revenu. Un prorata de 1 875 € brut ne met pas 1 875 € sur votre compte.
  5. Ignorer le fractionnement. Si votre entreprise verse un acompte de 13e mois en juin (parfois 50 %), cette avance se déduit du solde de décembre. Ne recalculez pas sur la base entière.

Pour comprendre toutes les règles du 13e mois (obligation, versement, fiscalité), notre guide complet du 13e mois 2026 détaille les conditions de droit et le montant en année complète.

Vérifier son montant : la méthode pas à pas

  1. Retrouvez le texte applicable : contrat de travail, convention collective, accord d’entreprise ou usage. C’est lui qui fixe la base de calcul, les arrondis et les conditions de présence.
  2. Identifiez le salaire de référence : décembre (année complète) ou dernier mois travaillé (départ), avec ou sans prime d’ancienneté selon le texte.
  3. Comptez les mois de présence : mois civils entiers, en déduisant les absences non assimilées si la convention le prévoit.
  4. Appliquez la formule : salaire de référence × mois ÷ 12.
  5. Convertissez en net avec le calculateur brut/net : coefficient ≈ 0,78 pour un non-cadre, 0,75 pour un cadre.
  6. En cas de départ, vérifiez le solde de tout compte : la ligne « prime 13e mois » doit correspondre à votre calcul. En cas d’écart, réclamez par courrier recommandé ; si l’employeur refuse, les prud’hommes tranchent.

Nos calculettes utiles

Pour affiner votre simulation :

FAQ : 13e mois au prorata

Comment calculer le 13e mois au prorata en cas d’embauche en cours d’année ?

Multipliez votre salaire brut mensuel de référence par le nombre de mois de présence, puis divisez par 12. Embauché en avril avec 2 500 € brut : 2 500 × 9 ÷ 12 = 1 875 € brut. La plupart des textes exigent d’être présent au moment du versement (décembre).

Ai-je droit au 13e mois si je démissionne en cours d’année ?

Seulement si le prorata au départ est prévu par votre contrat, votre convention collective ou un usage d’entreprise, ou si votre contrat prévoit un salaire annuel en 13 mensualités. Sans cela, l’employeur n’est pas tenu de le verser. Quand il est dû, il figure dans le solde de tout compte.

Comment se calcule le 13e mois d’un salarié en CDD ?

Comme en CDI, au prorata de la durée du contrat : salaire brut × mois du contrat ÷ 12. Un CDD de 6 mois à 2 200 € brut donne 1 100 € brut de 13e mois.

Le 13e mois proratisé est-il soumis aux cotisations et à l’impôt ?

Oui : c’est un salaire comme un autre. Il supporte les cotisations salariales et patronales, la CSG-CRDS, et il est imposable à l’impôt sur le revenu. En net, comptez environ 78 % du brut pour un non-cadre.

Les absences réduisent-elles le 13e mois au prorata ?

Ça dépend de votre convention. Les absences non assimilées à du travail effectif (maladie non professionnelle, congé sans solde) peuvent réduire la prime ; les congés payés, la maternité, le congé paternité et les accidents du travail comptent toujours comme temps de présence.

Mon employeur a versé un acompte de 13e mois en juin : comment calculer le solde ?

Calculez d’abord le montant total au prorata avec la formule, puis déduisez l’acompte déjà versé. Exemple : 1 875 € de prime totale, 900 € versés en juin → solde de 975 € brut en décembre.