Vous êtes en stage et vous vous demandez combien vous allez toucher ? La réponse tient en deux chiffres : 4,50 € par heure de présence, et une obligation qui démarre dès que le stage dépasse 2 mois. Mais entre le calcul du montant, le versement mensuel, les exonérations de cotisations et les cas particuliers, la gratification de stage mérite mieux qu’un chiffre lancé en l’air. Voici le guide complet, avec les règles 2026 et des exemples chiffrés concrets.
Le montant minimum de la gratification en 2026
Lorsque la gratification est obligatoire, son montant minimal est fixé par la loi : 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Ce plafond horaire s’établit à 30 € au 1er janvier 2026. Le calcul est donc simple :
30 € × 15 % = 4,50 € par heure de stage
C’est un plancher, pas un plafond : une convention de branche ou un accord professionnel étendu peut prévoir un montant plus favorable au stagiaire, et dans ce cas c’est la règle la plus avantageuse qui s’applique. En revanche, dans le secteur public, la gratification est fixée au minimum légal — l’administration ne peut pas verser davantage.
Le montant retenu doit figurer noir sur blanc dans la convention de stage, signée par l’étudiant, l’établissement d’enseignement et l’organisme d’accueil. Sans convention, le stage n’existe tout simplement pas aux yeux de la loi.
À partir de quand la gratification devient-elle obligatoire ?
Le versement d’une gratification est obligatoire dès que la durée du stage est supérieure à 2 mois, au cours de la même année scolaire ou universitaire et dans le même organisme d’accueil. Ces deux mois peuvent être consécutifs ou non.
Pour compter, l’administration retient la présence effective :
- 1 mois = 22 jours de présence effective, consécutifs ou non ;
- 7 heures de présence = 1 jour de stage, consécutives ou non ;
- le seuil correspond donc à 44 jours de 7 heures, soit 308 heures ;
- la gratification est due à partir de la 309e heure.
Point essentiel que beaucoup ignorent : quand le seuil est franchi, la gratification est due pour toute la durée du stage, dès le 1er jour du 1er mois. Si votre stage dure 3 mois, vous ne commencez pas à être payé au 3e mois — vous l’êtes depuis le premier jour.
En dessous de 2 mois (ou 308 heures), la gratification reste facultative : l’entreprise peut en verser une volontairement, sans y être contrainte. Le montant éventuel doit alors être précisé dans la convention.
Exemple concret : un stage de 320 heures réparties sur 10 semaines dépasse le seuil. La gratification est obligatoire, et elle couvre les 320 heures, pas seulement les 12 heures au-delà des 308. Un stage de 290 heures, lui, n’ouvre droit à aucune gratification obligatoire.
Comment calculer votre gratification : la formule
La formule officielle est la suivante :
Gratification = nombre d’heures de présence effective × 4,50 €
On ne retient que les heures de présence effective du stagiaire. Bonne nouvelle : les périodes de congés payés que l’employeur prévoit d’accorder au stagiaire peuvent s’ajouter à ce temps de présence. En revanche, les jours fériés chômés non travaillés ne sont pas comptabilisés pour apprécier la durée du stage — même si la convention peut prévoir de les rémunérer.
Exemple chiffré 1 : stage de 4 mois à temps plein
Reprenons l’exemple de référence de l’Urssaf : un stage du 1er janvier au 30 avril 2026, soit 588 heures réellement effectuées.
- Gratification minimale totale : 588 × 30 × 15 % = 2 646 € pour le stage ;
- Payée au réel, elle varie selon les heures de chaque mois : 693 € en janvier (154 h), 630 € en février (140 h), 724,50 € en mars (161 h), 598,50 € en avril (133 h) ;
- Avec le lissage, le stagiaire reçoit 661,50 € chaque mois (2 646 € ÷ 4).
Exemple chiffré 2 : stage à temps partiel, 3 mois à 24 h/semaine
Un stage à 24 heures par semaine représente environ 104 heures par mois (24 × 52 ÷ 12). La gratification mensuelle minimale s’établit donc à 104 × 4,50 = 468 €, soit environ 1 404 € pour les 3 mois. Si vous voulez vérifier vos totaux, vous pouvez additionner vos heures de présence semaine par semaine.
Tableau : gratification mensuelle minimale selon le temps de présence
| Temps hebdomadaire | Heures par mois | Gratification minimale/mois |
|---|---|---|
| 35 h | 151,67 h | 682,52 € |
| 32 h | 138,67 h | 624 € |
| 28 h | 121,33 h | 546 € |
| 24 h | 104 h | 468 € |
| 21 h | 91 h | 409,50 € |
Pour passer des heures hebdomadaires aux jours de stage, vous pouvez aussi convertir vos heures en jours afin de vérifier si vous franchissez le seuil des 44 jours.
Versement mensuel : heures réelles ou lissage ?
La gratification doit être versée à la fin de chaque mois, dès le premier mois de stage. L’organisme d’accueil choisit entre deux modalités, qui doivent être précisées dans la convention de stage :
- le paiement au réel : chaque mois, la gratification correspond aux heures réellement effectuées — le montant varie donc d’un mois à l’autre ;
- le lissage : le total dû sur la durée du stage est divisé par le nombre de mois, et le stagiaire reçoit le même montant chaque mois.
Le lissage est souvent plus confortable pour le stagiaire, qui touche un revenu régulier. Mais attention : si le stage s’interrompt avant la fin, un réajustement peut s’avérer nécessaire — d’où l’importance de bien calculer la durée exacte entre les deux dates du stage avant de signer la convention.
Cotisations sociales : la franchise de 4,50 € par heure
C’est l’un des points les plus intéressants pour les deux parties : dans la limite du minimum légal, la gratification est exonérée de cotisations et contributions sociales. Concrètement, la franchise s’applique lorsque le montant versé sur un mois civil ne dépasse pas 4,50 € par heure de stage effectuée.
Dans cette limite, le stagiaire touche la gratification en brut = net : pas de CSG, pas de CRDS, pas de cotisations maladie ou vieillesse. Seule exception : la cotisation accidents du travail – maladies professionnelles (AT-MP) reste due — et quand la gratification ne dépasse pas la franchise, c’est l’établissement d’enseignement qui s’en charge.
Quand la gratification dépasse le minimum
Si l’employeur verse plus que le minimum légal (par exemple 6 € de l’heure), seule la part qui dépasse la franchise devient soumise aux cotisations : maladie, vieillesse, CSG-CRDS, contribution solidarité autonomie, et selon l’effectif, FNAL et versement mobilité. Les cotisations maladie et allocations familiales sont dues à taux plein.
Mais deux cotisations ne s’appliquent jamais aux stagiaires, même au-delà de la franchise : l’assurance chômage (le stagiaire n’est pas salarié et n’ouvre pas de droits à l’ARE) et la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO.
Exemple chiffré 3 : gratification de 900 € par mois
Un stagiaire perçoit 900 € par mois pour un stage à temps plein (minimum légal : 682,52 €) :
- Franchise exonérée : 682,52 € — aucune cotisation ;
- Part soumise à cotisations : 900 − 682,52 = 217,48 € ;
- Cotisations salariales estimées sur ces 217,48 € (environ 22 %) : ~48 € ;
- Gratification nette perçue : environ 852 € — contre 900 € si la gratification s’était arrêtée au minimum légal.
La différence entre le brut versé et le net perçu reste donc faible, et la franchise profite aussi à l’employeur, qui ne paie des charges patronales que sur la fraction excédentaire. Si vous voulez comprendre précisément la différence entre brut et net en 2026, notre guide détaillé vous aidera.
Avantages en nature et repas
Quelques règles complémentaires, souvent méconnues :
- les stagiaires doivent avoir accès au restaurant d’entreprise dans les mêmes conditions que les salariés ;
- si la gratification atteint au moins la franchise et que le stagiaire participe aux frais de repas à hauteur d’au moins 50 % du forfait avantage en nature, aucune cotisation n’est due sur cet avantage ;
- l’employeur doit prendre en charge les abonnements de transports publics domicile – lieu de stage, dans les mêmes conditions que pour ses salariés (50 %).
La gratification de stage est-elle imposable ?
Bonne nouvelle pour la plupart des stagiaires : la gratification est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel brut. Pour la quasi-totalité des stages étudiants, dont les montants restent bien en deçà de ce plafond, la gratification n’est donc pas imposable.
Seule la part qui dépasserait le SMIC annuel devrait être déclarée et intégrée au revenu imposable — un cas rare, réservé aux stages très bien rémunérés sur de longues durées. Attention toutefois : même exonérées, les gratifications doivent être mentionnées dans la déclaration de revenus, dans la case dédiée aux revenus exonérés. Elles comptent pour le revenu fiscal de référence du foyer, ce qui peut influencer certains droits soumis à conditions de ressources (bourses, aides au logement).
Vos autres droits pendant le stage
Le stagiaire n’est pas un salarié, mais il n’est pas sans droits pour autant :
- convention obligatoire : le stage ne peut ni remplacer un salarié absent ou licencié, ni correspondre à un poste de travail permanent, ni répondre à un accroissement temporaire d’activité ;
- durée maximale : 6 mois par année d’enseignement, dans un même organisme d’accueil ;
- pas de déclaration préalable à l’embauche (DPAE) : le stagiaire n’étant pas salarié, l’employeur n’en adresse pas à l’Urssaf ;
- exclusion du décompte des effectifs de l’entreprise ;
- accès aux activités sociales et culturelles du CSE, dans les mêmes conditions que les salariés ;
- attestation de stage remise à la fin, mentionnant la durée effective totale et le montant total de la gratification versée ;
- protection contre les accidents du travail, avec rattachement au régime général de la Sécurité sociale.
Et si la gratification dépasse la franchise légale, ou si le stage dure 2 mois ou plus, le stagiaire doit être déclaré en DSN — ces deux conditions ne sont pas cumulatives.
Les cas particuliers à connaître
Établissements agricoles. Pour les élèves de l’enseignement supérieur agricole suivant une formation à rythme spécifique, la durée minimale pour bénéficier d’une gratification obligatoire passe à 3 mois, soit plus de 462 heures.
Juniors entreprises et recherche. Le montant minimum légal ne s’applique pas aux bénéficiaires de la formation à la recherche, ni aux étudiants travaillant pour des « juniors entreprises » (associations étudiantes à caractère pédagogique).
Stages à l’étranger. Les modalités sont fixées entre l’établissement, le stagiaire et l’organisme d’accueil. La couverture accidents du travail est maintenue pour une durée maximale de 12 mois, avec une cotisation recouvrée auprès de l’établissement d’enseignement.
Secteur public. L’administration verse la gratification au montant minimum légal — ni plus, ni moins.
Enfin, notez que le stage ne doit jamais servir de substitut à un contrat de travail : en l’absence de convention, ou si le stagiaire est en réalité utilisé comme un salarié à part entière, les sommes versées sont requalifiées et soumises à cotisations comme des salaires. Pour l’étudiant comme pour l’entreprise, une convention bien rédigée est la meilleure protection.
Questions fréquentes
Quel est le montant de la gratification de stage en 2026 ?
La gratification minimale est de 4,50 € par heure de stage, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (30 € en 2026). Pour un stage à temps plein de 35 h/semaine, cela représente 682,52 € par mois. Une convention collective peut prévoir un montant supérieur.
À partir de combien d’heures un stage doit-il être gratifié ?
La gratification devient obligatoire dès que le stage dépasse 2 mois, soit plus de 44 jours de 7 heures, ou à partir de la 309e heure de présence effective — consécutives ou non, au cours de la même année scolaire et dans le même organisme d’accueil. Elle est alors due dès le premier jour du stage.
Un stage de moins de 2 mois donne-t-il droit à une gratification ?
Non, pas obligatoirement. En dessous du seuil de 2 mois (308 heures), la gratification est facultative. L’entreprise peut choisir d’en verser une volontairement, mais le montant doit alors être précisé dans la convention de stage.
La gratification de stage est-elle versée en brut ou en net ?
Dans la limite du minimum légal (4,50 €/h), la gratification est exonérée de cotisations sociales : brut = net. Si l’employeur verse davantage, seule la part excédentaire est soumise à cotisations, et le net perçu reste très proche du brut.
La gratification de stage est-elle imposable ?
Elle est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel brut, ce qui couvre la quasi-totalité des stages. La part qui dépasserait ce plafond devrait être déclarée. Les gratifications exonérées doivent tout de même être mentionnées dans la déclaration de revenus.
Le stagiaire a-t-il droit aux congés et au remboursement des transports ?
Pour les stages de plus de 2 mois, la convention doit prévoir des jours de congés ou d’absence autorisés. L’employeur prend en charge 50 % des abonnements de transports publics domicile – lieu de stage, et le stagiaire a accès au restaurant d’entreprise et aux activités du CSE comme les salariés.
Nos calculettes utiles
- Addition d’heures — totalisez vos heures de présence pour vérifier le seuil des 308 heures
- Convertisseur heures en jours — convertissez vos heures de stage en jours de présence
- Calcul entre deux dates — mesurez la durée exacte de votre stage
