Titres-restaurant 2026 : montants, plafonds et règles

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman8 min de lecture
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Titres-restaurant 2026 : plafond d’exonération de 7,32 €, participation employeur 50 à 60 %, valeur faciale optimale, télétravail, règles d’attribution et exemples.

En bref : les titres-restaurant en 2026

  • Le plafond d’exonération de la participation employeur est de 7,32 € par titre en 2026 (contre 7,26 € en 2025).
  • L’employeur prend en charge 50 à 60 % de la valeur faciale ; le salarié paie le reste.
  • La valeur faciale optimale se situe entre 12,20 € et 14,64 € pour une exonération maximale.
  • Plafond d’utilisation : 25 € par jour, du lundi au samedi (hors jours fériés).
  • Les télétravailleurs y ont droit comme les salariés sur site (arrêts de la Cour de cassation du 8 octobre 2025).
  • Les courses alimentaires en supermarché restent possibles avec les titres jusqu’au 31 décembre 2026.

Qui peut bénéficier des titres-restaurant ?

L’employeur n’est jamais obligé de mettre en place des titres-restaurant. Mais s’il le fait, il doit les attribuer à tous les salariés remplissant la condition, sans discrimination : CDI, CDD, temps partiel, apprentis, stagiaires — et télétravailleurs.

La seule condition : un titre par jour travaillé, pour un repas compris dans l’horaire journalier de travail. Concrètement, un salarié qui travaille le matin et l’après-midi avec une pause déjeuner a droit à un titre pour ce jour-là. Pas de titre en revanche pour les jours de congés payés, d’arrêt maladie ou d’absence : pas de journée travaillée, pas de titre.

Le cas du télétravail : un droit confirmé

Deux arrêts de la Cour de cassation du 8 octobre 2025 ont tranché : le télétravailleur bénéficie des mêmes droits que le salarié sur site (article L.1222-9 du Code du travail). Seule condition : le repas doit être compris dans son horaire journalier.

Conséquence pratique : si votre employeur vous a refusé les titres-restaurant pendant vos jours de télétravail, vous pouvez réclamer une indemnité compensatrice — l’action en paiement des salaires se prescrit par 3 ans. En télétravail partiel (2 jours par semaine), vous avez droit aux titres pour vos jours télétravaillés et vos jours sur site, dès lors que chaque journée comporte une pause repas.

Et les temps partiels ?

Même logique : un salarié à temps partiel a droit aux titres pour chaque journée travaillée incluant une pause repas. En revanche, un salarié qui ne travaille que le matin (sans pause déjeuner dans son horaire) n’y a pas droit pour cette demi-journée.

Montant 2026 : 7,32 €, 50-60 %, et la valeur faciale idéale

Trois chiffres à retenir, qui s’articulent :

  • 7,32 € : le plafond d’exonération de la participation patronale par titre (titres émis depuis le 1er janvier 2026) ;
  • 50 à 60 % : la part que l’employeur doit prendre en charge (le salarié paie les 40 à 50 % restants) ;
  • 12,20 € à 14,64 € : la valeur faciale qui permet une exonération totale.

Le calcul est simple : pour que la part employeur reste sous le plafond de 7,32 € tout en respectant la fourchette 50-60 %, la valeur du titre doit vérifier 7,32 ÷ 0,6 = 12,20 € (si l’employeur paie 60 %) et 7,32 ÷ 0,5 = 14,64 € (s’il paie 50 %). Entre ces deux bornes, l’exonération est maximale.

Exemple chiffré : le piège de l’excédent

Prenons un titre de 13 € avec une participation employeur de 60 %, pour un salarié travaillant 20 jours dans le mois :

  • Part employeur par titre : 13 × 60 % = 7,80 € ;
  • Excédent au-delà du plafond : 7,80 − 7,32 = 0,48 € par titre ;
  • Excédent mensuel : 0,48 × 20 = 9,60 € réintégrés dans l’assiette des cotisations.

Ces 9,60 € mensuels seront soumis aux cotisations patronales et salariales, CSG/CRDS incluses, et à l’impôt sur le revenu du salarié. Un dépassement de 48 centimes par titre paraît anodin ; sur une année et 200 salariés, il représente des milliers d’euros de charges.

La sanction asymétrique que peu de gens connaissent

Attention, les règles ne sont pas symétriques :

  • Participation ≥ 50 % mais au-delà du plafond : seul l’excédent est réintégré dans l’assiette des cotisations (l’exemple ci-dessus) ;
  • Participation < 50 % : c’est toute la participation patronale qui est réintégrée, pas seulement le dépassement. Un employeur qui paierait 40 % d’un titre de 10 € verrait les 4 € entiers soumis à cotisations.

Côté salarié, la part employeur est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite de 7,32 € (article 81, 19° du CGI). Au-delà, l’excédent s’ajoute à votre revenu imposable.

Utilisation : 25 € par jour, où et jusqu’à quand ?

  • Plafond d’utilisation : 25 € par jour, du lundi au samedi, hors jours fériés (sauf si un accord prévoit le dimanche) ;
  • Les titres sont utilisables au restaurant, mais aussi — jusqu’au 31 décembre 2026 — pour tous les produits alimentaires en supermarché (loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025) ;
  • Avec la carte dématérialisée, le solde se recharge et la monnaie n’est pas rendue : prévoyez vos montants.

Astuce fiscale : si vous êtes aux frais réels, la valeur fiscale du repas est de 5,45 € en 2026 : c’est la base de calcul de vos frais de repas déductibles, à articuler avec la part employeur de vos titres.

Peut-on cumuler titre-restaurant et prime panier ?

Non, pas pour le même repas. Le principe est simple : un seul dispositif de prise en charge du repas par jour et par salarié. Si votre employeur vous attribue un titre-restaurant pour une journée donnée, il ne peut pas vous verser en plus une prime de panier ou une indemnité de repas pour cette même journée — et inversement.

En revanche, rien n’interdit à l’entreprise d’attribuer des titres-restaurant à certains salariés (par exemple les sédentaires) et une prime de panier à d’autres (par exemple les salariés en déplacement), dès lors que chaque salarié ne bénéficie que d’un seul dispositif par jour.

Le coût réel pour l’employeur

Au-delà de la participation faciale, l’employeur supporte les frais de l’émetteur : commissions, coût des cartes, frais de rechargement. Exemple : 50 salariés × 20 jours × 7,32 € de part employeur = 7 320 € par mois de participation, auxquels s’ajoutent les frais d’émission. C’est ce coût complet qu’il faut comparer à l’avantage : exonération totale de charges sur ces 7 320 €, contre environ 45 % de charges patronales sur un salaire équivalent.

Départ de l’entreprise : que deviennent vos titres ?

Les titres non utilisés doivent être restitués à votre départ : ils sont la propriété de l’employeur tant qu’ils ne sont pas utilisés. Sur carte dématérialisée, le solde est simplement désactivé. Vérifiez votre solde avant votre dernier jour — les titres ont une durée de validité limitée.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Confondre plafond d’exonération (7,32 €) et plafond d’utilisation (25 €/jour) : deux règles différentes.
  • Reprendre le chiffre de 7,26 € : c’était le plafond 2025. En 2026, c’est 7,32 € — plusieurs articles encore en ligne affichent l’ancien montant.
  • Refuser les titres aux télétravailleurs : illégal depuis les arrêts du 8 octobre 2025, avec un risque d’indemnité sur 3 ans.
  • Descendre sous 50 % de participation : toute la part employeur devient taxable, pas seulement l’excédent.
  • Cumuler titre et prime panier le même jour : un seul dispositif par repas et par jour.
  • Oublier la restitution des titres non utilisés au départ du salarié.

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Questions fréquentes

Quel est le montant maximum exonéré du titre-restaurant en 2026 ?

7,32 € par titre : c’est le plafond d’exonération de la participation employeur pour les titres émis depuis le 1er janvier 2026 (7,26 € en 2025). Au-delà, l’excédent est soumis aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu.

Quelle valeur faciale choisir pour ne payer aucune charge ?

Entre 12,20 € et 14,64 € : à 60 % de participation employeur, un titre de 12,20 € donne 7,32 € de part patronale ; à 50 %, c’est un titre de 14,64 € qui atteint exactement le plafond. Dans cette fourchette, l’exonération est totale.

Que se passe-t-il si l’employeur dépasse le plafond de 7,32 € ?

Seul l’excédent est réintégré dans l’assiette des cotisations (patronales et salariales, CSG/CRDS incluses) et dans le revenu imposable du salarié. En revanche, si la participation employeur passe sous les 50 %, c’est toute la part patronale qui est réintégrée.

Ai-je droit aux titres-restaurant en télétravail ?

Oui. La Cour de cassation (arrêts du 8 octobre 2025) a confirmé que les télétravailleurs ont les mêmes droits que les salariés sur site : un titre par jour travaillé avec un repas compris dans l’horaire. Si votre employeur vous les a refusés, vous pouvez réclamer une indemnité sur 3 ans.

Peut-on cumuler titre-restaurant et prime panier ?

Non pour le même repas et le même jour : un seul dispositif de prise en charge du repas par jour et par salarié. L’entreprise peut en revanche attribuer des titres aux uns et une prime de panier aux autres, selon les situations de travail.

Jusqu’à quand peut-on faire ses courses alimentaires avec les titres-restaurant ?

Jusqu’au 31 décembre 2026 : la loi du 21 janvier 2025 a reconduit l’utilisation des titres pour tous les produits alimentaires en supermarché. Au-delà, sauf nouvelle prolongation, retour aux seuls repas et produits directement consommables.