Congés d’ancienneté 2026 : jours supplémentaires et calcul

Catégorie : Calcul des heures de travailPar Mr Usman12 min de lecture
Illustration du guide Congés d’ancienneté 2026 : jours supplémentaires et calcul

Congés d’ancienneté 2026 : jours supplémentaires selon votre convention collective (Syntec, grande distribution, CCN 66, BTP), calcul et valeur sur la paie.

Vous travaillez depuis des années dans la même entreprise et vous vous demandez si cela vous donne droit à des jours de congé en plus ? La réponse courte : le Code du travail ne prévoit aucun congé d’ancienneté obligatoire, mais de très nombreuses conventions collectives en accordent. Selon votre branche, cela peut représenter jusqu’à 6 jours de congés payés supplémentaires par an — entièrement rémunérés.

Dans ce guide, on fait le point : qui y a droit, combien de jours selon votre convention collective (Syntec, grande distribution, CCN 66, BTP…), comment calculer votre ancienneté au jour près, et ce que ces jours valent concrètement sur votre bulletin de paie, avec des exemples chiffrés.

Ce que prévoit (ou pas) la loi

Commençons par dissiper un malentendu fréquent : il n’existe aucune obligation légale d’accorder des congés d’ancienneté. Le Code du travail fixe le socle — 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (25 jours ouvrés) par an — et s’arrête là.

Les jours supplémentaires liés à l’ancienneté naissent de trois sources possibles, par ordre de fréquence :

  • Votre convention collective : c’est le cas le plus courant. Des branches entières (bureaux d’études, grande distribution, BTP, sanitaire et social…) prévoient un barème précis.
  • Un accord d’entreprise : votre employeur peut avoir négocié des dispositions plus favorables que la convention.
  • Un usage d’entreprise : une pratique constante et générale, même non écrite, peut créer un droit acquis.

En pratique, la première chose à faire est donc de vérifier votre convention collective : son identifiant (IDCC) figure obligatoirement sur votre bulletin de paie. Le texte intégral est consultable gratuitement sur Légifrance.

Les barèmes des grandes conventions collectives

Chaque branche a son propre barème : seuils d’ancienneté, nombre de jours, jours ouvrés ou ouvrables. Voici les règles applicables dans les principales conventions.

Convention collective Barème (jours supplémentaires) Nature des jours
Syntec – bureaux d’études (IDCC 1486) 5 ans : +1 jour · 10 ans : +2 jours · 15 ans : +3 jours · 20 ans : +4 jours Jours ouvrés
Grande distribution (IDCC 2216) 10 ans : +1 jour · 15 ans : +2 jours · 20 ans et plus : +3 jours Jours de congés payés
CCN 66 – sanitaire, social et médico-social +2 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté, dans la limite de 6 jours Jours ouvrables
BTP – ouvriers du bâtiment 20 ans : indemnité = 2 jours · 25 ans : 4 jours · 30 ans : 6 jours Indemnité (pas de jours pris)
BTP – travaux publics 20 ans : +2 jours · 25 ans : +4 jours · 30 ans : +6 jours Jours supplémentaires (non convertibles)

Syntec : 1 à 4 jours ouvrés

La convention des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseil (Syntec, IDCC 1486) est l’une des plus généreuses sur ce point, et l’une des plus précoces : le premier palier se déclenche dès 5 ans d’ancienneté. Un ingénieur ou un consultant qui fête ses 15 ans dans la même société de services gagne ainsi 3 jours ouvrés de congés en plus de ses 25 jours légaux, soit 28 jours ouvrés au total.

Grande distribution : à partir de 10 ans

Dans le commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216), le compteur démarre plus tard : il faut 10 ans d’ancienneté pour le premier jour supplémentaire, puis 15 ans pour le deuxième et 20 ans pour le troisième. Une caissière ou un employé de rayon avec 22 ans de maison bénéficie donc de 3 jours en plus.

CCN 66 : 2 jours tous les 5 ans, jusqu’à 6 jours

Dans le secteur sanitaire, social et médico-social à but non lucratif (convention 66), le congé annuel est prolongé de 2 jours ouvrables par période de 5 ans d’ancienneté dans le même établissement, dans la limite de 6 jours. Concrètement : 5 ans → +2 jours (32 jours ouvrables au total), 10 ans → +4 jours (34 jours), 15 ans et plus → +6 jours (36 jours ouvrables). C’est l’un des dispositifs les plus avantageux, d’autant qu’il se cumule avec les congés trimestriels propres à certaines catégories de personnel.

BTP : des jours ou une indemnité, selon le cas

Le BTP a un système à part, géré par les caisses de congés payés (CNETP et caisses régionales). Pour les ouvriers du bâtiment, l’ancienneté ne donne pas droit à des jours de congé supplémentaires mais à une indemnité équivalente : 2 jours de salaire à 20 ans, 4 jours à 25 ans, 6 jours à 30 ans d’ancienneté. L’argent est versé, mais aucun jour n’est posé. Dans les travaux publics, ce sont bien des jours de congé supplémentaires (2, 4 ou 6 jours aux mêmes seuils), qui ne peuvent pas être convertis en indemnité. L’ancienneté s’apprécie à la date fixée par la convention — généralement au 31 mars ou au 31 octobre selon les caisses — et suppose que le salarié soit présent dans l’effectif à cette date.

Et les autres branches ? La métallurgie, la chimie, les banques, le commerce de détail non alimentaire et bien d’autres conventions prévoient leurs propres barèmes, parfois très différents. Si votre branche n’est pas citée ici, le réflexe reste le même : cherchez « congés d’ancienneté » dans le texte de votre convention sur Légifrance.

Comment calculer votre ancienneté (et vos jours)

Le barème ne suffit pas : encore faut-il savoir à quel palier vous vous situez. L’ancienneté se calcule entre votre date d’embauche (ou de reprise d’ancienneté en cas de transfert) et la date d’appréciation fixée par votre convention — souvent l’anniversaire de votre embauche, parfois une date fixe comme dans le BTP.

Attention, toutes les périodes ne comptent pas de la même façon : le congé maternité, le congé d’adoption, les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle et le congé de formation sont généralement assimilés à du temps de travail effectif, tandis que les longues périodes d’arrêt maladie non professionnelle ou de congé sans solde peuvent être exclues selon les textes. Pour la méthode complète, avec les périodes incluses et exclues, consultez notre guide du calcul de l’ancienneté du salarié.

Un moyen simple de ne pas vous tromper sur la durée : utilisez notre calculette entre deux dates en renseignant votre date d’embauche et la date d’appréciation — vous obtenez votre ancienneté en années, mois et jours.

Deux subtilités à connaître :

  • Jours ouvrés ou jours ouvrables ? Cela change tout : 2 jours ouvrés valent 2 jours ouvrables et demi environ. La convention précise toujours la nature des jours accordés — vérifiez-la, car poser un « jour ouvré » un samedi ne coûte rien dans une entreprise qui ne travaille pas le samedi.
  • Le palier se franchit en une fois. Si votre convention accorde +2 jours à 10 ans, vous passez de 0 à 2 jours le jour de votre 10e anniversaire d’embauche : il n’y a pas d’acquisition progressive entre deux paliers.

Combien vaut un jour d’ancienneté sur votre paie ?

Bonne nouvelle : les congés d’ancienneté sont des congés payés à part entière. Pendant ces jours, votre salaire est maintenu à 100 %, exactement comme pour vos congés payés légaux. Sur le bulletin de paie, ils apparaissent dans le compteur de congés, sans ligne de retenue particulière.

Pour estimer la valeur d’une journée, la méthode la plus parlante est celle du maintien de salaire :

Valeur d’un jour ouvré ≈ salaire brut mensuel ÷ 21,67

(21,67 étant le nombre moyen de jours ouvrés par mois : 261 jours ouvrés par an ÷ 12. Pour des jours ouvrables, divisez plutôt par 26.)

Ainsi, pour un salaire brut mensuel de 3 000 €, un jour ouvré d’ancienneté « vaut » environ 138,44 € de salaire maintenu. Ce n’est pas une prime qui s’ajoute : c’est du salaire que vous percevez en restant chez vous. La seule exception notable est le BTP (ouvriers du bâtiment), où l’indemnité équivalente est bien versée en plus, sur la paie.

4 exemples chiffrés

Exemple 1 — Karim, cadre Syntec, 12 ans d’ancienneté

Karim a été embauché le 15 février 2014 par une société de conseil. Au 1er novembre 2026, son ancienneté est de 12 ans et 8 mois : il a franchi le palier des 10 ans, donc +2 jours ouvrés (le palier des 15 ans n’est pas encore atteint). Avec un salaire brut mensuel de 3 900 €, chaque journée vaut 3 900 ÷ 21,67 ≈ 180,02 €. Ses 2 jours d’ancienneté représentent 360,04 € de salaire maintenu, et son compteur annuel passe à 27 jours ouvrés.

Exemple 2 — Nadia, hôtesse de caisse, 17 ans dans la grande distribution

Nadia travaille dans le même hypermarché depuis le 3 juin 2009, soit 17 ans d’ancienneté. Barème IDCC 2216 : +2 jours (palier des 15 ans franchi, celui des 20 ans non). Son salaire brut est de 2 150 € par mois : un jour vaut 2 150 ÷ 21,67 ≈ 99,22 €, soit 198,43 € pour ses 2 jours. Elle posera ses 32 jours ouvrables (30 légaux + 2 d’ancienneté) selon le planning de son magasin.

Exemple 3 — Sophie, aide-soignante en CCN 66, 13 ans d’ancienneté

Sophie exerce dans le même EHPAD depuis 13 ans. En CCN 66, elle a validé 2 tranches complètes de 5 ans : +4 jours ouvrables (la troisième tranche n’est complète qu’à 15 ans). Son congé annuel passe donc de 30 à 34 jours ouvrables. Avec un brut mensuel de 2 350 €, un jour ouvrable vaut 2 350 ÷ 26 ≈ 90,38 €, soit 361,54 € de salaire maintenu sur ses 4 jours.

Exemple 4 — Mehdi, ouvrier du BTP, 27 ans d’ancienneté

Mehdi est maçon dans la même entreprise du bâtiment depuis 27 ans. Pas de jours supplémentaires pour lui, mais une indemnité équivalente à 4 jours de salaire (palier des 25 ans), versée via la caisse de congés payés. Avec un salaire brut mensuel de 2 600 € : 2 600 ÷ 21,67 ≈ 119,98 € par jour, soit une indemnité d’environ 479,93 €, soumise aux cotisations et à l’impôt comme du salaire.

Temps partiel, départ de l’entreprise, cas particuliers

Vous êtes à temps partiel ? Dans la plupart des conventions, le nombre de jours d’ancienneté est le même qu’à temps plein — comme pour les congés payés légaux, qui ne sont pas proratisés. C’est la valeur de la journée qui suit votre salaire à temps partiel. Prudence toutefois : certaines conventions prévoient un prorata, vérifiez votre texte avant de poser vos jours.

Vous changez d’entreprise ? L’ancienneté repart en principe de zéro chez le nouvel employeur — et avec elle, le compteur des congés d’ancienneté. Exception : en cas de transfert du contrat de travail (article L1224-1 du Code du travail, par exemple lors d’un changement de prestataire), l’ancienneté acquise est reprise. Pensez-y aussi au moment de négocier : rien n’interdit de demander une reprise d’ancienneté dans votre nouveau contrat.

Et si vous ne prenez pas ces jours ? Comme les congés payés, les jours d’ancienneté non pris sont en principe perdus à la fin de la période de prise, sauf si votre convention ou un accord prévoit leur report ou leur indemnisation. À la rupture du contrat, ils sont plus délicats à valoriser que les congés payés légaux : vérifiez ce que prévoit votre convention — certaines accordent une indemnité compensatrice, d’autres non. En cas de doute, faites le point avant votre départ avec notre guide du solde de tout compte.

Peuvent-ils générer des jours de fractionnement ? Les jours de congé pris en dehors de la période légale (1er mai – 31 octobre) peuvent ouvrir droit à des jours de fractionnement dans les conditions habituelles. Si vous posez vos jours d’ancienneté en hiver, vérifiez si votre convention vous accorde ce bonus.

Questions fréquentes

Les congés d’ancienneté sont-ils obligatoires pour l’employeur ?

Non, sauf si votre convention collective, un accord d’entreprise ou un usage constant dans l’entreprise les prévoit. Le Code du travail ne les impose pas. C’est donc votre texte conventionnel qui fait foi — et lui seul.

Comment savoir si ma convention collective prévoit des congés d’ancienneté ?

Repérez l’identifiant IDCC sur votre bulletin de paie (il y figure obligatoirement), puis recherchez « congés d’ancienneté » ou « congé supplémentaire » dans le texte de la convention sur Légifrance. Votre service RH ou vos représentants du personnel peuvent aussi vous renseigner.

Ces jours supplémentaires sont-ils payés à 100 % ?

Oui. Ce sont des congés payés comme les autres : votre salaire est intégralement maintenu pendant ces jours, sans perte de rémunération. La seule exception est le régime BTP des ouvriers du bâtiment, où l’ancienneté donne lieu à une indemnité versée en plus du salaire, sans jour de congé.

Je suis à temps partiel : ai-je droit au même nombre de jours ?

En règle générale, oui : le nombre de jours est identique à celui d’un temps plein, seule la valeur de la journée suit votre salaire à temps partiel. Mais certaines conventions prévoient un calcul au prorata — vérifiez toujours votre texte avant de faire vos plans.

Que deviennent mes jours d’ancienneté si je quitte l’entreprise ?

Les jours non pris suivent le sort prévu par votre convention : report possible, indemnité compensatrice, ou perte pure et simple. Et votre compteur d’ancienneté repart de zéro chez votre nouvel employeur, sauf transfert de contrat (L1224-1) ou reprise d’ancienneté négociée à l’embauche.

Mon employeur peut-il remplacer ces jours par une prime ?

Non, sauf si la convention le prévoit expressément (c’est le cas des ouvriers du BTP avec l’indemnité équivalente). Dans les autres branches, les jours d’ancienneté sont des jours de repos : l’employeur ne peut pas les convertir unilatéralement en argent, pas plus qu’il ne peut vous les refuser si la convention vous les accorde.

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